FC BRUSSELS - WAASLAND-BEVEREN

1 - 3 (a.p.)

Coupe de Belgique - 1/16 - Me 26/09/2012 / FC BRUSSELS - WAASLAND-BEVEREN (D1) 1-3 (après prolongations).

Coqu (46' Van den Eynde), El Banouhi (73' Karagianis), Heris, Tunani, G.Cabeke (62' Kawaya), Aalhoul, Bonnes, Nollevaux, Nahimana, Siani, Gounongbe.

CJ : Bonnes, Aalhoul, El Banouhi, Gounongbe. / Arbitre : Verbist. / Assistance : 500. / Eliminé.

70' Dugary (0-1), 78' Siani (pen) (1-1), 110' Plut (1-2), 117' Cavens (pen) (1-3).

Quel choc ce matin (style uppercut de Cassius Clay pré-parkinson dans mon menton angélique) en ouvrant ma gazette ! Je me frottai vigoureusement les yeux, m'humectai abondamment les tempes, me grattai les cheveux à en décoller tous prémices de pellicules, me tapotai gentiment les joues, mais rien n'y fit, visiblement je n'avais pas rêvé : on était bel et bien qualifiés cette saison pour les 16ème de finale de la Coupe de Belgique ! Diantre, ce n'était plus arrivé depuis une demi-décennie, et encore, à ce moment-là nous ne commencions notre périple " Coupe " qu'à ce stade de la compétition en tant que membre de l'élite (hé oui, ça semble si lointain) ! En effet, nous ne parvînmes en 16ème de finale après avoir passé 2 tours qu'à une seule reprise (la première année de notre existence contre Andermerde), c'est dire mon effarement. Attention, n'exagérons tout de même pas vu que, jamais au grand jamais, nous ne passâmes cet échelon. En effet, nous ne connûmes pas encore les joies des 8ème de finale. Ce serait chouette d'enfin écrire cette page (ou plutôt cette petite ligne) d'histoire pour le club surtout que le sort nous attribua à domicile le néophyte en D1 de Waasland-Beveren qui est tout sauf un foudre de guerre, même si nous étrennions encore et toujours la lanterne rouge de la D2. Force est de constater que ce tirage dirigé (typiquement Belge d'ailleurs) pour qu'aucun club de D1 ne se rencontre au premier tour a rarement fait des ravages dans les rangs serrés des pensionnaires de l'élite. Par exemple, l'an passé, seul l'OH Louvain (notre meilleur ennemi en Coupe d'ailleurs), qui venait à peine de sortir de l'antichambre, succomba à ce stade de l'épreuve. Reconnaissons donc préalablement que les statistiques ne coïncidaient pas vraiment avec nos espérances, mais après tout ne dit-on pas la glorieuse incertitude de la Coupe !
Le moral regonflé à bloc par (enfin) une première victoire en championnat, les Molenbeekois pouvaient aborder ce match sans pression aucune et avec une équipe quasi au grand complet (seuls Doudouh blessé à la cheville et Essikal purgeant son dernier match de suspension manqueront à l'appel), de quoi peut-être nous entrouvrir les portes de l'exploit. Après les orages percent toujours les éclaircies et parfois même l'arc-en-ciel après tout !
Même si les supporters ne devaient à nouveau pas se déplacer en rangs serrés au Machtens, ceux qui furent déjà supporters du grand RWDM en 2002 se souviendront sûrement que Beveren fut un des gros artisans dans la décision de l'UB de nous radier et nous éradiquer du paysage footballistique belge. Même si leur matricule fut également failli ensuite, ils renaquirent via le club de Waasland et seront donc notre adversaire en ce dernier mercredi de septembre.
Horripilant au possible depuis ce foutu volet au GB, toujours aussi ardu d'enfin dénicher une place de parking à 10 bonnes minutes à pied du stade, ce qui t'oblige à te désaltérer de suite afin de te remettre de cet intense effort physique. Et encore, qu'est-ce que ça serait s'il y avait un tout petit peu de monde dans ce stade désertique ? En effet, malgré la belle victoire contre Eupen, il n'y avait toujours que très peu d'élus à franchir les grilles rouges ou vertes de notre stade… et, une fois n'est pas coutume, cette fois ils auront eu tort, mais n'anticipons pas ! Des 700 espérés (Dieu pourtant que c'est bas), nous ne fûmes pas 500 tous côtés confondus (et pourtant les visiteurs déplacèrent 5 cars) !
Enfin parqués, mais loin du côté visiteurs au Boulevard Machtens, pas question de passage au Nouveau Daring, ce sera directement le Socio avec raccourci pour mes vieilles guiboles via la Piscine Olympique. Bien me prit puisque j'obtins mon sésame d'entrée une quinzaine de minutes avant le kickoff… et qu'une quarantaine de supporters arrivant ensuite ne purent (à nouveau) recevoir leur ticket car… ils n'en avaient plus au guichet (m'enfin) ! Ils durent donc encore une fois aller en réimprimer d'urgence et les fidèles ne purent finalement pénétrer dans l'enceinte qu'à 20h05, de quoi en dégoûter encore quelques-uns, décidément, pfffff !
" Pep " Zaiour n'apporta qu'une légère modification par rapport à l'équipe victorieuse d'Eupen, sur son flanc gauche, Kawaya (souffrant et sous antidouleurs) glissant sur le banc au profit du véloce sprinter fou, notre buffle Nahimana. Comme à sa bonne habitude, le Brussels mit de suite la pression sur son adversaire qui n'allait quasi jamais passer le milieu de terrain de toute la première mi-temps tant nous fûmes dominateurs, seul le dernier geste manquant à nouveau cruellement (le potin du jour dans les travées étant d'ailleurs l'arrivée imminente de Sonck, mais bien sûr !). Les supporters Waaslandiens avaient sûrement dû dévaliser nombre de marchands de textiles locaux tant ils avaient déployé des drapeaux de toutes sortes derrière le but visiteur. Tandis que du côté visité, on pouvait prendre connaissance d'une longue banderole " S'unir ou mourir. JV Buiten. Hate Vermeersch "… no comment, je ne tirerai plus sur l'ambulance, mais je me permettrai simplement de déclamer une réplique toute personnelle que j'ai lâchée à Speedy durant le match : " dans ce stade il y a maintenant autant de Pro-JV que de militants socialistes à Monaco " (j'avoue bien l'aimer, celle-là) !

Dès la 4ème minute, un débordement rageur de Nahimana suivi d'un superbe centre ne permit pas à un Siani gêné par deux défenseurs de mettre assez de puissance dans sa reprise du plat du pied et cette bonne vieille connaissance de Michael Clepkens parvint à repousser in extremis le cuir. Pour les plus jeunes d'entre nous, rappelons tout de même que Mika fit toutes ses classes dans notre école des jeunes, mais, vu l'affreuse couleur de son maillot, il n'avait sûrement pas tout retenu de son éducation Molenbeekoise ! Le même Clepkens dut ensuite sortir en catastrophe devant un entreprenant Gounongbe, juste avant d'être imité par son comparse Coqu qui la joua kamikaze dans les pieds d'un Plut ne retirant nullement le pied. Conclusion : notre gardien reçut un coup direct à hauteur du genou, il claudiqua durant tout le reste de la première mi-temps avant de devoir laisser sa place pour la reprise au jeune Van den Eynde qui s'en sortit comme un chef. Le tournant du match se situa sans conteste à la 36ème lorsque Nahimana y alla encore d'un raid infernal dont il a le secret le long de son couloir et qu'il ponctua d'un puissant centre au cordeau pour le Capi isolé au petit rectangle face au but vide et qui n'avait donc plus qu'à pousser tranquillement le cuir au fond, mais il boulonna incompréhensiblement à côté et pourrait donc se retrouver sous peu dans le bêtisier de Téléfoot. Sébastien fit alors peine à voir tant visiblement il s'en voulait d'avoir galvaudé cette occasion cinq étoiles. Notre domination avait beau être à sens unique, elle ne se traduisit hélas pas au marquoir à la mi-temps : 0-0 et les pensionnaires de D1 s'en sortaient vraiment très bien !
Une grosse dizaine de supporters du Bloc A (soit 25% du contingent) entonnèrent bien par moments quelques chants qui malheureusement résonnèrent fort creux par manque de participants actifs, mais retenons pêle-mêle les savoureux " Anti-Beveren ", " Beveren is dood " et surtout le sans doute prémonitoire " tot volgende jaar in tweede klasse " ! Toute l'équipe fut excellente, mais qu'il me soit tout de même permis d'en extraire quelques-uns comme Tunani (un monstre physique régnant en maître au sein de la défense, une seule fois pris de vitesse dans son dos sur le premier but waaslandien), Nahimana (Christopher a fait du Christopher, épuisant tous les défenseurs croisant sa route parsemée de crocs-en-jambes et autres bousculades) et le magnifique triangle du milieu composé de Bonnes (enfin, il retrouve ses sensations, ratisse et s'infiltre ensuite puissamment vers l'avant), Nollevaux (quelle envie, quelle hargne, son adversaire direct va sûrement bien dormir mais seulement après s'être badigeonné le corps d'Hirudoid et avoir avalé 3 Nurofen 400) et Aalhoul (ce gamin a sûrement 3 poumons pour avaler autant de gazon aux quatre coins du terrain, il est aussi combattif que technique et joue aussi simple que vite).
La seconde mi-temps nous vit à nouveau dominer largement le premier quart d'heure mais la tendance s'inversa ensuite quelque peu. Visiblement, nos valeureux guerriers commençaient lentement mais sûrement à ressentir les efforts physiques dus à un tel incessant pressing. Nous ne nous créâmes plus guère de réelles occasions, pêchant bien trop souvent dans le dernier geste en gâchant de belles possibilités en contre. Waasland n'avait visiblement plus envie de se laisser dominer de la sorte et effectua trois importants changements : Papa Doumbia (félicitations à lui et sa charmante épouse), Dugary (ex-Genk) et Cavens (une de nos bêtes noires les plus tenaces, toujours invariablement en super forme contre nous depuis près de 2 décennies) foulèrent alors notre pelouse. De notre côté, le boitillant Geoffrey dut également céder à contrecœur sa place à un Kawaya prestant sous antidouleurs et à une position ne lui convenant que très modérément. On jouait la 71ème lorsque Nahimana se fit chiper le cuir dans leur rectangle et la suite se déroula à 120kms/h : ce satané Cavens reçut le cuir et lança Dugary (dans les dos de Tunani et Kawaya) qui gagna imparablement son duel face à notre jeune gardien : 0-1 complètement immérité contre le cours du jeu ! " Pep " joua alors le tout pour le tout en introduisant l'attaquant Karagianis (qui hélas ne s'avéra jamais incisif) à la place du défenseur El Banouhi (Heris glissant un peu plus à droite pendant que Nollevaux prestait quasi dans l'axe de la défense en reconversion perte de balle). On pensa alors que c'était carbonisé, mais Aalhoul avait encore conservé quelques décilitres de super dans son moteur. Après un une-deux avec Nahimana, un défenseur adverse accrocha incompréhensiblement le jeune Redouan (alors que le ballon était alors dans les pieds de Christopher) dans le rectangle. Le Capi se chargea alors de la transformation en appliquant bien la leçon retenue du péno raté contre Péruwelz-Mouscron : il y mit heureusement une telle puissance que Clepkens, bien que réussissant encore à toucher le cuir, ne put que s'avouer vaincu : 1-1. Beveren n'avait visiblement aucune envie de s'en remettre aux prolongations et appuya sur le champignon dans les dernières minutes, Sébastien Van den Eynde devant sauver à deux reprises son équipe lors de l'ultime minute du temps réglementaire.


Les prolongations venaient à peine de commencer quand Gounongbe tenta un puissant lob de notre côté de terrain que Clepkens dut sauver au prix d'une claquette salvatrice sous sa latte… ça aurait pu être le but de l'année ! Nous déclinions certes physiquement mais Waasland ne s'octroya aucune action digne de ce nom en première partie de prolongations. On se dirigeait tranquillement vers les penalties lorsqu'à 10 minutes du terme un shot chanceux de ce diable de Cavens fut dévié hors de portée de Van den Eynde et s'écrasa contre notre piquet avant que Plut ne le poussa dans notre but : 1-2. On joua alors notre va-tout et ce qui devait arriver arriva : sur un contre, Jérôme accrocha son adversaire et le pénalty justement accordé fut transformé imparablement par… Cavens bien sûr : 1-3 ! Je me remontai donc le moral en me tenant (comme chaque année depuis plus de 40 ans) les propos consolateurs habituels : " Bah, on ne l'aurait quand même pas gagnée, cette foutue Coupe ! ".
La malédiction très tenace des 16ème de finale perdurera donc encore un an au moins, hélas, mais cette fois nous ne déméritâmes nullement, jamais nous n'étions passés aussi proche de l'exploit, nous avons effleuré ces 8ème de finale du bout des doigts durant 110 minutes. Gageons que ce match puisse servir de référence à tout ce groupe qui a fait bien mieux que tenir tête à une D1 ! Seul bémol mais d'importance, cette joute devrait laisser quelques traces morales et physiques : un gros débours d'énergie durant 120 minutes pour finalement être éliminés, encore 4 cartes jaunes reçues (et donc annonciatrices de futures suspensions) et un quartet de blessés dont on attend des nouvelles (Coqu, Cabeke, Heris et Kawaya), le tout à quelques 88h d'un traditionnellement périlleux déplacement au Bosuil où il faudra confirmer et non infirmer cette bonne passe !

(Texte de Zob, Photos de La Dernière Heure et La Capitale)