Youri VERGUEITCHIK


Belarusse, né le 05/03/1968, 2 années au RWDM, saisons 1996-1997, 54 matches (50 en D1, 2 en CB, 2 en CE), 4 buts (tous en D1).

Youri Vergueitchik nous arriva en test (une spécialité Molenbeekoise) un beau matin de juillet 1995 flanqué de deux compères évoluant avec lui au Dinamo Minsk. Il fut le seul à trouver grâce aux yeux de René Vandereycken et ses conditions agréèrent également l'argentier Johan Vermeersch. Il ne s'en doutait pas encore, mais il allait vivre deux fantastiques saisons sous nos latitudes ! C'est donc ainsi que le très filiforme et discret Youri devint notre milieu récupérateur. Comme déjà déclaré souvent, tous les observateurs firent de nous un oiseau pour le chat lors de cette saison 1996 et on se souvient parfaitement de ce qu'il advint : nous retrouvâmes finalement l'Europe au soir d'un derby haletant au Machtens !

Il commença donc sa carrière en D1 Belge le 5 août 1995 lors de la rencontre initiale qui nous vit prendre le meilleur 1-0 contre Beveren. Il devint très vite le catalyseur de notre jeu, l'homme qu'on voyait très peu (tout comme son adversaire !), celui qui prenait les charges ingrates et se retroussait les manches en permanence… le tout sans aucune violence, sans coup bas ; que du contraire, il fut un modèle de fair-play pour nos jeunes pousses ! Il constitua avec les Nassen, Grujic, Jacob, Vandersmissen, Camus, Laeremans et autre Demets un bloc défensif infranchissable qui finalement se targua de la meilleure défense de D1 lors de cette mémorable saison 1996. Il participa finalement à 27 matches (dont 18 des 19 premières rencontres) avant de baisser un petit peu de rythme, et c'est ma foi bien légitime. Durant ce temps, il fut également sélectionné avec son équipe nationale représentative. Assez paradoxalement, Youri n'avait pas inscrit un seul goal en 1996, se concentrant uniquement sur sa tâche, mais il allait se rattraper en 1997. L'année 1997, tout le monde s'en souvient, nous vit certes chuter au classement, de la 4ème à la 16ème place, mais il y eut énormément de plaisir cette saison-là aussi. En effet, nous retrouvions l'Europe contre Besiktas (Youri participant partiellement aux deux matches : 9 et 15 minutes) après tant d'années de purgatoire et nous restâmes invaincus contre Anderlecht (0-1 là-bas grâce à Papy Guy et un 0-0 at home). Sa deuxième saison chez nous lui rapporta encore 23 matches de D1 mais aussi 4 buts inscrits. Il inscrivit son premier but en D1 le 28 septembre 1996 à l'ultime minute en sauvant notre honneur contre Charleroi (1-3). Décidément adepte de la dernière minute, il scora son deuxième but le 9 novembre 1996 au même moment contre le Cercle de Bruges (2-0). Lors des trois derniers matches, il trouva encore l'ouverture à deux reprises : il égalisa le 10 mai 1997 contre l'Antwerp (finalement pour une défaite 1-2) et, pour son dernier match, en guise d'adieu, il fit le 1-1 à la 18ème minute le 25 mai 1997 contre Harelbeke (score final : 2-2).

Il aurait finalement dû resigner pour une troisième saison, mais vu que les Vilain et Piret arrivaient au club et que les discussions traînaient, il signa finalement en D3 Allemande, à Ahlen plus précisément. Il boucla ensuite la boucle en retournant à son port d'attache, le Dinamo Minsk, afin d'y achever son parcours de joueur. Viscéralement marqué par un personnage comme René Vandereycken, Youri lui emboîta le pas et devint bien vite entraîneur. Tout d'abord il fut entraîneur-adjoint de Shaktyor Soligorsk, l'équipe d'une cité de 100.000 habitants à quelques 140 bornes de Minsk. Son président y est actionnaire principal dans les mines de sel locales et dans la construction de camions. En 2004, Youri reprit les rennes de l'équipe première et offrit de suite la coupe à son club. La saison suivante, il devint champion pour la première fois de l'histoire de ce club et est à nouveau en tête en cette saison 2007. Il porte même une double casquette d'entraîneur vu qu'il s'occupe aussi des espoirs de son équipe nationale représentative. Fort en amitié, il ne manque jamais une occasion de revenir voir ses amis de 1996 et ne rate jamais le repas annuel commémoratif !

Et dire qu'en 1986, il était militaire en Belarus (pas encore indépendante et alors toujours sous le joug de l'Union Soviétique) et que lors de la catastrophe de Tchernobyl, tous ses potes sont partis déblayer la centrale nucléaire et n'en sont jamais revenus... lui, n'y échappant que parce qu'il était considéré comme élite sportive ! A quoi ça tient parfois...

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