FC BRUSSELS - SK ST NICOLAS

1 - 0

(28) Me 27/03/2013 / FC BRUSSELS - ST NICOLAS 1-0 (match reporté du Sa 12/01/2013).

Van den Eynde, Nollevaux, Tunani, Habarugira, Renaut, El Banouhi, Bonnes (57' Virgone), Nicaise, Aalhoul, Gounongbe (90' Eyenga Lokilo), Nahimana (89' Bilgic).

CJ : Nollevaux. / Arbitre : Saadouni. / Assistance : 400. / Classement : 15è.

83' Nahimana (1-0).

JV fut à nouveau la star de l'avant-match tant les commentaires aussi divers que variés fusèrent quant aux malversations dont la presse autant nationale que régionale l'accable, à savoir le détournement de subsides régionaux, la construction d'une tribune sans permis de bâtir, des manquements par rapport aux cahiers de charge et des factures d'eau impayées depuis près de 10 ans… mais, et ce n'est pas mon habitude pourtant, là je n'accablerais pas intégralement notre ex-dirigeant qui, soyons clairs, n'aurait jamais pu effectuer tout ce mic-mac Lupinesque sans l'aveuglement total (et volontaire) de l'ancienne équipe dirigeante de la commune. Il se chuchotait même via radio gradin que ces subsides n'étaient par exemple jamais arrivés jusqu'au Stade Machtens et auraient disparu de la nature en sortant du Comte de Flandre ?!? Deux choses sont en tous cas sures : l'ancienne direction commune ne peut être que seule coupable ou du moins complice de ces faits graves, et la nouvelle équipe dirigeante n'en a rien à cirer du football ! Jamais l'expression " match à 6 points " n'aura autant collé à la réalité. Si ce match, initialement prévu début janvier, avait pu constituer un beau cadeau de St Nicolas à l'époque, on en était maintenant arrivé aux œufs en chocolat de Pâques (pour moi ce seront les Milka croquants au lait, emballage rouge, merci). Toutefois, cette remise accoucha bien vite d'une polémique grâce aux séniles législations de l'Union Belge. En effet, il appert que lorsqu'un match est remis alors qu'on en a déjà disputé l'intégralité de la première mi-temps, les tickets du jour deviennent aussi obsolètes que caduques et il convient donc de racheter un second sésame le jour du second match… et la recette est partagée entre les deux clubs ! Donc, non seulement certains avaient dû payer 15 euros pour 45 minutes de match aussi insipide qu'exécrable (remember), mais ils devaient en plus réitérer ce débours, sans compter tous les autres frais annexes doublés. Après avoir tenté en vain d'infléchir les deux clubs pour des tickets gratuits (du moins pour ceux qui s'étaient déjà tapé ce simili match début janvier), tout le kop décida donc de boycotter la rencontre et le Bloc A ressembla encore plus à un désert aride et glacial que d'habitude. On est bien loin des actions 3 tickets gratuits pour chaque abonné afin de venir soutenir l'équipe en masse d'il y a 2 ans. Bien que La Capitale annoncera sûrement et comme d'habitude le double de cette assistance, nous ne devions pas être plus de 300 disséminés ça et là dans notre stade (dont moins de 30 visiteurs si mes lunettes sont toujours correctes). C'est pas compliqué, nous n'étions finalement que trois de la Old School des années 80, merci à Eric V et Speedy de ne pas m'avoir laissé tout seul dans ce stade qui, même vide, demeurera toujours le plus beau de tous à mes yeux !

Toujours privés de nos corsaires du mercato ainsi que des moussaillons ayant été débarqués du navire en cours de route, la galère du Brussels avait bel et bien dû rassembler tous ses rameurs pour le second des trois matches " spéciaux ". Entre-temps, on en était déjà aux cinquième et sixième (deux pour le prix d'un !) capitaines de frégate, excusez du peu, vu qu'aux Zaiour, Beugnies, re-Zaiour et Nicaise succédaient le duo des inconnus (bientôt un trio ?) Moïse Boissy (T2) et Mohamed Reda Acimi (Trainer des gardiens). Si Acimi passa tout le match debout à l'extrême limite de son rectangle, Moïse se calfeutra bien au chaud sur le banc. Moïse n'écarta qu'une seule fois les eaux de la Mer Rouge pour donner à David Habarugira une nouvelle paire de chaussures. Bien entendu, pas question d'une compo du Brussels sans aucune surprise. La surprise du soir fut l'apparition d'un 47ème (!!!) joueur cette saison, un petit jeune à nouveau inconnu au bataillon mais qui avait apparemment l'avantage d'être un vrai back gauche, un certain Edouard Renaut, au physique habituel de tous nos valeureux jeunes (petit et frêle), à croire qu'on les clone en batterie ! Dès les premiers échanges, on comprit vite que les 22 acteurs étaient totalement tétanisés par l'enjeu de ce match de la peur, voire de la mort pure et simple. Non seulement, on n'eut jamais la mainmise sur le match, mais on leur laissa la possession de balle et on ne se créa au grand jamais une occasion digne de ce nom. Soyons clairs : on s'est emmerdés sec ce mercredi soir au Machtens. Certes, la volonté et l'engagement y étaient, à l'instar d'un Captain Soufiane taille patron, mais la peur d'encaisser fut bien plus forte que l'envie de se découvrir pour scorer. Vers la 7ème minute, on eut droit au commencement du Nahimana Show, ce qui tint le stade en haleine jusqu'à la 83ème minute, le sortant de sa très longue léthargie. Sur un corner, Christopher récupéra le cuir à la limite du petit rectangle et canonna très puissamment… à côté ! Ensuite, il nous démontra que, même pour monter dans le train aux Guillemins, son pied droit ne devait pas lui servir à grand-chose. Il trébucha aussi tout seul à un moment sans ballon ni adverse dans ses parages, créant une hilarité générale ! Enfin, bien qu'il devait au bas mot mettre 3 secondes aux 100 mètres dans la vue de tous les défenseurs du Grand Saint, il fut sans cesse sifflé hors-jeu par manque de concentration (ou réflexion). Toutefois, il nous fit finalement passer de la cave au grenier, passant de zéro à héros, mais n'anticipons pas, revenons-en vers le milieu de la première mi-temps lorsqu'une excellente passe de Bonnes isola Gounongbe qui s'en alla défier le gardien adverse mais que Saadouni (le pingouin de service) stoppa net dans son élan en sifflant incompréhensiblement un hors-jeu totalement inexistant ! On venait de passer à côté de notre plus belle occasion du match, il n'y en aura plus par après ! Même si la position à gauche de Gounongbe ne lui sied pas parfaitement, force fut de reconnaître qu'il fut de toutes nos actions offensives dignes de ce nom. Il rabattit ainsi le cuir pour Aalhoul qui ne cadra pas sa violente reprise et se chargea de botter un coup-franc à un petit mètre du poteau. Aucune velléité offensive de nos visiteurs à signaler lors de ce premier time. On n'eut vraiment pas besoin de profondément se creuser les méninges pour savoir pourquoi ces deux équipes luttaient laborieusement pour leur survie en D2 tant le " spectacle " proposé sous nos yeux ébahis fut insipide, incolore, inodore et transparent de médiocrité crasse !

Notre benjamin Renaut se débrouilla comme il le put : s'il se compliqua trop la tâche au début en voulant construire et qu'il se fit alors systématiquement contrer, il presta bien plus simple ensuite en jouant en première intention et se coula alors dans le béton de cette excellente défense que tenaient les Jérôme, David et Kevin à ses côtés. Elle fut en plus impeccablement supplée sur toutes les phases arrêtées adverses par le front de Gounongbe qui attira tous les ballons comme un aimant ! Si on n'avait jamais tremblé lors de la première mi-temps, il en alla tout autrement ensuite avec la montée au jeu de l'ancien Télétubizien Mbayo qui y alla d'un slalom avant de voir son envoi sauvé du pied par Sébastien Van den Eynde qui s'était tenu éveillé comme il pouvait lors des 50 minutes initiales. Notre Seb se chargea encore de sauver les meubles sur un centre au cordeau de notre bonne vieille connaissance qu'est le très sympa et apprécié Jonas Vandermarlière. De notre côté, que dalle à se mettre sous les yeux jusqu'à l'entrée au jeu du déroutant Alessio Virgone en lieu et place (mais c'est bien sûr) de Bonnes. Alessio se promena latéralement, mettant ses adversaires dans le vent, et adressa le cuir au jeune Renaut qui centra en un temps vers le front de Gounongbe. Le gardien adverse alla au contact, mais n'arriva pas à boxer le ballon que Gounongbe dévia vers Nahimana qui poussa tranquillement celui au fond des filets adverses entre le dernier défenseur et le poteau. Ce ballon nous sembla mettre une plombe avant de passer la ligne fatidique mais il la franchit en même temps que la liesse dans le stade. Merci au gardien en tous cas de nous avoir offert ce cadeau de St Nicolas à Pâques et surtout à l'abnégation de nos deux attaquants sur cette unique occase du second time : 1-0 à sept minutes de la fin ! Evidemment, ces 7 minutes finales nous parurent 7 années, mais il fallut à nouveau une étincelante claquette de Seb sur un puissant shot de Devos juste sous sa transversale. A l'ultime minute, Gounongbe et un costaud défenseur adverse se télescopèrent dans les airs. Visiblement, la caboche de Fredje était bien plus solide que celle de Gaye qui tituba un long moment avant de reprendre part au jeu alors qu'il avait déjà été remplacé durant sa perte de connaissance. Ainsi, notre kop signala avec véhémence au ref qu'on n'était pas prêts à offrir à St Nicolas l'autorisation de jouer à 12, et Gaye fut prié de rejoindre son banc juste avant que l'arbitre ne mette fin à notre calvaire sur une victoire inespérée au vu de la seconde mi-temps, mais ô combien importantissime ! Finalement, si à chaque fois qu'on joue aussi médiocrement on remporte les 3 points, au vu de notre situation chiffrée actuelle, je signe de suite ; le beau foot, ce sera quand on sera mathématiquement sauvés après tout ! Quand on y réfléchit, après 70 excellentes minutes à Boussu-Dour et cette victoire contre un concurrent on ne peut plus direct, nos survivants d'avant-mercato auront accumulé le même nombre de victoires (1) en 2 matches que les renforts d'après-mercato en 6 joutes ! Je suis déjà curieux de connaître la compo qui résultera du mix de ces deux équipes lors de notre prochain derby contre le White Star qu'il serait enfin temps de battre tant que c'est encore possible.

On fêta cela calmement et assis (c'est fou la place qu'on avait au socio) avec quelques petites bières en nous narrant nos vieux souvenirs avec Speedy, Stefan et Aurélien, mais j'en connais un qui a fêté cela bien moins dignement côté business. En effet, notre inénarrable et incomparable (ex ?) président offrit à nouveau un show digne de ses plus grandes heures. Dans un état d'alcoolémie sans aucune possibilité de retour à la case départ, il écuma chope sur pils, brisa des verres et balança encore quelques grossières âneries à un journaleux flamand qui ne se fit pas prier de vitre publier le tout dans son torchon ! Même quand tout va anormalement bien, ce triste sire arrive une nouvelle fois à tout gâcher en plombant une ambiance pourtant enjouée ! Ce mec arriverait à pousser au suicide le grand gagnant de l'euromillions. Espérons juste qu'il s'agisse définitivement de l'ultime sortie médiatique de notre bouillant entrepreneur avant qu'il ne rentre enfin dans l'ombre et qu'on puisse tous sabrer le champagne ! Entre-temps, comme disait notre bon vieux Raymond : " du calme dans la baraque, fieu ! ".

(Texte de Zob, Photos de Sébastien Sterpigny)