HOOGSTRATEN VV - RWDM BRUSSELS

2 - 2

(4) Me 04/09/2013 / HOOGSTRATEN - RWDM BRUSSELS 2-2

Sourzac, Nollevaux (66' Lkoutbi), Labor, N'Diaye, Cabeke, Nicaise (55' Doudouh), Camara, Seoudi, Bouyfoulkitne (46' Bellia), Somé, Gounongbe.

CJ : N'Diaye, Doudouh. / Arbitre : Deckers. / Assitance : 700. / Classement : 3ème.

29' Schrauwen (1-0), 34' R.Van Der Linden (2-0), 71' Somé (2-1), 93' Gounongbe (pen) (2-2).

Au surlendemain de la clôture du mercato d'été qui nous vit pallier les départs (forcés) de Kargbo et Hercor par les Wesley Yamnaine (un défenseur gaucher français de 20 ans au CV déjà impressionnant) et Badou Kéré (l'ex-défenseur carolo recordman des cartes rouges mais dont le physique et l'expérience rappellent point pour point notre désormais ex-Ibou), un lointain déplacement à Hoogstraten nous attendait du côté de la frontière Batave !

Mon GPS m'indiquant l'obligation de passer par Bruxelles pour me rendre à Highstreet, je me décidai donc à tester une fois le bus pour afficher ostensiblement mon soutien aux efforts de Kriske et Jerre. Faut dire que pour les Bruxellois, payer 8 euros aller-retour pour se rendre en déplacement sans aucun souci logistique, est vraiment THE solution ! Etant Bob pour le retour ensuite en province, je ne souscrivis pas au tarif VIP (10 euros et boissons à volonté durant les deux trajets) qui eut un indéniable succès, ben tiens ! Pour moi qui n'avait plus pris le bus scolaire depuis plus d'une décennie, ce fut plus qu'un choc thermique : fini les embruns aromatiques, les pogos, les chants de voix graves, la musique à tue-tête, les draches de canettes sur 15 mètres, les culs aux fenêtres, les rires bien gras, les écharpes et drapeaux dans tous les sens, les blagues graveleuses, la porte ouverte, les WC inondés, le vomi, les arrêts pillages, les positions scandaleuses, un bus qu'on se demande encore comment il passe au contrôle technique sans une énorme enveloppe sous le bureau, etc… non, rien de tout cela, tout le monde reste bien sagement assis à sa place (sauf pour venir quémander quelques breuvages au point d'eau salvateur), le bus est d'une telle qualité que c'est également celui utilisé par nos joueurs, personne ne fume à l'intérieur, c'est à peine si Mike (évitez à tout prix de vous trouver juste devant lui dans le car sous peine de voir vos deux tympans irrémédiablement percés) se permet de péter toutes les 10 minutes (et croyez-moi, les sourds en profitent aussi !). Notons aussi la très sympathique présence du très agréable paternel d'Abdelmajid Doudouh.

Nous voici enfin dans ce bucolique stade campagnard que n'aurait point renié Zizou et on s'aperçoit que la tribune latérale debout est commune aux deux clans, même s'il nous est toutefois demandé de nous placer après les 4 stewards qui serviront de frontière au beau milieu de cette tribune… j'ai hâte de voir les hordes du Great Old débarquer là-bas pour leur derby ! On commence à être tellement nombreux (tout est relatif, bien sûr, mais l'an passé on était parfois moins de 15) aux matches qu'on s'aperçoit finalement le lendemain matin sur facebook qu'un tel ou un tel étaient aussi du déplacement ! Beugnies avait apparemment décidé d'aligner la même équipe de départ que contre Virton une petite centaine d'heures plus tôt. Nous pensions franchement tous qu'on s'y rendait pour gagner face à une équipe faisant le gros dos et on ne comprit donc franchement pas pourquoi on commença à nouveau avec deux demis défensifs et sans la créativité et les infiltrations de Doudouh, incompréhensiblement snobé alors qu'il est le seul à pouvoir mettre un minimum de trois hommes dans le vent dans un espace aussi réduit que confiné! On comprit bien vite que, notre équipe disposée de la sorte, nous n'y arriverions jamais (c'est comme prendre un rebond à Wilt Chamberlain ou Dennis Rodman tout en mesurant 160 centimètres les bras levés !). La paire Labor-N'Diaye fut à nouveau impériale et Geoffrey arpenta son flanc gauche avec maestria. Le sacrifié du jour au poste de back droit fut à nouveau le pauvre Jérôme parachuté là alors que sa présence au milieu de notre entrejeu aurait pu permettre à ce dernier de ne pas être autant dominé ! En effet, si Camara fut à nouveau le leader incontesté et incontestable, au four et au moulin, à gauche à droite, devant derrière, force fut de reconnaître que les Bouyfoulkitne, Seoudi et Nicaise furent complètement invisibles, mis sous éteignoir par 2-3 adversaires exerçant un pressing de tous les instants sur le porteur du ballon. Les pauvres Somé et Gounongbe semblaient bien loin perdus sur leur île déserte ! Sommes-nous crus plus beaux qu'on était ? Avons-nous pensé qu'il suffirait de paraître pour remporter la mise ? Si stars il y eut durant cette première mi-temps, ce furent plutôt des éphémères starlettes de téléréalité ! Il faudra vraiment que certains réenfilent leur bleu de travail et se remettent en tête qu'on lutte, jusqu'à preuve du contraire, pour le maintien !

Nous ne dénombrâmes qu'une seule occasion durant cette calamiteuse première mi-temps, des œuvres de l'insaisissable Somé qui se heurta au gardien local sorti bien à propos. A la demi-heure, les locaux obtinrent un corner lourd de conséquence. Assez bizarrement, alors que nous ne comptions pas que des tours en nos rangs, la défense s'aligna en zone (ce système de merde qui coûta la qualif de l'Euro aux Diables Rouges contre l'Autriche, remember) permettant donc aux adversaires d'arriver lancés en pleines course et puissance. Bien entendu, Schrauwen plaça son heading sans être le moins du monde dérangé face à une défense amorphe et un Sourzac loupant sa sortie : 1-0 donc ! Je m'attendis à voir rentrer Abdelmajid, mais non ! Cinq minutes plus tard, les locaux bénéficièrent d'un second corner et nous n'avions ni retenu la leçon ni adapté notre défense, et donc 2-0 à 10 minutes de la mi-temps. Je m'attendis alors à voir rentrer Abdelmajid, mais non (c'est pratique les copier-coller !). On traîna donc notre ennui jusqu'à la mi-temps où on ne trouva plus personne d'assez fou pour oser espérer un retournement de situation.

Quand les joueurs remontèrent sur la pelouse, je m'attendais à voir rentrer Abdelmajid, mais non (me répèterais-je ? Ca doit être l'âge !), ce fut Bellia qui doubla un Hamid peu inspiré ce soir. Mais pourquoi donc changer une équipe où tout tourne si bien ? Avouons que notre trainer ne possède pas encore tout à fait la réactivité hypodermique d'un Mourinho, mais ô miracle, à la 55ème, l'illumination lui tomba dessus comme une énorme météorite, et Abdelmajid (oui, oui) remplaça un Nicaise qui n'a pas encore retrouvé son très bon niveau de la saison passée. Directement, il apporta vitesse et pénétration, ce qu'on aurait pu (et dû) attendre d'un Seoudi encore à la recherche de ses meilleures sensations après un long moment sans compétition. Mais l'homme qui, sans conteste, allait faire basculer le match fut Moussa Traore, le très solide attaquant local, ex-Standardman. Cela faisait déjà belle lurette qu'à chaque possession de balle il faisait admirer la robustesse de ses musculeux coudes aux malheureux plexus, gorges ou nuques de nos joueurs, quand, à la 60ème, alors que le cuir n'était pas à proximité, il récidiva. Dans un éclair de génie qu'il doit tenir d'Afflelou, Pearle ou Optic 2000 (toujours citer 3 marques), le linesman appela le referee pour un petit aparté sympathique. Je crus qu'ils allaient à brûle-pourpoint faire leur coming-out, mais non, vu la chaleur oppressante, ils permirent le plus gentiment du monde à Traore d'aller anticipativement utiliser ses Obao, Head & Schoulder et Nivea Men.

Six minutes plus tard, on décida enfin de jouer le tout pour le tout, on sacrifia le pauvre Jérôme (mais quand donc pourra-t-il regoûter au demi-def ?) pour faire rentrer le technique Lkoutbi et jouer à 3 en défense. On ne reconnut alors plus l'équipe de la première mi-temps tant elle devint rapide, fluide et poussée vers l'avant. Si Labor fut à nouveau princier seul dans l'axe, que dire de Yakhouba N'Diaye lorsqu' il retrouva son poste de prédilection ? S'il fut excellent en défense centrale, il fut extraterrestre au back droit, multipliant les appels de balle, les débordements et les centres bien calibrés, équipé de ses 8 poumons : pas de doute, trainer, c'est lui et lui seul notre back droit ! De suite, Lkoutbi obligea le gardien adverse à une sortie kamikaze et Gounongbe plaça une tête un rien à côté de la cage. On ne jouait que depuis 5 minutes dans cette configuration conquérante lorsque le Prince Jérémy 1er y alla d'une aussi longue que précise ouverture vers notre sprinter Somé qui sema défense et anticipa la sortie de Van Bael pour nous redonner espoir : 2-1 à la 71ème. Il nous restait une petite vingtaine de minutes pour réaliser ce qui nous semblait si invraisemblable avant l'expulsion de Traore. Les vagues déferlantes se succédèrent dans le rectangle local et on ne se demandait plus si ça allait rentrer, mais quand ça allait rentrer ! A la 83ème, Genoegbier plaça un magnifique et imparable heading… sur la transversale, marqué pas de chance. Bellia effectua aussi une belle demi-volée hélas centrée sur le gardien, ça chauffait. Les situations confuses se succédèrent dans leurs 16 mètres et Geoffrey y alla aussi d'un missile des 25 mètres que les Américains devraient réquisitionner pour aller en Syrie et qui s'abattit une nouvelle fois sur leur transversale ; le cuir revint sur la tête de Fredje (je crois car ils étaient 3 sur le coup et j'avais oublié mes lunettes dans la Zobmobile à Molenbeek) dont l'essai fut inutilement dévié par le gardien, mais le ballon ne rentra toujours pas dans le goal vu qu'un défenseur s'improvisa volleyeur pour suppléer à même la ligne son gardien irrémédiablement battu. Van Der Linden n'attendit même pas que Deckers lui brandisse le bristol rouge pour rejoindre les vestiaires et son pote Traore à la 93ème minute. Restait juste à convertir cette sanction et Fredje le plaça puissamment dans le coin opposé au gardien : 2-2 sur le fil ! L'arbitre ne nous donna plus l'occasion d'à nouveau porter le danger en terres hoogstratiennes et le score de parité demeura acquis. Sûr que si on avait égalisé quelques minutes plus tôt, on aurait même remporté la totalité de l'enjeu ! Et, pour les statisticiens, sachez que 4 victoires d'affilée à l'entame du championnat, même du temps du grand RWDM ça n'était jamais arrivé… on a failli écrire l'histoire, dommage ! Mais n'ayons pas la tête plus grosse que le ventre, on aurait signé des 10 orteils à la pause pour une telle issue ! On laisse certes filer nos premières unités, mais nous demeurons tout de même invaincus et co-leaders ! A noter la déplorable attitude des "supporters" locaux s'en prenant ridiculement à notre banc et aspergeant nos kinés, petite mentalité !

Direction le car où retentirent enfin des chants à la gloire de notre club… le temps de quitter le stade, et puis basta, le tarif VIP boissons ayant littéralement terrassé la plupart d'entre eux. Juste une bien trop longue pause cigarette-boissons-miam miam-branlette-pipi-caca vers Malines et retour au New Daring vers minuit quart. Vite la Zobmobile et de retour at home à 1h, ravi… et un petit déçu tout de même, comme quand tu dévores une excellente entrecôte de 750 grammes et qu'ensuite tu te demandes quel est le plat principal ?

Les joueurs n'auront pas le temps de chômer avec 3 matches se succédant encore dans la dizaine (et pas des moindres puisqu'il s'agira de 3 clubs autoproclamés favoris pour la montée en D1). Mais d'ici là, si nos nouveaux arrivés sont qualifiés et si (j'adorais ce joueur) Bonnes revient aussi, tu pourrais enfin permettre à certains de souffler quelque peu, de soigner quelques bobos divers et de se ressourcer avant de revenir encore plus forts. Allez, encore deux dodos et direction les champs de Jonagold en espérant déplumer moult canaris locaux !

(Textes de Zob, Photos de Sébastien Sterpigny et www.stades.ch)