Frederik VANDERBIEST

 


Belge, né le 10/10/1977, 3 années au RWDM (saisons 1997-1998 et 2001), 49 matches officiels (9 en D1, 38 en D2, 1 en CB, 1 en CL), 2 buts (2 en D2).

 


Bruxellois jusqu'au bout des ongles, Frederik Vanderbiest demeurera à tout jamais un exemple pour tous les Brussels Boys, les irréductibles et fanatiques supporters du RWDM au Stade Edmond Machtens. En effet, il incarne le scénario idéal pour tous les chauvinistes éhontés que nous sommes : fanatique dès les premières heures, présence continue durant plus d'une décennie dans notre célèbre kop où il acclamait les Boskamp, Thairet et autre Rosez sans jamais louper un match ni at home ni away, fréquentation de toutes les équipes d'âge du club, apothéose en foulant notre pelouse mythique en tant que joueur, un cœur et une volonté exacerbés, un amour du maillot et de l'écusson digne des meilleurs clubmen… nous ne sommes pas prêts d'en retrouver de pareils, hélas !

Déjà supporter du RWDM comme toute sa famille, un sentiment farouche d'anti-mauvisme coulant dans ses veines, le jeune Fredje, Molenbeekois pur souche, s'affilia au club dès l'âge de 6 ans et se mit directement à avaler les kilomètres. Son jusqu'auboutisme et sa mentalité de sangsue en firent très vite un défenseur dur à passer. Il prit ensuite possession de l'entre-jeu défensif où son volume de jeu et son rayon d'action s'en trouvèrent dédoublés. D'une volonté à toute épreuve, le ketje ne s'avoua jamais vaincu et se battit sans cesse jusqu'à la dernière seconde, ne rechignant jamais à la tâche et mouillant sa vareuse bien plus souvent qu'à son tour. Habitant le quartier chaud du Beekkant à Molenbeek, le jeune Fredje ne se nourrit nullement de la délinquance ambiante mais uniquement de sa passion pour le ballon rond.

Il intégra le noyau A à 19 ans, tout heureux de pouvoir s'entraîner journellement auprès de ses idoles. En 1997, le club prestait ses derniers combats européens, mais amorçait également son irrésistible déclin. Lors du dernier match de la saison, le 24 mai 1997, il convenait, afin d'être sûr de rester en D1 et de ne pas être tributaire du résultat de Malines, de prendre un petit point contre Harelbeke. Nous étions encore menés 1-2 à la 88ème minute lorsque René Vander Eycken sortit Alan Haydock au profit de Fredje Vanderbiest. Ces quelques secondes de son maiden-match, il ne les oubliera jamais : non seulement il foulait sa pelouse devant ses potes, mais lors de cette ultime minute, Dirk Lehmann égalisa suite à une bévue du gardien adverse consécutif à un coup-franc de l'autre Frédéric, Pierre ! Un début en fanfare qui n'attendait qu'une confirmation !

La saison 1998 s'annonça sous de noires auspices, les spécialistes réduisant le rôle du RWDM à celui d'un oiseau pour le chat. Exsangue financièrement, le club coalisé dut se débarrasser de ses juteux contrats et signer la charte de confiance absolue vis-à-vis de ses jeunes pousses que Daniel Renders devait se charger de couver. C'est ainsi que, dès le premier match du 9 août 1997, Fredje fêta sa première titularisation et presta l'intégralité du match à Ekeren (3-1) en compagnie d'une tripotée de gamins comme les Salievski, César, Bastos, Rimbold, Baouf, Haydock et Sonck. La semaine suivante, il ne voulait la louper en aucun cas, un déplacement chez l'antéchrist de St Guidon se profilant à l'horizon. C'est avec la bave aux lèvres que Fredje se rendit au Parc Astrid en ce samedi 16 août qui allait devenir mythique. Certes, Daniel Renders lui avait bien spécifié qu'il alignerait plus d'expérience sur la pelouse en ce match précis, mais Fredje espérait bien participer à la fête… et il y prit part bien malgré lui ! En effet, si la victoire fut aussi nette qu'inattendue (0-2), notre entraîneur y commit une bavure de débutant désormais célèbre : il procéda à quatre changements, au lieu des trois autorisés (seules les catégories d'âge chez les jeunes permettaient d'en réaliser quatre). Et ce quatrième changement fut le remplacement de Marino Sabbadini par notre Fredje Vanderbiest à 2 minutes de la fin alors que le score était déjà acquis. Combattant à souhait, Frédérik ne prestera finalement que 8 matches de D1 lors de cette campagne. Un match lui restera en travers de la gorge, contre Westerlo le 27 septembre : il se fera exclure pour deux cartes jaunes à la 82ème et les Campinois marqueront le but de la victoire quelques minutes plus tard. Fredje disputa finalement son dernier match de D1 sous les couleurs Molenbeekoises le 18 janvier 1998 contre Ekeren lors de la 18ème journée, car ensuite Guy Vandersmissen remplaça Daniel Renders au poste d'entraîneur et il ne fit plus confiance qu'aux joueurs chevronnés… mais la relégation ne sera de toute façon pas évitée. Alors que bon nombre de joueurs ne pensèrent qu'à filer à l'anglaise, le clubman Vanderbiest ne vécut qu'avec l'obsession d'aider son club de toujours à remonter au plus vite dans l'ascenseur.

Ambitieux et voulant de suite réintégrer l'élite, le club changea son fusil d'épaule en août et conseilla au jeune Vanderbiest de redescendre d'un échelon pour accaparer plus de temps de jeu. Il fut même relégué dans le noyau B en compagnie des Bakalli et Demets, en gardant une amertume non feinte vis-à-vis du seul responsable de cette mauvaise pièce de boulevard (Machtens), Herman Van Holsbeeck. Ne pouvant se contenter d'un rôle de leader au sein des Réserves du club, il débarqua donc dans le Barbant Wallon, au Wallonia Walhain en D3, pour la saison 1999… lui qui serait mort sur le terrain pour le bien du club et qui aurait été prêt à signer un contrat minimaliste portant sur une bonne décennie. Il y prestera 22 matches tout en inscrivant 5 buts, tant et si bien que les brabançons tentèrent de le conserver envers et contre tout, en vain. Déçu de ne pouvoir le retenir tout en étant extrêmement reconnaissant de ce qu'il leur avait apporté, les fans du Wallonia lui offrirent un cadeau de départ quelque peu spécial : une strip-teaseuse ! L'appel de Bruxelles fut donc le plus fort et Fredje se lia avec la Royale Union St Gilloise, l'autre symbole historique du foot bruxellois. Lors de cette saison 2000 en D3A à la Butte, Fredje disputera 26 rencontres de championnat et trouva le chemin du but à 3 reprises, classant finalement le club jaune et bleu à la 5ème position. Durant ces deux saisons, dès que ses " horaires footeux " le lui permettaient, le supporter Molenbeekois qu'il était demeuré réintégrait avec beaucoup de plaisir et de passion notre Bloc A pour suivre nos matches et boire un bon verre au Socio avec tous ses amis de longue date.

Devenu une valeur sûre au poste de récupérateur en D3 après deux années d'exil, il était temps pour Fredje de revenir au bercail pour la saison 2001. L'oisillon aux plumes blondes-rousses qui avait quitté le nid il y a deux ans avait accompli une mue physique impressionnante : non seulement il avait perdu quelque peu sa parure capillaire, mais il s'était bien épaissi physiquement, ce dont nous allions pleinement profiter. Entre-temps, le RWDM avait continué à s'embourber en D2, loupant deux fois de suite le tour final, et venait de changer son fusil d'épaule. Fini le temps des mercenaires étrangers vivant comme des divas, place aux jeunes du crû qui aiment notre club et mouillent leur maillot. Cette recette porta directement ses fruits et la paire de milieux récupérateurs et ratisseurs made in Molenbeek (Seker-Vanderbiest) s'imposa bien vite comme gage de stabilité et de sécurité. Tous les indécis et sceptiques de début de saison purent ravaler leurs propos tant notre fighter se montra indispensable. Jugez plutôt : il ne loupa que 2 des 40 rencontres de championnat (tour final inclus) pour abus de cartes jaunes. Se jetant comme un mort de faim sur chaque ballon, Fredje trouva même les filets adverses à deux reprises : le 28 janvier 2001 il inscrivit le seul but du match contre Denderleeuw, tandis que le 14 avril il clôtura le score à Mons (défaite 3-4)… mais la vengeance étant un plat qui se mange froid, c'est sur ce même terrain du Tondreau que, le 31 mai, il connut l'apothéose de sa vie de supporter et de joueur, réalisant son vœu le plus cher en assurant la remontée de son club au faîte de la hiérarchie nationale.

Bien que son inlassable travail de récupération et son entier dévouement pour l'équipe furent louangés tout au long de la saison et en firent un des pions majeurs de l'échiquier des Ariel Jacobs et Patrick Thairet ainsi que la coqueluche des Bxl Boys, les soi-disant connaisseurs et décideurs de notre club (ceux-là même qui allaient nous faire radier à tout jamais du football belge moins d'un an plus tard) décrétèrent que Fredje n'avait pas l'étoffe de la D1 et ne lui offrirent que des cacahuètes en guise de reconnaissance éternelle. Lui qui ne leva jamais le pied dut les traîner pour quitter son stade Machtens.

En juin 2001, Fredje se lia alors avec le KSV Roulers (fruit de la fusion entre les KSK et KFC locaux en juillet 1999), club du ventre mou de D2 distant de 100kms de son domicile. Les Roulariens lui offrirent également un contrat pro full time bien plus avantageux que celui proposé par les Coalisés (enfin fini de se lever à 5h30 pour aller bosser chez Electrabel avant de s'entraîner ensuite au club). Hé bien, force fut de reconnaître que notre marathonien alliait à ses qualités footballistiques des talents insoupçonnés de visionnaire. Si Fredje délaissa sa salopette d'Electrabel, il continua à l'endosser chaque week-end sur les labourés de notre royaume avec la même veine. Fredje fit alors la route avec le gardien bruxellois Thierry Berghmans (qui vient de remporter le tour final de D2 avec Tubize en juin 2008) pour se rendre aux entraînements de Raoul Peeters. Après avoir bouclé les saisons 2002 et 2003 aux 14ème et 17ème échelon (échappant à la relégation en D3 parce que d'autres n'obtinrent pas la licence foot rémunéré), le club se donna ensuite les moyens de gravir le dernier échelon menant au nirvana. Ils terminèrent sur le podium en 2004 et 2005, se qualifiant à chaque fois pour ce tour final de D2 que Fredje connaissait déjà comme sa poche. Les Roulariens en profitèrent en juin 2005 et Vanderbiest ne loupa cette fois pas l'opportunité d'accompagner ses ouailles en Division 1 sous la conduite de Dennis Van Wijk. Non content de démontrer à tous qu'il avait bel et bien le niveau de la D1, Fredje se permit également de remporter le titre honorifique de meilleur joueur du club flandrien. Finalement, il oeuvrera durant 6ans et demi au Schiervelde (juillet 2001 à janvier 2008), prestant pas moins de 200 joutes (78 en D1 et 122 en D2) pour 14 buts (2 en D1 et 12 en D2), ce qui lui conférera la moyenne appréciable d'une trentaine de matches bon an mal an ! Malgré quelques appels du pied lancés par voie de presse, jamais Johan Vermeersch n'approcha le plus Molenbeekois des joueurs de D1 pour le rapatrier au FC Brussels au sein de son stade Edmond Machtens. Et pourtant Dieu sait le nombre de fois qu'il parla d'un projet Bruxellois pour les Bruxellois. Pire, lors du mercato d'hiver de la saison 2008, le bâtisseur de Ternat ne bougea pas le petit doigt et le laissa rejoindre le FCV Dender EH qui naviguait tout comme nous en eaux troubles. Il côtoya d'ailleurs bien plus de (ex-)Bruxellois au Stade Florent Beeckman qu'au Machtens : Boskamp, Deflandre, Servaes, Neva, Oumouri, A.Cabeke, Barbé, De Pever, Munyaneza et Dufoor, excusez du peu ! Et, comme de bien entendu, il aida ses nouvelles couleurs à se sauver au détriment du Brussels, participant à 14 rencontres du second tour.

Alors que le Brussels venait de chuter en D2 suite à une saison 2008 calamiteuse et que notre président reparlait à nouveau de son projet Bruxellois… allait-t-il enfin corriger cette monstrueuse erreur de casting et enfin passer un coup de fil au Molenbeekois Frédérik Vanderbiest ? Allo, président ? Hé bien non, Frédérik se lia donc en D2 avec Oud-Herverlee Louvain pour la saison 2009 où il presta à nouveau 31 rencontres tout en trouvant l'ouverture à 9 reprises... et se classant devant le décevant FC Brussels !

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