R.E. BERTRIX - FC BLEID MOLENBEEK

0 - 5 (forfait)

(19) Sa 22/12/2012 / R.E. BERTRIX - FC BLEID MOLENBEEK 0-5 (forfait)

 

Equipe annoncée : Hatefi, El Boubsi, Alageyik, Triantafillidis, Del Molino, Mc Mahon, George, Haïdara, Yalic, C.Tuta, F.Tuta.

Bon, quoi, alors j'y vais ou j'y vais pas ? Presque 300 bornes pour aller voir un Bertrix-Bleid, y a de quoi réfléchir ailleurs que dans le miroir, non ? C'est tout de même pour nous un match à 6000 points contre un concurrent direct, c'est le match de l'espoir… ou de la mort ! Allez hop, je me décide et pouf, que vois-je sur facebook : le match va-t-il être remis pour cause d'intempéries ? C'est vrai qu'il a draché (et ze drache de compétition olympique) sans discontinuer depuis plus de 15 heures, ça ne doit pas aider, surtout dans ce coin du royaume. Tant pis, j'y vais, on verra bien, mais je prends tout de même un minimum de précaution en demandant à plusieurs personnes de vite me contacter en cas de remise que je fasse de suite demi-tour. Démarrage à 17h30 sous une pluie diluvienne ce qui me permit d'enfin tester la vitesse maximum de mes essuie-glaces, hop on passe La Louvière, Charleroi, et bardaf plus de 30kms de travaux vers Namur avec 2 bandes inaccessibles et une seule griffée et striée (pauvres motards) ce qui vous permet de tester aussi la tenue de route de votre véhicule tant on se chope de l'aquaplanage ! Arrivé à Namur, changement d'autoroute, direction Luxembourg mais arrêt programmé à Bouge pour faire le reste du chemin à trois avec Nicole et Philippe. Eole ne s'arrête pas une seconde de nous torcher (son robinet est grand ouvert, je le plains lorsqu'il recevra sa facture de la SWDE), sans doute s'est-il trompé d'un jour pour la fin annoncée de notre monde.

Arrivé au stade Jules Guillaume vers 19h30, nous voyons seulement les gardiens s'entraîner avec leurs entraîneurs spécifiques sur le terrain détrempé mais parfaitement praticable, un véritable billard de compétition qui ferait énormément de jaloux dans les divisions supérieures (n'est-ce pas Bruges !). Les joueurs de champ, quant à eux, s'échauffent sur le synthétique couvert à l'abri des regards. Situé fort en hauteur sur un bute qu'il n'est sûrement pas conseillé de grimper par temps de gel et cerclé d'une piste d'athlétisme, ce magnifique terrain nous semble immense par rapport au ground du Petit Heysel qui doit lui rendre moult mètres carrés. Pour info : l'aire de jeu doit obligatoirement être rectangulaire, c'est-à-dire plus longue que large, la longueur devant être comprise entre 90 et 120 mètres, et la largeur entre 45 et 90 mètres (ce qui laisse une grande marge de différence) !

On rigole, sans doute parce qu'on ne sait pas encore, mais on voit un quidam conduire sa traceuse de tous côtés sans discontinuer. Mais son produit étant de très mauvaise qualité et fort liquide, il ne tient nullement et se dilue immédiatement sous les flots de la vanne céleste. Rien ne vaut la chaux à la place de son produit qui sentait abondamment le produit de lessive ! Nico Hatefi (dont on ne peut sûrement pas mettre en doute ses dires tant il est honnête et droit) me dira d'ailleurs ensuite que lors de son entraînement non seulement il ne voyait pas le grand rectangle depuis son but, mais même le petit rectangle lui était totalement invisible… pourtant distant que de 5,5 mètres !

On se dirige tous les trois vers la gigantesque buvette vitrée qui court tout au long du terrain, et nous nous rendons vite compte que mis à part les joueurs, leurs parents et nos dirigeants, ben finalement nous sommes les seuls Molenbeekois à avoir fait le périlleux déplacement. Nous commandons nos Jupiler (ah la Wallonie !) et une soupe pour Nicole, nous ne voyons pas le temps passer, on zieute un peu mieux le marquoir et… il est 20h11 là ?! Philippe va aux nouvelles et nous revient avec l'info du jour : l'arbitre trouve le terrain praticable sans problème depuis son arrivée à 17h, mais a demandé de retracer les lignes car elles sont totalement invisibles (ce que je confirme, de la buvette en hauteur pourtant, on n'en distinguait aucune !).

Apparemment, les dirigeants des Baudets de l'Entente Bertrigeoise auraient bien voulu tabler sur une remise, mais l'arbitre ne l'entendit pas de cette oreille. Ils eurent donc 3 heures pour mettre leur terrain à conformité, ce qu'ils ne firent pas. Leur machine à tracer était apparemment en panne, mais au lieu d'aller quémander dans tous les petits clubs avoisinants leurs machines manuelles pour être dans les temps, ils ne le firent point. Le bonhomme sur sa petite machine eut beau tourner sans cesse à la vitesse d'un Vettel, rien n'y fit, on ne voyait strictement aucune ligne blanche (sans doute Maradona était-il passé par là avant !). Les arbitres revinrent explorer le terrain et campèrent sur leurs positions : terrain non conforme.

Ensuite, un dirigeant Bertrigeois déclara qu'il n'était que 20h26 et que l'arbitre avait remis le match trop tôt parce qu'en 4 minutes ils auraient pu retracer les 10 mètres manquants… quel élan de mauvaise foie crasse ! En fait, on n'arrivait pas à apercevoir en tout et pour tout plus de 3 mètres tracés le long du terrain et aucunement les 4 grands et petits rectangles ni la ligne centrale… ça c'est la vraie vérité, la seule ! Obligés donc de reprendre des tickets boisson pour passer agréablement le temps… en attendant nos joueurs et dirigeants. S'en suivirent des conversations aussi instructives que conviviales avec les pères de Sam, Enzo et Vincent, avec les joueurs dont Vincent, Selcuk, Nico et Sheriff, et avec bien sûr Mich et Patje ! Nous n'avions pas perdu notre soirée. Ils reprirent leur bus vers 21h30… et nous restâmes bien calfeutrés au chaud avec tous les supporters Bertrigeois, au demeurant extrêmement sympas ! Nous fûmes tout de même surpris par le nombre conséquent qu'ils étaient encore à la buvette 2 heures après le non-match.

Je pris ensuite une bonne leçon de géographie quand je lançai mon " un derby Gaumais entre Bertrix et Bleid dont les stades actuels sont désormais distants de 159,5 kilomètres, c'est drôle non ? ". La réponse fusa : " Oh la la Monsieur, non, nous ne sommes pas Gaumais mais Ardennais, nous ! " " Ah bon !? Et pourquoi dites-vous toujours que c'est un derby alors qu'il y a tout de même 70kms entre vos deux villes ? " " Ben parce qu'il n'y a pas beaucoup de clubs de même niveau sur 70kms à la ronde ! " " Ah ok, merci madame Wikipédia ! " (rires très bruyants de cette charmante personne à qui je recommande vite des tickets boissons pour qu'elle arrête de me percer les tympans de manière aussi stridente). Au bout de quelques verres (oui, pas des gobelets), on regarde l'heure et on se dit " tiens, s'il avait eu lieu, le match serait fini depuis presque 3/4h… finalement on sera resté au moins autant de temps… on va p'tet y aller ? " La seule voiture de supporters présente s'en alla donc pour regagner ses pénates juste avant minuit comme Cendrillon !

Maintenant la balle est désormais dans le camp de l'Union Belge, et Dieu seul sait (et encore ?) toutes les décisions aussi incohérentes que démentielles que cela peut impliquer ! La logique des textes ancestraux nous donnerait sans conteste la victoire par forfait (0-5). Avouons que ça serait dommage pour nos hôtes d'un soir pluvieux, surtout qu'ils furent les seuls à avoir été fair-play avec nous lors de nos chaotiques débuts lors du match aller à Rebecq, mais avouons aussi qu'on nous a assez tapé sur la tête aussi (notamment ce forfait contre La Louvière), donc prenons tout ce qui est possible dans ce sens-là aussi, battons-nous pour faire triompher nos droits et n'acceptons aucun autre verdict qu'une victoire sur tapis vert. Pas question d'accepter une remise, je n'ai vraiment plus envie de me retaper cette route aussi apocalyptique qu'interminable. Mais comme le disait très justement Nico : " La logique et le règlement voudraient tout naturellement que nous gagnions par forfait, mais vu que l'UB déteste le RWDM… "… hé oui, tu as tout compris Nico, hélas ?!

(Texte de Zob, Photos de Philippe Bertrand et site de la R.E. Bertrigeoise)