FC BLEID MOLENBEEK - UNION ST GILLOISE

2 - 0

(15) Me 14/11/2012 / FC BLEID MOLENBEEK - UNION ST GILLOISE 2-0 (au Petit Heysel).

Hatefi, Janssens, El Boubsi, Shamavu, Seddoh (63' Del Molino), Alageyik, George, Triantafillidis, Yalic (84' Diansangu), Mc Mahon, F.Tuta (62' Sikumoya).

CR : Mc Mahon (2cj, 61'). / CJ : Yalic, Diansangu. / Arbitre : Verboomen. / Assistance : 400. / Classement : 18è.

55' F.Tuta (1-0), 75' George (pen) (2-0).

Ah le folklore des derbies Bossemans-Coppenolle qui a tant fait couler d'encre et qui semble tant ancré dans nos mémoires ancestrales… En fait, s'il y eut nombre de luttes aussi épiques qu'homériques entre les Daring et Union (n'oublions notamment pas que si l'Union s'est arrêtée à 60 ce n'est pas à cause d'un radar mais uniquement par la bonne grâce de leurs voisins rouge et noir), durant leurs 29 années d'existence commune, le RWDM et l'Union ne combattirent dans la même division qu'une seule saison, en 1984-1985, sans doute une des plus belles et mémorables saisons de feu notre RWDM. Vous aurez aisément fait le calcul, notre histoire commune ne dénombre donc finalement que deux matches. Si au match aller nous mîmes une sacrée tripotée aux Unionistes (6-1) devant près de 20000 personnes, le match retour au Duden (avant-dernier match de la saison qui, si le RC Malines avait été accroché, aurait pu sacrer notre retour en D1) fut plus ardu, et il fallut un pénalty converti comme à la parade par le spécialiste Yves de Greef pour s'y imposer (0-1) !

Et c'est donc 28 ans après (notons que jamais l'Union ne rencontra également le Brussels en championnat) qu'enfin un club Molenbeekois retrouvait l'occasion de zwanzer avec les Unionistes… même si ce match à domicile ne faillit jamais avoir lieu à cause des fourberies infâmes du traître Philips et du pitoyable Dumonceau (relisez la review de ce " match " si vous êtes la seule personne s'intéressant au foot belge à ne pas être au courant). Mais, heureusement, ce n'est pas dans les prétoires avec une cravate qu'on gagne les matches, mais sur les grounds avec de la transpiration ! Ce match trouva donc un peu par hasard une date pour se dérouler : un mercredi de grève, à 4 jours du match retour, sacrée Union Belge !

En arrivant au stade, nos repères habituels en prirent un coup : pas de Pierrot au guichet (en tourisme Thaïlandais et remplacé par Eva et Patricia De Wolf), pas de Didier le physionomiste à la grille pour te déchirer ton ticket, un Zizou fiévreux refusant tout jus houblonné au profit de cocas réparateurs, un Toth arborant un maillot du White, un Scale en grande forme de retour après moult années d'absence, etc…
Au vu et au su des multiples périples antérieurs ayant émaillé cette joute, inutile de vous préciser que nos joueurs arboraient un énorme sabre entre les dents, et cela sans l'apport de nos deux monstres physiques qu'étaient Haïdara et Cédric Tuta (on aillait trembler lors de chaque phase arrêtée). Du côté visiteurs, quelques têtes bien connues étaient passées jadis par notre célèbre école des jeunes comme les Anthony Cabeke, Sadin et Esteban Casagolda. Pas de doute, cela sentait le soufre à pleins naseaux !

L'avant-match fut remporté par les Union Bhoys qui chantaient et craquaient moult fumigènes… par faute de combattants, comme d'habitude ! En effet, sans doute une nouvelle fois trahis par les approximations temporelles des moyens de locomotion comme la STIB ou le métro, les Molenbeekois n'arrivent systématiquement qu'après 10min lors de chaque mi-temps ! Par contre, nos glorieuses légendes comme Patje Thairet ou Toch Rimbold étaient bel et bien présentes dès le coup d'envoi.

Les Molenbeekois, emmenés notamment par un Vincent George aux 4 poumons et arborant une nouvelle coupe guerrière, entamèrent le match avec une volonté et un engagement de tous les instants. S'ils ne se créèrent aucune occasion par manque de précision au moment de la dernière passe, nos valeureux joueurs dominèrent tant et plus les débats face à une extrêmement faible Union qui, on ne sait comment, possédait tout de même 12 points de plus que nous. On se dirigeait tranquillement vers un score de parité vierge lorsqu'à quelques encablures de la mi-temps, une perte de balle de Yalic permit à Cabeke de lancer assez chanceusement Casagolda qui se présenta seul face à Nicola. Mais dans un éclair de génie ou de nostalgie Molenbeekoise, Esteban plaça le cuir du bon côté de notre piquet droit !

Finalement le fait le plus marquant fut sans doute le nombre de flics en civil fréquentant notre Bloc A. Quand on s'en inquiète, leur réponse fuse " on sait qu'avec Molenbeek, un jour ou l'autre, ça va déraper… et quand ça dérapera, on sera là ! " Mouais, franchement, ils ont du temps et de l'argent à perdre au ministère ! A la mi-temps, Charles Duchemin-Rodrigues, notre testeur émérite pour le Guide Rouge Michelin des fritkots du Royaume succomba une nouvelle fois et fit la file devant la remorque. Il nous assura à maintes reprises que ça ne ressemblait en rien à du Tricatel et se lança dans une ode lyrique à tous les ingrédients présents dans son casse-croute, les déclarant au moins aussi bons que ceux de Geel au début des années 2000. Selon notre Coffe national : de la truffe royale pour les cochons ! Et c'est vrai qu'apparemment la qualité doit y être, vu que nombre d'entre-nous y font plus souvent la file qu'à la buvette ! Surtout qu'au vu du prix rébarbatif pratiqué par l'Extratime, les réunions après les mi-temps se font maintenant bien plus autour des coffres de voitures sur le parking adjacent où les prévoyants supporters emmènent de quoi sustenter leurs amis d'infortune (sauf ce soir précis) à moindre frais… c'est la crise pour tout le monde, M'sieurs Dames !

On rejouait à peine depuis 10 minutes quand Yalic délivra un coup-franc millimétré sur la tête de Frédéric Tuta qui loba tout le monde pour nous porter au commandement : 1-0 ! L'ambiance dans le Bloc A monta encore d'un cran et les chants les plus délectables se succédèrent : "Philips Prison", "C'est l'Union c'est l'Oignon", sans oublier Ole qui déclara sans cesse son amour immodéré pour le séant d'un Dumonceau, devenu la grande star de la plupart de nos chants. Hélas, notre euphorie ne dura que 5 petites minutes, moment choisi par le referee pour brandir un second bristol (tous deux pour simulation dans la surface de réparation) à notre combattant d'outre-manche ! Autant avec le premier plongeon Sam aurait pu rivaliser aisément avec Greg Louganis, autant le second me semblait vraiment mériter notre second péno de la saison. Et donc, nous voici obligés de prester les 30 dernières minutes sans notre " british touch " et de se coltiner ce qu'on fait de moins bien : tenir notre cage inviolée. A la 65ème, un shot de Delmotte trouva heureusement l'extérieur de notre piquet… la chance allait-elle enfin nous sourire ?

La rencontre bascula définitivement à un quart d'heure du terme lorsque ce brave Vanhamel accrocha Yalic dans son rectangle, nous offrant de la sorte un péno sur un plateau d'argent. David Triantafillidis aurait dû être le sanctionneur de service, mais un autoritaire Vincent George se chargea de la mission en catapultant une ogive nucléaire dans les filets de Sadin : 2-0 ! N'ayant plus d'autre solution que d'attaquer à outrance, les Unionistes, au lieu de profiter de leur supériorité numérique en écartant le jeu, se contentèrent de balancer inlassablement de longs et hauts ballons vers notre défense centrale qui se révélèrent autant de caviar pour un Eddy Shamavu aussi intraitable que Pierre Martinet ! On se dirigea finalement assez calmement vers une grande page de l'histoire de notre tout nouveau club : la première victoire officielle de Bleid Molenbeek et son second " clean sheet " (on avait toujours encaissé depuis le tout premier match à La Calamine). L'ambiance était survoltée tout en restant bien entendu bon enfant, notre soutien indéfectible envers les nôtres comme on n'en voit ou n'en entend plus nulle part ailleurs dans la capitale… pas étonnant finalement que d'autres clubs supposés plus huppés ne rêvent que de nous débaucher, même s'ils (ab)usent d'aussi sournoises que fallacieuses promesses ! Comme disait très justement notre évangéliste Zizou (auteur de la Bible) : "avec tout ce qu'on a déjà vécu ou entendu cette année, c'est hallucinant, ça change chaque jour… et dire qu'on n'est que début novembre... la saison est encore longue !"

Le match se clôtura donc sur le score mérité de 2-0 et la joie de nos joueurs fut si intense qu'on aurait pu croire à une victoire finale en Champions League. Hilares, ils nous rejoignirent tous ensuite à la buvette pour fêter comme il se doit cette tant espérée et désirée victoire. Les joueurs unionistes y firent également un léger crochet avant de remonter dans leur bus, leurs mines faisaient peine à voir, sans doute croyaient-ils qu'il leur suffirait de paraître pour nous massacrer. Le pauvre Anthony Cabeke, qui avait au préalable pris sa troisième carte jaune synonyme de suspension pour le retour du dimanche, se vit proposer de participer activement à notre " RWDM Sunday II " en prenant le car à double étage avec nous… tandis que d'autres joueurs unionistes me demandèrent carrément, au vu de la bave présente aux creux de leurs lèvres et leurs yeux aussi rougis que terrifiants, si nos joueurs avaient pris de la drogue avant le match ?!? Au moins, ils leur ont imposé le respect, il était grand temps que leurs " dirigeants " réapprennent la signification exacte de ce mot ! Quant à leurs supporters, ils nous félicitèrent humblement et demeurent toujours aussi sympas… et réfractaires à leur direction !

En me réveillant le matin suivant, n'avais-je finalement qu'agréablement rêvé ou était-ce vraiment un lendemain de victoire ? Je m'aspergeai les tempes, me mordillai les lèvres, me pinçai l'avant-bras et je n'avais heureusement pas rêvé ! Tout me revint en mémoire : la hargne démonstrative de Vincent, la volonté immuable de David, le sourire rassuré de Nicola, l'intransigeance tranquille d'Eddy, la pugnacité indéfectible de Michaël… et Zizou buvant du Coca (ne serait-pas cela la recette miracle finalement ? Quoi, superstitieux, nous ? Allons donc, fadaises !). ON A ENFIN GAGNE… ON Y ÉTAIT WAOW !!! Ne nous perdons plus en chemin, on fonce !

(Texte de Zob, Photos de Michel Oosters)