KSV ROULERS - FC BRUSSELS

1 - 1

(22) Sa 16/02/2013 / KSV ROULERS - FC BRUSSELS 1-1.

Baguette, El Banouhi, Tunani, Soumah, Vergerolle, Damour, M.Diop, N'Doye (46' Tonini), El Hany (74' Aalhoul), Nahimana (74' Suarez), A.Diop.

CR : Vergerolle (94', 2cj). / CJ : N'Doye, El Hany, Tonini. / Arbitre : De Naeyer. / Assistance : 2500. / Classement : 16è.

80' Declercq (pen) (1-0), 93' A.Diop (1-1).

Bien prévenus via Sonja sur le site officiel, les courageux supporters Molenbeekois ne devaient plus emprunter leur tribune habituelle ce samedi soir, mais se présenter à l'entrée principale du Schiervelde où les supporters home-away seraient donc mélangés (nous fûmes d'ailleurs verbalement et amicalement prévenus par les spotters que la première incartade équivaudrait à un beau courrier à en-tête du ministère de l'intérieur) ! Et pourquoi donc ? Ben figurez-vous que les dirigeants locaux, en guise d'économie, ne voulurent pas payer une personne pour s'occuper du guichet visiteur où ils ne tablaient que sur une trentaine d'âmes. Bien mal leur en prit puisque nous fûmes bien plus nombreux que récemment, certains étant sans doute aussi alléchés par les pétrodollars Dubaïotes qu'un arbitre belge par un maillot pourpre au stade du Grand Corrupteur ! On me confia sous le manteau (en fait, 6 personnes différentes à des moments aussi divers que variés, c'est fou comme c'était top secret) que les investisseurs étaient bel et bien réels, qu'ils ne sortiraient officiellement du bois que dans une quinzaine de nuits, mais qu'ils avaient déjà dilapidé la bagatelle d'1 million et demi d'euros dans le club… le hic étant que le sauvetage serait la condition sine qua non d'une plus grande implication l'année suivante, sans cela bye bye hasta luego punt aan de lijn ! Détour de reconnaissance préalable à la splendide buvette où mes congénères dégustaient tous de la Rodenbach en gobelets. N'aimant pas ce breuvage hâlé, j'optai plutôt pour un de mes petits caprices houblonnés préférés, une Duvel. Le barman parut fort embêté : étant un supporter Molenbeekois, et donc à risque (mais bien sûr !), il ne pouvait ni me mettre de verre ni la bouteille. Il s'amusa donc à déverser équitablement les 33 centilitres de ce divin breuvage dans… 2 gobelets en plastique… beurk, je n'allais même pas récidiver cette expérience blasphématoire par la suite ! Direction ensuite notre tribune assise obligatoire où je fus surpris par les sièges étroits, tous équipés d'accoudoirs fixes.

Ambiance contre-espionnage au Schiervelde : on nous distribue une feuille de match surréaliste avec plein de néophytes dont le nom est suivi de points d'interrogation, des liens de filiation imaginaires et même des joueurs titulaires qui n'avaient même pas fait le déplacement ! Pourquoi me direz-vous ? Ben, parce que notre direction a joué l'intox à outrance en certifiant fallacieusement que les 4 derniers joueurs non qualifiés contre l'Antwerp ne l'étaient toujours pas… alors qu'ils l'étaient bien sûr tous ! Ce subterfuge digne de Margaretha Geertruida Zelle ou de James Bond devait logiquement empêcher l'entraîneur adverse de préparer sa rencontre et calquer sa technique sur la nôtre… mais vu que personne dans le Royaume ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam un seul de ces néo-Sénégalo-Molenbeekois, j'en cherche franchement encore la raison profonde !?! Toujours est-il qu'en effet, tout notre container de nouveaux arrivés se retrouva à même la pelouse Roularienne dès le coup de sifflet initial. Bigre, on m'avait prévenu, j'allais voir ce que j'allais voir, c'était tous des dieux du stade en attente d'inauguration sur le Walk of Fame qui devrait sous peu remplacer le boulevard Machtens. D'ailleurs, on allait sûrement également remporter haut les studs la troisième tranche synonyme de tour final… Première constatation humoristique d'usage, on jouait bien en rouge et noir… sauf Baguette et El Banouhi (pour ceux qui n'auraient pas compris, nos maillots tout comme nos shorts étaient bel et bien d'un rouge intégral).

Nos joueurs prirent de suite les affaires en main en repoussant les visités dans leur camp. On domina certes mais le dernier geste, voire même l'avant-dernier, pointait toujours aux abonnés absents… comme avant ! La tactique semblait simpliste et bourrée de carences : les flancs de l'entrejeu ne participaient jamais en reconversion défensive (et nos défenseurs Soufiane et J-C furent donc souvent mal pris entre deux feux) tandis que le centre de notre entrejeu ne participait que trop peu et de trop loin à la reconversion offensive (laissant du coup le pauvre Robinson Amady Crusoë Diop bien seul très loin sur son îlot désert). On obtint notre première (et dernière) occasion 5 étoiles au quart d'heure : El Banouhi centra pour Nahimana qui remit en retrait un caviar à un Amady isolé au petit rectangle et qui tua 3 canards qui volaient en escadrille serrée bien haut dans le ciel. C'était inratable pourtant ! Cinq minutes plus tard un centre au cordeau du même Nahimana ne trouva pas preneur, c'en était tout pour nos velléités offensives, déjà ! Le match baissa en intensité sauf pour l'arbitre qui dégaina les bristols jaunes plus vite son ombre. Toutefois, Loïc Damour fut clairement sa bête noire car, malgré un nombre innombrable de fautes commises sur sa personne, jamais il n'obtint le moindre coup-franc ! A la mi-temps, N'Doye, qui ne récolta heureusement qu'une jaune après un tacle appuyé les deux pieds en avant dans les toutes premières secondes et flirta très souvent avec la deuxième, fut remplacé par un Tonini qui ne réussit jamais à forcer notre destin. Sur leur première incursion dans notre rectangle, le tir de Di Lallo heurta chanceusement notre piquet, un frisson parcourant nos échines. On crut que tout deviendrait plus facile à la 53ème quand Euvrard annihila un contre rondement mené en commettant l'irréparable. En supériorité numérique, c'est sûr, on allait enfin prendre l'avance au marquoir… que nenni ! Le match devint haché (de cheval ?) mais, alors que Roulers jouait fréquemment à 10 dans son rectangle, nous ne déléguions que la moitié de ce contingent au même endroit, incompréhensiblement frileux ! Nous ne dénombrâmes même pas une seule occasion à notre tableau de chasse en seconde mi-temps. Romain Haghedooren se rappela à notre bon souvenir en envoyant Tonini dans les balustrades d'un coup d'épaule plus que viril et en multipliant les petits gestes énervants à l'égard de ses anciens équipiers ou supporters qui ne se privèrent pas de lui ristourner toute sa gouaille, ce fut amusant et de bonne guerre. A 16 minutes du terme, Zaiour nous surprit tous (et soulagea plutôt les Roulariens) en remplaçant incompréhensiblement Nahimana et El Hany par Aalhoul et Suarez. Nous ne fûmes ensuite plus nulle part de chez nulle part, des zombies sur le terrain ! Comme de bien entendu, ce qui devait arriver arriva inéluctablement : Damour trébucha sur le ballon dans notre rectangle, se le fit chiper par Bounha qu'il accrocha ensuite, pénalty indiscutable et indiscuté ! Baguette fut imparablement pris à contre-pied : 1-0 à la 80ème pour nos hôtes qui prestaient en infériorité numérique depuis près d'une mi-temps ! Je vous dirais bien qu'ensuite on se rua à corps perdu à l'assaut du but flandrien, mais ce serait prendre de grandes largesses avec la vérité vu qu'on continuait à faire circuler le cuir à 50 mètres du but sans aucune percussion. Avouons-le tout de go : si on revint finalement au score, on le dut beaucoup plus à un coup de bol inouï de nos ouailles qu'à leur minutie tactique saupoudrée de technique. En effet, on entamait la troisième minute des arrêts de jeu quand un de nos Sénégalais (je ne sais lequel) croqua totalement son shot (style à 90°) qui par hasard trouva la tête d'un autre Sénégalais (idem j'ignore lequel) qui remit dans l'axe pour Amady Diop (je vous laisse deviner sa nationalité) esseulé devant le gardien à qui il ne laissa pas l'ombre d'une chance : 1-1, une égalisation sur le fil mais qui, de toute façon, s'avère bien insuffisante vu les forces en présence et cette longue supériorité numérique ! JCV (pas D) récolta même un second carton jaune (qui le privera de la venue de Westerlo) à la 94ème et on joua la dernière minute à 10 contre 10 !

L'arbitre mit enfin un terme à ce très mauvais match et l'ambiance fut très mitigée : ouf pour le point pris, mais notre entraîneur dut sévèrement souffrir d'atroces acouphènes tant ses oreilles durent subir les quolibets vindicatifs de son propre camp. " Comment arriver à gagner un match avec ce mec ? Impossible ! " " Il a assassiné ce match avec ces remplacements ridicules ! " " J'ai jamais vu un aussi mauvais tacticien que lui, il ne sent vraiment pas le foot. " " Avec lui, on va en D3 c'est sûr, il ferait descendre le Barça ou la Juventus aussi, tant il est incapable. " " Il ferait bien de dégonfler son cou pour pouvoir à nouveau se regarder dans la glace. " C'était un vrai déluge et tous les supporters avaient visiblement accordé leurs violons sur le responsable tout désigné de ce désastre ! Quand on sait que St Nicolas a gagné et qu'il ne se situe désormais plus qu'à 2 points de nous avec 1 match de moins au compteur, une place de descendant direct nous fait actuellement les doux yeux ! Il convient de se ressaisir, mais c'est Westerlo et Papy Goor qui pointent désormais leur nez au Machtens ! Soyons clairs, après un match extrêmement prometteur contre l'Antwerp, notre équipe a aujourd'hui remontré tous ses travers qu'on lui connaissait depuis des lustres et qu'on espérait définitivement ensevelis sous les dunes d'un désert arabe. Il faut maintenant des victoires car avec des nuls on n'avance pas ! Avons-nous un entraîneur capable de relever ce défi ? Là est la toute question, actuellement sans réponse ! Et dire qu'il y en a qui se sont tapés 250 bornes, 15 euros d'entrée et de la Duvel en gobelet plastique pour ça, pauvre de nous !

(Texte de Zob, Photos copyright de www.ksvr.be)