RJS HEPPIGNIES LAMBUSART - FC BLEID MOLENBEEK

4 - 0

(21) Di 13/01/2013 / HEPPIGNIES LAMBUSART - FC BLEID MOLENBEEK 4-0.

Hatefi, El Boubsi (77' Janssens), Alageyik, Triantafillidis, Del Molino, Mc Mahon, George, Haïdara, Yalic, F.Tuta, C.Tuta.

CR : Haïdara (2cj, 78'). / Arbitre : Smeets. / Assistance : 80. / Classement : 19è.

1' Belme (1-0), 45' Charlier (2-0), 74' Lorenzon (3-0), 93' Lorenzon (4-0).

Le 5ème match de l'ère Patje nous offrait au menu un nom à rallonge comme on les aime, le RJSHLF, autrement dit le " Royale Jeunesse Sporting Heppignies Lambusart Fleurus " ! De quoi gagner haut la main au scrabble ! Vu les récentes mésaventures de Bertrix (300 kms pour que dalle) et de la veille (se taper le Machtens aller-retour pour un match nul à tous points de vue et ajourné par les arbitres à la mi-temps), plus question de se farcir un trajet pour les attributs génitaux du pape ! Visite sur le site de l'Union Belge, coup de fil à Mich déjà sur place et même constat : on devrait jouer sauf si l'arbitre jugeait le terrain impraticable au dernier moment… Par ce froid à vous coller les bonbons au sachet, y avait de quoi hésiter, mais l'envie de soutenir Vince & Co fut plus forte ! Direction donc vers la banlieue carolorégienne et obligation de programmer le Stade du Trou à la Vigne sur le GPS sous peine de ne jamais arriver à bon port. Le GPS nous emmena bien à la rue susdite mais pas de trace de stade, on se farcit l'entièreté des 5 kms de la rue pavée à laquelle le trajet de Paris-Roubaix n'a vraiment rien à envier, on traverse Heppignies et Mellet sans jamais trouver la moindre trace d'une quelconque aire de jeu, hop demi-tour et on fait comme d'habitude quand on cherche un stade : on lève la tête pour apercevoir les 4 gros pylônes électriques encadrant le terrain… hé bien non, rien de visible ! On finit enfin par trouver le petit stade qui est situé au fin fond d'une cuvette qui le rend occulte des rues superposées le jouxtant, damned ! Je m'en enquis auprès du préposé au guichet (oui, pas de pluriel, il n'y en a qu'un) et il me dit connaître le problème, que plein de gens ne le trouvent pas et rebroussent chemin après de trop longues recherches… heu, et la pose d'un panneau routier indicateur c'est impossible dans le coin ? Direction la buvette où nous sommes tout de même une petite quarantaine et finalement en majorité numérique ! Petit regard vers le bucolique terrain qui m'apparaît bien plus enneigé que la veille au Machtens. Pire, il appert qu'en-dessous de la neige se situe une bonne couche de glace. D'ailleurs, on entendra cette glace craquer à chaque coup de stud ou rebond du cuir lors du match, un peu comme si vous marchiez très prudemment sur un lac gelé. Mais les arbitres ont décidé, on joue !

Petit coup d'œil sur les infrastructures et force fut de reconnaître que, finalement, on est pas mal du tout au Petit Heysel ! A part une minuscule tribune métallique ne dominant qu'un sixième du terrain, pourtant déjà très exigu, aucune autre place qu'à même l'herbe debout tout autour du terrain, sans oublier la buvette vitrée derrière un des goals. Même les vestiaires des deux équipes sont aussi distincts qu'éloignés : les visités sous la petite tribune et les visiteurs à l'arrière de la buvette, pas facile pour l'arbitre siffler le début des débats. On se dirigea donc vers cette petite tribune, on dut chausser nos chaussures à clous et gravir les marches casse-gueule en métal avec moult précautions tant elles étaient recouvertes de gel (en seconde mi-temps, un bénévole local vint d'ailleurs y saupoudrer du gros sel à la louche). Pas fous, une vingtaine de locaux décidèrent de rester au chaud et suivre le match de la buvette, tandis que nous bravions les intempéries pour visiter cette curiosité d'architecture sûrement vivement recommandée par le guide du tourisme local. On se retrouve royalement avec une toute petite dizaine de locaux d'un âge certain à qui je demande s'ils sont toujours aussi peu nombreux : " Ben oui, vous n'imaginez pas tous les clubs qu'il y a dans la région, aujourd'hui l'Olympic joue aussi chez lui en Promotion, certes une division en-dessous de nous mais qui draine beaucoup plus de supporters du coin. Et quand les Dogues ne jouent pas, certains de leurs supporters viennent quelque peu remplir notre tribune. "

Surprise à la sortie des vestiaires, nos joueurs affichent pour la première fois un autre jeu de maillots, un bleu foncé, car l'arbitre voulait absolument que l'on change pour ne pas confondre les joueurs des 2 équipes. Bizarre vu que les locaux arboraient un orange très clair (style délavé 12 fois à la machine avec un produit acheté chez Lidl ou Aldi) et nous un rouge vif ! De plus, je peux me tromper, mais il me semble qu'au contraire de la D1, ce sont logiquement les visités (et non les visiteurs) qui doivent enfiler leur second jeu de vareuses en D3, à vérifier ?! Cocasserie supplémentaire et toute Molenbeekoise, le jeu de maillots bleus ne contenait pas tous les numéros des réservistes inscrits sur la feuille de match… et donc seul Michael Janssens pouvait s'il le fallait rentrer au jeu, au contraire par exemple d'un Audry Diansangu dont la vitesse aurait pu (et dû) faire mal à nos adversaires. Autre divertissement coloré : on s'attendait vraiment à voir les joueurs frapper dans un ballon orange fluo, mais ils eurent finalement droit à un jaune hyper pâle et immonde qu'on distinguait mal quand il roulait sur le tapis blanc ! Patje connaissait par cœur ce club qu'il avait entraîné et où il n'avait laissé que de bons souvenirs. Nul besoin de scouting préalable, il avait donc bien drillé ses ouailles, les prévenant des spécificités de ce minuscule et mauvais terrain, les suppliant d'être concentrés en permanence et dès la première seconde, leur quémandant de ne surtout pas concéder de coups-francs dangereux à cette équipe dont c'est la spécialité… mais il ne fut apparemment pas bien compris ! On ne jouait pas depuis 15 secondes que Villano (mais que fait ce gars à un niveau aussi bas ?) passa en revue notre défense avant de s'écrouler à la Jestrovic (ou Brylle et Brogno pour les plus vieux d'entre nous) devant notre rectangle. L'arbitre, un certain Smeets (qui demeurera durant tout le match un parfait exemple de home referee tant sa partialité envers nos hôtes fut crasse), se laissa berner et accorda injustement un coup-franc plein centre, hélas lourd de conséquence. En effet, Belme le botta sur la droite de Nicola Hatefi qui avait bien anticipé et allait facilement capter le cuir, mais le shot fut dévié par la tête du grand Haïdara et le ballon roula calmement dans nos filets de l'autre côté : 1-0 après moins d'une minute, difficile de commencer plus mal ! Au lieu de se liquéfier comme ils l'auraient sûrement fait en début de saison, nos joueurs se rebiffèrent de suite et monopolisèrent tant et plus la possession de balle. On aurait pu obtenir un pénalty quand Frédéric Tuta fut accroché par un défenseur alors qu'il allait défier le gardien adverse, mais l'arbitre ne le vit bien sûr pas comme nous. Si le cuir circulait bien et vite en nos rangs, le manque d'appui n'avantageait pas du tout l'équipe qui faisait le jeu et on ne se créa plus de franches occasions. Nos hôtes, quant à eux, ne passèrent quasi jamais le centre du terrain si ce n'est à la 44ème où ils obtinrent un nouveau coup-franc aux abords de notre rectangle : jackpot ou hold-up, en tous cas Charlier le plaça imparablement en pleine lucarne et Nico ne put que l'effleurer : 2-0 au repos, battu sur deux coups-francs aux première et dernière minutes alors qu'on avait affiché un pourcentage de possession de balle à la Barça !

Le froid nous avait tellement tenaillés qu'il ne demeura pas une seule âme dans leur tribune métallique durant tout l'entracte, direction la chaleur vivifiante de la buvette d'où les trois quart suivirent d'ailleurs le second time. On démarra la seconde mi-temps pied au plancher et on se créa deux grosses opportunités de recoller au score. Suite à un bon centre de Mc Mahon, Cédric Tuta piqua bien trop sa tête alors qu'il se trouvait au petit rectangle. Ensuite, David, esseulé sur la droite face au gardien, catapulta le cuir dans le filet latéral qui, sous l'effet d'optique, nous fit croire au but et entraîna des cris de joie qu'on dut bien vite étouffer hélas. Les minutes s'égrenaient mais nous ne nous créions plus de franches occasions malgré un Vincent George régnant en maître sur la pelouse : combattivité, maîtrise, technique, récupération, relance, devant, au milieu, derrière, il était partout et toujours à point nommé ! Franchement, pour suivre fréquemment le Brussels, ce n'était vraiment pas la peine d'aller chercher cher et vilain des mercenaires étrangers pour cette position, l'infatigable Vince The Prince est bien meilleur qu'eux et, surtout, c'est un véritable clubman qui se bat pour ses couleurs de la première à la dernière seconde avec toujours la même hargne, bravo encore une fois à lui ! Bien entendu, ce qui devait arriver arriva et, sur une percée de Gallucci, s'en suivit un centre à ras-de-terre qu'aurait dû facilement maîtriser Nicola mais, suite à une incompréhension avec Alageyik, il ne bougea pas et la fourmi Lorenzon s'immisça entre nos deux joueurs pour tranquillement pousser le cuir au fond : 3-0 à la 74ème. Nous allâmes boire le calice jusqu'à la lie quand 4 minutes plus tard le partial échalas en jaune qui servait de 12ème homme à nos adversaires brandit un second bristol jaune synonyme d'exclusion à l'infortuné Haïdara pour une légère et ridicule touchette. Si ce match était déjà cuit, archi-cuit et carbonisé, la puissance de Sheriff aux côtés de Vincent nous manquera cruellement samedi contre Huy ; espérons qu'elle ne soit pas dommageable ! Nous avions déjà quitté notre tribune pour regagner la buvette quand Lorenzon donna au score son allure définitive dans l'indifférence générale : 4-0 à la 94ème ! Nous regoutions ainsi à la défaite, sentiment désagréable dont les saveurs indigestes et amères nous étaient devenues inconnues depuis l'intronisation de Patje…

L'ambiance à la buvette ne fut évidemment pas celle que nous espérions, compte tenu du score, mais ce détour nous permit tout de même de faire connaissance avec Mamadou Diaby, notre nouvelle recrue arrivée en droite ligne du club qatari du " Lion de Rekem " dont la crinière est désormais argentée (Eric Gerets, pour les plus jeunes lecteurs). Petit, mais apparemment (suivant les dires d'Ilir) aussi technique que Messi et rapide que Bolt, il devrait nous valoir de grosses satisfactions. Croisons les doigts pour qu'il en soit ainsi et surtout qu'il soit suivi de quelques autres renforts nous permettant d'atteindre la grande quête finale qu'est notre maintien en D3 ! Prochaine étape si Zeus ou Taranis calment leurs ardeurs : 3 indispensables points ce samedi soir et une revanche sur Huy où nous fûmes battus par un arbitre de carnaval sur un pénalty imaginaire, mais aussi sur leurs entraîneurs avec qui nous nous fritâmes (surtout Dikke) à la fin du match alors qu'ils se désaltéraient avec arrogance près de notre buvette…

(Texte de Zob, Photos de Nicole Timmermans)