Igor DE CAMARGO

 


Brésilien, né le 10/04/1982, 2 années au FC Brussels, saisons 2005-2006, 28 matches (28 en D1), 14 buts (14 en D1).

 

Fils d'un professeur de biologie et d'une comptable (bien qu'au départ sa mère possédait le diplôme requis pour l'enseignement), le jeune Igor de Camargo passa une prime enfance aisée avec sa jeune sœur (sa cadette de 5 ans) à Porto Feliz, dans le Sud-Est du Brésil. Situé en plein milieu de l'Etat de Sao Paulo, à quelques encablures de Rio de Janeiro, cette charmante petite ville côtoie les plus grosses mégapoles de l'Amérique du Sud, véritable vivier économique et industriel du pays. Igor accomplit ses premiers pas de footballeur en herbe en tant que gardien de but, mais son père, qui avait un vécu comme meneur de jeu, vit cela d'un mauvais œil et préféra le faire avancer dans le jeu. Igor signa sa première carte d'affiliation au Bonsucceso Futebal Clube en 1989, à l'âge de 6 ans, et y demeura 9 années avant de rallier la ville de Cachoeiro de Itapemirim dans l'Etat de l'Espirito Santo. Il se lia alors avec l'Estrela do Norte Futebal Clube à l'aube de la saison 1998. Après une année passée chez les jeunes, il fêta ses premières capes en équipe A en août 1999. Sa saison fut à ce point bonne que la manager belge Pol Stefani l'embrigada et le ramena dans ses valises en août 2000.

C'est ainsi qu'Igor De Camargo se retrouva à 17 ans dans le Limbourg Belge après avoir signé son contrat avec le KRC Genk qui jouait alors les premiers rôles dans notre championnat. Soucieux de son intégration, son manager se proposa de lui trouver une famille d'accueil. Ce dernier élut donc domicile à Maasmechelen auprès de Lucienne qui venait de perdre son mari et qui deviendra bien vite sa seconde maman. Igor n'arriva qu'avec quelques vêtements et un dictionnaire portugais-français sous le bras. Très vite, sa joie de vivre et son sourire permanents ainsi que sa disponibilité eurent tôt fait de le rendre aussi indispensable qu'attachant auprès de ses nouvelles sœurs d'adoption, Veerle et Anja. Ces dernières gardent toujours en mémoire le premier hiver d'Igor en Belgique où il dormait vêtu de son bonnet, son pull, ses gants et autres chaussettes tant il avait froid. Imaginez un Carioca fêtant le torride carnaval de Rio de Janeiro ou se baladant sur les plages ensoleillées de Copacabana découvrant les yeux ébahis neige et climat pluvieux typiquement belges ! Mais Igor mordit sur sa chique et tint bon contre vents et marées, il était en Europe pour réussir et il réussirait ! A part l'hiver, la nourriture aussi l'effrayait quelque peu au début et il ne voulait jamais rien manger d'autre que du poulet… mais Igor s'intégra si vite qu'après quelques mois il pratiquait avec la même veine les langues de Vondel et de Molière ! Il ne quittera finalement sa famille d'accueil que quatre années et demie plus tard lorsqu'il rallia le FC Brussels. Pour anecdote, il laissa un tel vide dans sa famille d'accueil que ces derniers offrirent ensuite le gîte et le couvert à Peter Utaka (Westerlo) afin de le remplacer quelque peu, mais ce dernier ne tint pas la comparaison et fut prié de plier armes et bagages moins de quatre mois plus tard ! Toujours soucieux d'être un point d'encrage et de support moral pour les autres, Igor fait désormais figure de grand frère pour tous les néos-brésiliens de notre pays qu'il convie fréquemment à des journées de chansons-prières auprès des Isaias, Wamberto et autre Dante.

Revenons au début de son aventure sportive en nos contrées. Il ne disputa aucun match lors de la saison 2001 et effectua ses grands débuts au sein de notre élite lors de la compétition 2002 avec 3 matches au compteur, son premier but inscrit et le titre de champion de Belgique. Lors de sa troisième saison à Genk, en 2003, il ne disputa finalement que 5 rencontres. On l'avait un peu oublié, mais Igor n'avait alors jamais que 20 ans, et pour progresser en temps de jeu, il lui fut proposé de redescendre de niveau afin de mieux rebondir. Le président du FC Brussels, Johan Vermeersch, lui fit alors les yeux doux, décelant en lui le prototype même de l'attaquant moderne (aussi bon défensivement qu'offensivement, pivot sachant garder le ballon, très doué techniquement et surtout possédant un sens du but bien aiguisé, que ce soit du pied droit, du pied gauche ou de la tête !). Mais au vu des nouveaux accords de collaboration entre le KRC Genk et le néo-promu de BHZ (Beringen-Heusden-Zolder), Igor fit partie de l'impressionnante cargaison de Genkois prêtés une saison aux colocataires du Fénixstadion. Lors de cette saison 2004, il presta 33 des 34 matches, inscrivant 10 buts, mais ne pouvant empêcher son employeur éphémère de culbuter en D2. A ce moment, Johan Vermeersch revint à la charge pour le club du Machtens, mais Genk tint à son étoile et préféra la lancer dans le grand bain elle-même. Il revint donc en août 2004 au KRC Genk et se fit de suite remarquer en inscrivant les deux buts synonymes de qualification pour le tour suivant de l'Intertoto face à Dortmund. Ensuite, il ne bénéficia que très sporadiquement de la confiance de son entraîneur hyper défensif, René Vander Eycken. Malgré la concurrence des Vandenbergh, Engelaar et Kpaka, il joua tout de même 15 bribes de rencontres (1 but), avant d'être mis de côté incompréhensiblement. Au mercato d'hiver, le très borné et entêté Johan Vermeersch n'avait toujours pas changé d'avis et rafla la mise en enrôlant définitivement Igor De Camargo, que tous les Brussels Boys allaient bien vite appeler De Camargoal, Igor le terrible, Igor le magnifique, le tsar Igor, etc… tous les superlatifs lui allèrent comme un gant !

Il ne restait alors plus que 15 matches au FC Brussels pour sauver sa tête en D1 et Igor ne voulut plus connaître les affres de la relégation comme la saison d'avant avec BHZ. Il prestera finalement 13 rencontres, n'en loupant finalement deux que pour excès de cartes jaunes. Il disputa sa première joute sous nos couleurs lors de la 20ème journée du 30 janvier 2005, assortie d'une défaite par 1-0 au Tivoli Louviérois, ce qui nous affectait à la 16ème position dans la hiérarchie nationale. Igor sembla dans un premier temps atteint du syndrome atypique de l'attaquant molenbeekois, celui qui ne marque jamais, à l'instar des Marcelo, Makasi, Nong et Voskoboinikov. En effet, Igor ne trouva jamais le chemin des filets sous Emilio Ferrera, mais brilla littéralement de mille feux sous la direction de Robert Waseige. Dans la dernière ligne droite de ce championnat, Igor De Camargo devint notre messie salvateur et trouva alors le chemin des filets à 5 reprises, la première fois il égalisa au Club de Bruges le mercredi 9 mars 2005 mais nous fûmes tout de même défaits par 4-1. Ensuite, chacun de ses buts fut synonyme d'importantissimes et vitaux points engrangés : il nous offrit la victoire à Beveren (0-1) le 10 avril, ouvrit la marque contre Gand (1-1) le 16 avril, délivra tout le stade à 5 minutes de la fin contre le Lierse (3-2) le 30 avril et assit notre sauvetage final contre le CS Bruges (2-1) le dimanche 15 mai 2005. Bien servis par des pourvoyeurs précieux comme les Culek, Sels et Snelders, Igor devint bien vite le chouchou omnipotent de notre public. En 13 matches, il avait réussi à se classer comme deuxième meilleur buteur de notre team avec ses 5 buts, loin derrière Culek et ses 10 réalisations, mais bien devant Snellie et ses 3 roses !

Igor avait attiré tous les spotlights sur lui et Johan Vermeesrch eut beaucoup de difficultés à convaincre Igor qu'il ferait mieux de grandir encore une saison avant de sauter le pas. Toutefois, Igor se remit de bonne grâce au service de son nouvel entraîneur, le français Albert Cartier, qui axa toute sa tactique de récupération défensive et d'efficacité offensive sur ses seules épaules ! Igor attaqua la saison 2006 sur les chapeaux de roue puisqu'il inscrivit déjà 3 buts lors du mois d'août 2005 : à Beveren (0-2) le 6, contre le Club de Bruges (1-1) le 13 à la suite d'un superbe mouvement avec Culek et contre Charleroi le 27 (2-2). Il marqua encore contre Zulte-Waregem le 24 septembre et par deux fois à La Louvière (0-3) le 1er octobre. Et puis survint le jour tant attendu pour Igor, le jour qu'il avait coché d'une grosse croix rouge sur son calendrier, la venue au Machtens de Genk, où on ne crut pas assez en lui, en ce 29 octobre 2005 ! Igor fut à nouveau phénoménal et se permit le luxe suprême d'inscrire le seul but de cette rencontre à la 31ème minute. Ivre de bonheur, il retira de suite son maillot, prenant un carton jaune évitable, mais n'oublia nullement de pointer son index vers le ciel pour dédier ce but à sa maman d'adoption, Lucienne, décédée peu de temps auparavant ! Le 17 décembre 2005, il y alla encore de deux buts lors de la victoire contre Beveren (3-1), portant ainsi son compteur à 9 buts en 14 rencontres disputées. Le gsm de Johan Vermeersch ne cessa pas de retentir lors du mercato d'hiver et ce dernier ne put hélas retenir Igor plus longtemps en nos contrées. Il disputa bien encore l'intégralité de la 20ème joute de ce championnat contre Lokeren ce 28 janvier 2006, mais on savait pertinemment tous qu'il s'agissait là de son match d'adieu chez nous, à peine un an (deux demi-saisons en fait) après ses débuts. Nous eûmes tous le cœur déchiré, mais impossible d'en vouloir à un toffe peï comme Igor qui recevait enfin sa chance au plus haut niveau. Igor se rendit alors au Club de Bruges pour discuter contrat, mais signa finalement le lendemain avec le Standard de Liège où il se sentit bien plus désiré… quand je vous disais qu'Igor était un grand sentimental et non un mercenaire sans foi ni loi ! Notre saison s'acheva tristounettement avec 14 matches relativement insipides et, de l'avis unanime, nous perdîmes avec Igor le seul joueur (avec Ibou Kargbo) de classe internationale que nous ayons côtoyé au FC Brussels…

Epanoui dans sa vie sentimentale avec Giovanna, Igor De Camargo se lia alors pour 4 saisons et demie à Sclessin. Il disputa bien entendu les 5 premières rencontres du second tour de 2006, inscrivant un but et charmant déjà tout son nouvel entourage, mais il encourut ensuite une fracture du tibia qui le tint éloigné des pelouses jusqu'en octobre 2006. Il n'avait donc pas pu goûter pleinement à son titre de vice-champion de Belgique, mais il reprit de plus belle sa progression en 2007 avec, malgré une entorse à la cheville, 24 joutes et 9 buts en D1, saupoudrés d'une finale perdue de Coupe de Belgique. Sa saison 2008 sera la saison de tous les espoirs de toute une région, voire même de toute une communauté, puisqu'à 8 matches du terme, le Standard de Liège est un leader autoritaire en D1 et toujours qualifié en demi-finale de Coupe de Belgique. A l'instar de ses comparses Jovanovic et Mbkonai, le désormais vice-capitaine Igor n'y est pas pour rien avec ses 26 matches (sur 26 possibles !) et ses 8 buts ! Après avoir dignement fêté le titre de champion de Belgique attendu depuis 25 ans par les fans de Sclessin, Igor se fit opérer d'une fissure au tibia afin d'être fit and well pour le début de la saiosn 2009. Good luck, Igor, personne ne t'oubliera jamais au Machtens !

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