Jonathan TEHOUE

 


Français, né le 03/05/1984, 1 année au FC Brussels, saison 2007, 20 matches (19 en D1, 1 en CB), 5 buts (5 en D1).

 


Né en banlieue Parisienne de parents Ivoiriens qui lui en ont inculqué la mentalité et la culture, Jonathan Téhoué a vécu une enfance heureuse à Aulnay-sous-Bois, dans le département 93 (le neuf trois comme ils le nomment plus fréquemment !). Malgré le climat d'insécurité permanant qu'on puit lui prêter (parfois à tort), Jonathan est diablement fier d'être un " Banlieusard " plutôt qu'un " Parigot ", c'est là et là seul qu'il se plaît et se sent chez lui. Bien qu'il ait déjà beaucoup roulé sa bosse, c'est toujours là-bas, au milieu des siens et de sa colonie d'amis qu'il revient et se ressource lors des différents aléas de son existence ! Il est d'ailleurs le contre-exemple type de l'idée qu'on se fait d'un jeune de banlieue, telle que véhiculée via les différents médias : en effet, Jonathan est érudit, réfléchi, calme, décontracté, posé, parle avec un riche vocabulaire et ne s'emporte pas pour un rien.

A peine âgé de 6 ans, en 1990, il signa sa première affiliation avec le CSL d'Aulnay où il demeura jusqu'en 1995, avant de prester une saison sous le maillot de Villepinte. Sportif complet, le jeune Jonathan s'essaya avec brio au full-contact dès ses 11 ans, sport qu'il ne peut malheureusement plus pratiquer depuis qu'il a fait du football sa profession ; il ne rate toutefois jamais l'occasion de suivre les compétitions de K-One dès qu'il trouve du temps libre dans son surchargé agenda. En 1997, dès ses 13 ans, il déménagea déjà afin de progresser dans le ballon rond et se lia avec le club de Le Havre. Il y demeura deux années avant de rallier le centre de formation de Caen en 1999. C'est là que sa carrière prit définitivement son envol lors de la saison 2000-2001 avec son premier match pro contre Martigues. Il allait également participer cette saison-là à la finale de la Coupe Gambardella (Coupe de France des moins de 18 ans), seulement battu par le FC Metz dont l'entraîneur principal était alors un certain… Albert Cartier ! Hélas, il encourut ensuite sa première grosse blessure sous la forme d'une pubalgie tenace qui le tint éloigné des terrains durant près de deux ans ! C'est donc de commun accord que le club de Caen et Jonathan rendirent caduque le contrat qui les liait mutuellement.

Au plus mal autant moralement que physiquement, le costaud Jonathan eut conscience d'avoir perdu beaucoup de temps et se réinscrivit au lycée afin de passer son baccalauréat… qu'il n'obtint finalement jamais vu que les Corses de Bastia lui firent les yeux doux en juin 2003. Il rejoignit alors l'Île de Beauté où ce fut initialement le paradis ; il presta pas moins de 8 rencontres de League 1 avant que le club ne change d'entraîneur, ce qui lui sera fatal vu que ce dernier décréta ne pas avoir besoin de ses services. Un malheur n'arrivant jamais seul, Jonathan se blessa à nouveau et se retrouva une nouvelle fois sans employeur à l'aube de la saison 2004-2005.

Après une nouvelle année d'inactivité forcée, son tout récent manager lui trouva de l'embauche à l'Apoel Nicosie en septembre 2005. La vie à Chypre ne fut pas des plus clémentes pour lui : non seulement il y rencontrait la barrière de la langue (le Grec), mais également les affres d'un racisme exacerbé. Etant déjà de nature casanière, se retrouvant seul, sans ami, rien d'étonnant donc qu'il ne sortit quasi jamais de son appartement, se bornant à regarder sans cesse la télévision par satellite.

Après quelques mois à se morfondre et se ronger les ongles, son manager lui proposa alors un nouveau challenge : passer 5 mois en D2 Belge afin de prouver qu'il avait le niveau de D1 et alors rebondir. Jonathan l'accepta et c'est ainsi qu'il se retrouva Gaumais pour une demi-saison. Entre février et mai 2006, il prit ainsi part à 12 rencontres avec Virton tout en trouvant le chemin des filets à 5 reprises. Là-bas, à quelques encablures de la frontière française et de ses proches, il se sentit comme un coq en pâte… mais il se devait de redonner de l'élan à une carrière bien trop en dent-de-scie. Scouté à plusieurs reprises par trois clubs de l'élite belge, il fut finalement approché par Johan Vermeersch dont le discours finit de le convaincre. Aspirant enfin à plus de stabilité, Jonathan se lia finalement pour 3 saisons avec le FC Brussels.

C'est donc en juin 2006 que Jonathan Téhoué débarqua au Machtens. Directement, il laissa une très forte impression physique partout autour de lui. Il faut bien avouer qu'à côté de nos petits gabarits comme les Sillah, Kalulika, Omonga ou autre Matumona, Jonathan dépareillait avec sa carrure de déménageur, de sorteur de boîte, voire même d'haltérophile ! C'est vrai que son buste avait de quoi impressionner nos adversaires (je me souviens encore des yeux terrorisés du Montois Wiggers après l'avoir croisé à l'échauffement d'avant-match !). En fait, son apparence très massive du haut du corps l'astreignait sans cesse à ne pas commettre d'excès car il " prenait " de suite : c'est ainsi qu'il se devait de suivre un régime quasi draconien tout en évitant également les exercices de musculation, sous peine de perdre une once de sa vitesse ou de son explosivité, auxquelles il alliait une détente et un jeu de tête impressionnants pour ses 179 cms. En sus de ces qualités sportives évidentes, il y ajoutait un sens inné de la gentillesse humaine : toujours cet air content de tout, cool, sourire sans cesse aux lèvres, toujours un petit mot pour chaque supporter, sa démarche élastique et toujours équipé de son casque stéréo sur les oreilles. Car, en effet, en bon banlieusard parisien, la musique (et bien sûr plus particulièrement le rap) a toujours tenu une place importantissime dans sa vie. C'est à longueur de journée qu'il écoute les rappeurs aux textes revendicatifs, dont un de ses meilleurs amis, Sefyu.

Jonathan fit donc ses grands débuts officiels sous notre vareuse lors de la seconde joute à Zulte-Waregem (0-1) lorsqu'il doubla Kalulika à la 69ème minute le 5 août 2006. Hélas, il fut ensuite renvoyé dans le noyau B par son entraîneur Albert Cartier qui lui reprocha son manque d'engagement et de professionnalisme à l'entraînement. Il mit alors quelques semaines pour réapparaître dans l'équipe puisqu'il ne refit surface qu'à l'occasion du 7ème match le 23 septembre. Il allait ensuite connaître une saison mi-figue mi-raisin, alternant les bonnes prestations et les diverses blessures musculaires. Il affichera tout de même 19 matches de championnat à son compteur lors de la clôture de la saison, ainsi que 5 buts. Il inscrivit le premier lors de la 9ème journée le 15 octobre en nous donnant l'avance contre le Club de Bruges et attendit ensuite la 17ème et dernière rencontre du premier tour, le 16 décembre, pour récidiver en égalisant à Genk (mais défaite 3-1 au final). Lors du second tour, il trouva encore l'ouverture à 3 reprises : le 20 janvier 2007 à Mons (18ème journée, il nous donna l'avance jusqu'à la 90ème et ultime minute, 1-1), le 28 avril contre Beveren (31ème journée, il assit notre succès avec le 2-0 à la 65ème minute) et le 19 mai contre Genk (lors de la dernière journée, il nous permit de recoller au score à la 40ème, victoire finale par 3-1).

La saison 2008 allait être la sienne, celle de l'éclosion définitive, on en était tous persuadés. De plus, à la reprise des entraînements en juin 2006, il demeurait le seul attaquant encore disponible… qu'à cela ne tienne, finalement il reprit son bâton de pèlerin et se lia avec le néo-promu en D1 Turque, le Kasimpasa Spor ! Après seulement 6 mois passés à Kasimpasa Spor, il rejoindra Konyaspor en janvier 2008. A tout juste 23 ans, Jonathan aura déjà beaucoup voyagé… good luck man and see you soon !

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