Cheick Serigne GADIAGA

 


Sénégalais, né le 30/11/1979.
3 années au RWDM, saisons 1999-2001, 92 matches (86 en D2, 5 en CB, 1 en CL), 16 buts (15 en D2, 1 en CB).

 

Cheick Serigne Gadiaga naquit dans la grande banlieue de Dakar, la capitale Sénégalaise, où il passa les dix-huit premières années de son existence. Il s'affilia dès ses 12 ans à l'ASC Yego Dakar, véritable vivier de talents au Sénégal. Il y demeurera un septennat tout en prestant deux saisons et demie avec l'équipe type dès ses 16 ans.

Avide de progresser, le prometteur et longiligne milieu de terrain aux dreadlocks courts et aux dribbles chaloupés emprunta un chemin aussi étrange qu'inusité habituellement. En effet, le groupe de managers à qui il appartenait lui fit rallier le championnat Chinois, et plus exactement le Yern Burn FC. Il n'y restera finalement que 5 mois avant d'aller passer un test qu'il gardera à tout jamais dans sa tête, au Barça. Il y passa un mois idyllique sous la direction de Louis Van Gaal, s'abreuvant des conseils d'un Luis Figo. Non retenu, ses managers l'envoyèrent ensuite passer un nouveau test en Belgique dans un club qui venait de chuter en D2 et dont la seule ambition était de reprendre vite fait l'ascenseur pour l'élite, le RWDM. Cheick y démontra de suite de grandes aptitudes et les négociations contractuelles durèrent un bon mois avant d'enfin déboucher sur un contrat de 2 ans (+2 saisons en option qui seront bien vite levées par la suite).

Agé de 18 ans tout juste, Cheick Gadiaga put compter sur l'omniprésence d'un Daniel Renders afin de faciliter son intégration au jour le jour, bien loin du soleil torride du Sénégal. Inconditionnel du Brésilien Rivaldo et du Hollandais Van Basten, Cheick afficha de suite une technique irréprochable et fut vite considéré comme un excellent infiltreur doublé d'un pourvoyeur officiel de dernières passes. Même si sa préférence se situait dans l'axe, juste derrière les attaquants, force fut de reconnaître qu'il s'avéra bien plus tranchant et rentable sur l'aile gauche.

Cheick fêta sa première cape avec le RWDM le 10 octobre 1998 lors de la 8ème journée de championnat, quand son entraîneur Guy Vandersmissen lui permit de remplacer Kaku à la 73ème minute contre le RTFCL (3-4). Le sympathique et toujours souriant Sénégalais emmagasina alors un maximum de temps de jeu qui lui permit de se plier aux exigences tactiques du football européen. Ariel Jacobs (qui avait suppléé Guy Vandersmissen) lui témoigna ensuite la même confiance, si bien que Cheick afficha 19 joutes à son compteur, agrémentées de 4 réalisations. Il scora pour la première fois le 13 mars 1999 lors d'un importantissime déplacement à Dessel. Notre direction venait de sceller un accord de collaboration sportive avec les Hollandais de Feyenoord tandis qu'Ariel Jacobs attendait toujours sa première victoire chez nous après déjà sept matches accomplis. Notre grand échalas débloqua ainsi la situation à Dessel à la 37ème minute, nous offrant une victoire tant attendue (0-2). Il allait encore trouver l'ouverture à 3 reprises lors de cette saison 1999 : il scella notre victoire contre Deinze (2-0) le 10 avril, il égalisa contre Denderleeuw (victoire 2-1) le 2 mai et il ouvra la marque lors d'un mémorable déplacement à Visé (1-1) le 9 mai lors de la journée de clôture du championnat. Avec ses faux airs de Magnum noir (pas le flingue, mais Tom Selleck), l'élégant Cheick Serigne Gadiaga avait enchanté tous ses supporters et était déjà avide de confirmer en 2000.

Sa saison 2000 fut en tous points exemplaires : non seulement il presta 34 des 38 matches officiels possibles, mais il se délecta à servir des caviars à la paire composée de Paul Kpaka et Yves Buelinckx. Il trouva personnellement à nouveau l'ouverture à 4 reprises : il nous offrit la victoire à Denderleeuw le 24 octobre 1999 (0-1), il ouvrit la marque à Ostende le 22 janvier 2000 (2-2), il récidiva le 12 février contre le CS Bruges (1-1) et, surtout, il nous offrit une inattendue victoire à Deinze le 15 avril. Il s'agit sûrement d'un des seuls jouissifs souvenirs de cette saison : on avait subi deux exclusions, on jouait à neuf, mais on devait gagner pour espérer accrocher le tour final. On se trouvait dans les arrêts de jeu quand le défenseur Baele y alla d'une remise mollassonne vers son gardien David, passe que le grand Cheick intercepta pour nous offrir la totalité de l'enjeu, ce que plus personne n'osait imaginer quelques secondes auparavant : ce fut un grand moment de liesse générale ! Hélas, nous loupâmes d'un rien le tour final et dûmes nous résoudre à repasser une nouvelle saison en D2, la troisième de suite !

Cheick avait déjà attiré beaucoup de regards envieux sur lui et allait littéralement éclater en cette saison 2001 qui nous vit finalement rejoindre l'élite nationale via un tour final homérique. Notre Sénégalais allait officier lors de pas moins de 38 matches officiels tout en trouvant le chemin des filets à 8 reprises : à Turnhout le 8 octobre 2000 (3-2), à Deinze le 28 octobre (1-2), contre Geel le 14 janvier 2001 (3-0), contre Hekelgem le 11 février 2001(4-1)… et à 4 reprises ( !) contre… Strombeek (une fois en Coupe, une fois à domicile et deux fois lors du match retour). A mi-saison, les recruteurs et managers de tout horizon avaient déjà envahi les tribunes du Machtens afin de visionner notre Cheick… et plus particulièrement Stakke Vandenbuys, scout du Lierse, mandaté par un certain Herman Van Holsbeek. Sans aucune sûreté d'enfin fouler les pelouses de notre D1 avec le RWDM la saison suivante, Cheick préféra alors opter pour la sécurité et signa un bail de 2 ans avec les sociétaires de la chaussée du Lisp juste avant d'entamer le tour final, laissant une coquette somme à la direction Molenbeekoise à qui il devait encore un an de contrat. Entre-temps, Ariel Jacobs avait laissé sa place à l'enfant du pays, Patrick Thairet qui se fit fort de nous remettre sur le droit chemin, vers la D1 ! Ce dernier préféra alors utiliser des joueurs motivés à 200% par l'avenir de leur club et ne sélectionna que partiellement Gadiaga lors de ce tour final. Il participa ainsi partiellement aux deux matches contre Turnhout et Geel, mais ne put goûter à la cerise sur le gâteau lors de notre déplacement au Tondreau, lui laissant un goût amer au fond de la gorge. Lors de cette mémorable saison, Cheick fut même appelé pour la première fois en stage avec son équipe nationale et ne sauta qu'in extremis de la sélection définitive des 22 de l'entraîneur Metsu pour la CAN au Mali.

A 21 ans, Cheick avait envisagé son passage au Lisp comme un tremplin nécessaire vers les championnats Italien ou Espagnol qui demeuraient ses objectifs rêvés. Sa saison 2002 rencontra toutes ses espérances, vu que Regi Van Acker lui offrit 30 capes en D1 qu'il agrémenta de 5 buts, dont un victorieux contre Anderlecht (un tout grand souvenir bien sûr !). Exclusivement anglophone, Cheick apprit alors les rudiments du néerlandais. Sa saison 2003 ne fut hélas pas taillée dans le même bois vu qu'il dut se contenter de 20 matches sans aucune réalisation.

S'en suivit un conflit d'intérêt entre ses deux managers, ce qui fit capoter son départ à l'étranger. Priorité numéro une de Marc Grosjean au mercato estival, le Royal Albert Elisabeth Club de Mons se montra patient et fit ensuite signer le longiligne médian gauche pour deux saisons dès que les managers se furent entendus. Hélas, ses saisons 2004 et 2005 chez les Dragons s'avérèrent un très long chemin de croix. Très vite tracassé par une contracture lors de la période de préparation, il se déchira ensuite le ligament interne du genou droit et dut passer sur le billard du Docteur Martens. Il n'avait alors presté que deux rencontres (contre Mouscron et à Sclessin)… il allait en rester là pour cette saison pourrie… qui allait perdurer l'année d'après ! Non seulement il dut à nouveau se faire opérer par le Professeur Declercq, mais Brio, le nouvel entraîneur Montois, ne fit appel à ses services qu'à 5 petites et malheureuses reprises.

Dans ces conditions, il devint urgent pour Cheick de changer d'environnement. C'est ainsi qu'à l'aube de la saison 2007, il rallia la terre sacrée d'Israël et se lia avec l'Hapoel Petach Tikva FC (à ne pas confondre avec l'autre club de la ville, le Maccabi Petah Tikva FC). Gadiaga s'installa donc dans la mégapole de Petah Tikva, plus connue sous le nom de " La Mère des Colonies " et qui compte pas moins de 4600 habitants au mètre carré, au Nord-Est de Tel Aviv. Si sa saison en Ligat ha'Al (première division) lui permit de disputer 28 matches et marquer deux buts, son team se classa cependant en 12ème et dernière place, synonyme de relégation en Liga Leumit (seconde division). Durant cette saison, il côtoya pourtant journellement nombre de vieilles connaissances comme les Ebrima Sillah, Saïd Makasi et Lezou Doba.

Ne voulant pas redescendre en seconde division, Cheick refit à nouveau ses valises pour les déposer dans le Sud-Est de l'Ile de Chypre, dans la baie de Larnaca où le soleil irradie la Méditerranée, ce qui lui offre le titre de plus belle cité de Chypre. En août 2007, affublé de la vareuse 26, Cheick presta donc pour l'Alki Larnaca qui venait de fêter sa montée en D1 cypriote. Il y demeurera deux saisons avant de rallier, en juillet 2008, l'AEL Limassol où il retrouva son ancien coéquipier Molenbeekois, un certain Laurent Fassotte.

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