WHITE STAR BRUXELLES - RWDM BRUSSELS

0 - 0

(9) Di 29/09/2013 / WHITE STAR - RWDM BRUSSELS 0-0.

Sourzac, N'Diaye, Labor, Kéré, Nollevaux, Nicaise, Camara, Doudouh (90' Bilgic), Lkoutbi (70' Cabeke), Seoudi, Somé (93' Bouyfoulkitne).

CJ : N'Diaye, Somé. / Arbitre : Wouters. / Assistance : 966. / Classement : 6è.

ENFIN ! Oui, enfin ! Cette date que tous les supporters Molenbeekois avaient entourée en rouge gras épais dès la promulgation du calendrier de D2 est enfin arrivée : le 30/09/2013, LE match du premier tour contre les Bico Stars (et plus le White Star Woluwé donc !) à ne surtout pas perdre pour les deux teams tant les directions se haïssent viscéralement. De plus, ce ne sont surtout pas les multiples mouvances (ou lâches désertions) du mercato qui risquaient d'amoindrir les choses, que du contraire. Ainsi, le margoulin carnassier a tout tenté pour mettre à mort le taureau de Ternat en promettant tout et son contraire à moult jeunots naïfs qui doivent maintenant vraiment se demander dans quel attrape-nigauds ils sont bêtement tombés (bah, à part Soufiane, Redouan et Alessio ils seront tous magistralement placés d'ici quelques mois dans d'excellents clubs de promotion ou de P1, bravo pour leur profond sens inné de la perspicacité !). Les regrets sont éternels et le pardon très rare dans cette jungle du foot business moderne pour lequel ils ont délibérément opté ! Un excellent petit récapitulatif proposé par La Capitale cette semaine et que je retranscris pour ceux qui auraient vécu cette entre-saison sur une île déserte dépourvue de journaux, de tv, d'internet, de tam-tam ou de signaux de fumée :

DU RWDM AU WHITE STAR :
Joueurs (19 !) : Redouan Aalhoul, Loic Damour, Amady Diop, Soufiane El Banouhi, Karim El Hany, Ilias Maatoug, Noel Soumah, Mansour Diop, Ousseynou Ndoye, Ibrahima Ndiaye, Harrisson Eyenga-Lokilo, Fernandez Goffin, Boris Kipeya, Adnane Mounib, Gai Nagayama, Brandon Nsingi, Edouard Renaut, Alessandro Virgone et Ilias Zahid.
Direction (3) : Noureddine Zaiour, John Bico et Moise Boassy.
Encadrement de l'équipe (1) : Freddy De Villé.

DU WHITE STAR AU RWDM :
Joueurs (2) : Lanfia Camara et Steve Hercor.
Direction (2) : Michel Farin et Christian Hercor.

Avant le début de saison, cette lutte s'avérait franchement disproportionnée ! Imaginez le combat entre des petits artisans locaux travaillant à l'ancienne d'un côté (du fait main, Môssieu) et de l'autre une grande arnaque sous forme d'enseigne multinationale vendeuse moderne d'esclaves et de rêves déçus (bîjour chef, achète c'est dî bon) à laquelle on n'a finalement échappé que grâce à la vigilance et la méfiance perpétuelles de notre président qui, sur ce coup-là, avait bien gardé ses oreilles dressées et sa truffe humide. D'un côté, on rame chaque semaine pour arriver à mettre 15 noms sur notre post-it tandis que de l'autre il faut un bottin et un programme excell pour trier noms, positions, caractéristiques et photos des joueurs surnuméraires ! Quand on emploie de quoi constituer 4 équipes de mercenaires au bas mot, ça doit être chouette l'ambiance entre miliciens là-bas ; les coups de couteau dans le dos vont vite pleuvoir comme chien galleux incontinent qui pisse dans le Mississipi un jour de crue. D'un côté, un renouveau et une fraîcheur qui ressuscitent un blason et réveillent une envie populaire qui hibernait depuis 11 ans ; de l'autre, on crache même sur la grosse dizaine de supporters restants en reniant sa commune, ses couleurs et son logo, excusez du peu… franchement, ils voudraient vraiment jouer dans un stade vide qu'ils ne s'y prendraient pas autrement (de toute façon, ils le quitteront vite le Fallon, vous verrez… tiens, par contre, si le Van Damme cherche une piste d'athlé ?!) ! Aucun doute à l'orée de la saison pour les rapaces de l'Est de Bruxelles (ou plutôt de Dakar), la D1 n'attendait qu'eux et ils allaient dévorer le malingre et déplumé oiselet de l'Ouest de Bruxelles comme hors-d'œuvre sans même dédaigneusement s'en rassasier ! Rappelez-moi tout de même le classement actuel SVP, merci ! D'ailleurs, les supporters de ce derby ne s'y trompèrent nullement : 690 Molenbeekois contre 90 Woluwéens PAYANTS… "On est chez nous !". Et dire que certains d'entre-nous avaient même préféré l'autre tribune possédant une buvette bien plus avenante, ça frise le ridicule. Dans leur tribunette, quand on en retire les 50 membres de leur direction (qui, d'ailleurs, ne sont nullement regroupés mais plutôt dispersés, comme c'est bizaaaarrr !) et les célèbres invitations, il subsiste dans ce club moins de supporters payants que de joueurs sous contrat pro ! Y avait pas photo, et encore moins au niveau ambiance : zwanze et gouaille d'un côté, mouroir et silence d'hôpital de l'autre… hé oui, " NOTRE ZWANZE N'EST PAS A VENDRE - AGAINST BUSINESS FOOTBALL " messieurs les pétés de thunes du foot moderne ne respectant ni foi ni loi ! We are Molbeek, You are Woluwé Shopping, punt aan de lijn !

Parqué juste devant le stade, 15 mètres à effectuer vers les guichets pour visiteurs (oui, oui, il y en avait bien 2 cette année, on commencera donc le match à l'heure cette fois !) où la longueur de la file me met le houblon aux lèvres ! Petit arrêt obligatoire (même si j'y suis autant à l'aise qu'une frêle souris blanche jetée dans un vivarium) devant la caméra de TV Brussel qui m'avait fixé RDV à 14h25 sur le parking… mais pourquoi pas à l'intérieur du stade ?! Tout simplement parce que Bico & Co ont instauré la même politique dictatoriale vis-à-vis de la presse (écrite, parlée et visuelle, qu'elle soit lue, snobée, écoutée, regardée ou pas) qu'ils avaient tenté d'instaurer l'an passé chez nous et que TV Brussel n'avait donc pas été autorisée à y filmer nos réactions d'avant-match même s'ils en ressortaient avant le coup d'envoi, monopole Belgacon sur le match oblige.

Que de vieilles trognes de retour, une nouvelle fois, ne reste plus pour certains qu'à passer définitivement de l'envie fugace à la passion intense, et le RWDM sera vraiment et définitivement de retour ! Ne nous leurrons pas, le club a vraiment besoin de NOUS TOUS, surtout à domicile (rentrée d'argent frais… pour savoir payer nos joueurs LOL). Fini les places debout derrière le goal, mais toujours ces deux tribunes assises ridiculement basses qui ne permettent pas de voir l'entièreté du terrain si on reste debout (à moins de s'approcher des mensurations aux potes à Blanche-Neige !). Seul avantage, elles résonnent bien : si on a tous pensé apeurés à Furiani sur le coup, elles n'ont même pas pu contenir tout notre contingent et certains ont dû se déployer plus loin, dont notamment la voix de crécelle du Jelle ! Bonne chance lorsqu'ils recevront l'Antwerp ! Les homards n'ayant pu être livrés à temps (copyright Phil le Rosse), la baraque à miam-miam demeura porte close. Comprenant que nous ne partagions pas vraiment les mêmes valeurs que le Woluwéen basique, ils rapatrièrent finalement des bêtes tranches de viande hachée à placer entre deux morceaux de pain en plein milieu de la première mi-temps afin de sustenter les encombrés estomacs Molenbeekois. Comme de bien entendu, et je le comprends aisément vu que tendre gentiment la fesse gauche après s'être fait badigeonner la droite de vaseline est un charabia biblique pour enseignant non laïque, le rancunier (à raison) JV brillait de par son absence, tout sauf une surprise. Ce ne fut pas le cas de Michel Farin qui siégea fièrement en tribune au sein de la direction Molenbeekoise, juste aux côtés de Christian Hercor, autant sarcastique que symbolique finalement ! Nos supporters chantaient déjà depuis 10 bonnes minutes lorsque nos joueurs montèrent sur la pelouse et on déploya alors le superbe tifo des BP05 tout le long de nos deux tribunes, voyez les photos ci-dessus, toute notre pensée y est magnifiquement résumée, du tout grand art ! Didier Beugnies prit bien le temps de la lire et nous adressa immédiatement ses applaudissements. On vit également tous les réservistes se rendre vers leur dug-out maillot sous le bras… même Bilgic, ouf ! Nos valeureux guerriers arboraient quant à eux leur second jeu de vareuses, tout aussi magnifique que le premier (un blanc pour le Racing White et un ligné Noir-Rouge pour le Daring, pas de jaloux !). Notre trainer avait demandé 3 choses à ses joueurs : tenter de revenir avec quelque chose de ce déplacement chez un candidat (auto)proclamé favori au titre, ne pas se blesser car le noyau est plus que light et enfin ne pas prendre de carte rouge en répondant au jeu habituellement plus qu'agressif de nos hôtes… alleluia, il sera entendu et exhaussé !

Le match débuta sur un coup de tonnerre après moins de 20 secondes : une très longue relance du gauche de Kéré démarqua complètement Somé qui, après avoir mis le gardien dans le vent, ne plaça pas assez violemment dans le but et Jonckheere le sauva hélas devant la ligne fatidique. Cette rapide ouverture du score aurait pu nous permettre de suivre un tout autre match et de creuser encore plus le trou avec le septième du classement, il n'en sera hélas rien ! L'infâme Wouters assassina dès la quatrième minute le match de notre pugnace Somé en lui assénant une carte jaune rocambolesque, ce qui l'empêcha les 86 minutes restantes de se battre à armes égales avec son vis-à-vis lui prenant 20 centimètres sous la toise ! On domina tranquillement les échanges durant les 20 premières minutes avant de voir les Bico Stars équilibrer les échanges. On ne dénombrera finalement que deux occasions de Lkoutbi pour nous (dommage que c'était sur son droit), un heading de Diop (dont les coudes très dangereux pour les pommettes adverses font bien 3 mètres) et un nouveau sauvetage sur sa ligne d'El Banouhi suite à une magnifique reprise de Kevin, ce fut tout pour ce match où les tensions des tribunes se déplacèrent bien vite sur le green. Bien sûr, après un léger round d'observation, nos rugueux hôtes se muèrent bien vite en combattants physiques à défaut d'être techniques, et les nôtres obéirent à leur coach (ni carte rouge ni blessé, oui chef !). A croire que ces " vieux " arbitres de D1 ne digèrent jamais de devoir descendre un week-end d'un échelon sans garder leur habituelle manie de toujours vouloir avantager le plus riche car, alors que nous subissions stoïquement l'engagement de nos agresseurs, ce furent bien sûr le nez des nôtres qu'on peignit prioritairement en jaune, honteux… mais tellement habituel (que voulez-vous, on n'a pas un Monsieur François l'embrouille ex-rouche chez nous !). Fait cocasse : on avait déjà entamé la seconde mi-temps lorsque leur 3ème entraîneur de l'année (une sorte de Zaiour cloné, mais équipé de pompes Westons noires cirées par au moins douze costauds paracommandos tant elles reluisaient) sortit calmement des vestiaires, contourna tranquillement le terrain et regagna tout peinard son banc, transpirant de suffisance et d'hautaineté… il ne s'est pas trompé de club, lui, ça c'est sûr !

Certains de nos joueurs (et même notre trainer d'ailleurs) qui avaient été l'an passé snobés et même jetés aux oubliettes par Bico & Co affichaient bien entendu une motivation toute revancharde, comme on les comprend (n'oublions jamais que, sans leur bonne volonté, leur jusqu'auboutisme voire leur sacrifice, le RWDM aurait recommencé en D3 cette saison !). Notre Martin passa un match on ne peut plus calme, toujours aussi bien protégé par ses collègues défensifs. N'Diaye un peu moins inspiré que de coutume ne connut que 3 minutes de frayeur lors de la montée au jeu d'El Hany avant de le placer sous son joug, Kéré fut tel un roseau mais avec le diamètre d'un baobab (il plia parfois mais ne rompit jamais), Jérôme the clubman fit montre d'un métier et d'une intransigeance dégoulinants de facilité, The Prince Labor fut une nouvelle fois indescriptible, bien au-dessus des superlatifs connus et reconnus (n'est-ce pas De Carvalho ?), tandis que Kevin Nicaise et Lanfia Camara (comment un "makelaar" comme Bico a-t-il pu passer à côté d'un tel joyau ?) furent excellentissimes défensivement, ratissant tant et plus tout en donnant de l'air quand et où il le fallait. Ce fut en fait clairement au niveau créatif qu'on afficha toutes nos carences. Ainsi le technissime Abdelmajid, le robuste Sami et l'inépuisable Ibrahim eurent beau se démener comme de beaux diables, ils n'obtinrent que peu de ballons réellement exploitables, sans doute dû au match de moindre envergure de Mickaël Seoudi qui, acceptons-en l'augure, se vengera dès dimanche prochain contre Dessel. Quand je vois tous nos centres n'ayant jamais trouvé preneur, je demeure persuadé qu'avec une Fredje Gounongbe retapé on aurait fait bien plus mal à cette défense. A 20 minutes du terme, Geoffrey doubla Sami et nous démontra que, à peine revenue de blessure, sa patte gauche demeurait une valeur plus que sûre de notre groupe (dommage que personne ne put couper son centre tendu au petit rectangle). Bilgic et Bouyfoulkitne relayèrent également Dodouh et Somé dans les arrêts de jeu sans aucune incidence sur le résultat final. On avait vraiment espéré une grande fête du foot pour ce derby Bruxellois, mais la montagne accoucha (comme prévu) d'une souris tant les joueurs furent tenaillés par la vindicte de leurs employeurs arborant glaives, katanas, zulfikars ou autres sabres laser entre les dents ! La fête fut plutôt en tribunes… les nôtres !

Durant toute la rencontre, je m'appliquai à épousseter soigneusement mes lunettes et sérieusement scruter l' "assemblée" dans la tribune en face, à l'affut de dégotter au milieu des quelques écharpes l'un ou l'autre keffieh… en vain ! Toujours aucune trace visible des soi-disant investisseurs dubaïotes derrière lesquels se cache à l'envi le seul et unique omnipotent propriétaire de nos hôtes, l'inénarrable John Bico. Car, franchement, en contemplant leurs 4 équipes A à entretenir, leurs installations vétustes qui ne leur appartiennent même pas, la ferveur de leur nombreux "public", leur vision carrée des choses, leur ostracisme, etc, quel serait l'intérêt pour ces fantomatiques arabes d'investir le moindre dirham dans cette chaloupe ? J'attends vos avis… Du côté des Bico Stars, Soufiane effectua un match quasi parfait (engagement, rudesse, vitesse et coups de patte) tandis que Redouan fut un peu plus discret sous l'éteignoir de notre duo Lanfia-Kevin. Vu l'étroitesse de notre noyau, quelle tristesse de les voir se battre pour un autre club que le nôtre, ils ne dépareilleraient pas chez nous même si leurs remplaçants N'Diaye et Camara n'ont strictement rien à leur envier… mais bon, finalement, c'est leur choix ! Quant aux autres transfuges ayant choisi l'exil volontaire et effectué le trajet ouest-est (en politique c'est plutôt le chemin inverse d'ailleurs), aucun regret à poindre, ils ne renforceraient nullement notre noyau. A noter sans surprise que Redouan et Soufiane se virent tous deux brandir un bristol jaune synonyme de l'envie qui les animait ce dimanche après-midi !

C'est soulagé de ne pas avoir perdu contre notre nouvel ennemi héréditaire (je parle bien sûr de leur "direction" et sûrement pas de leurs sympas supporters) mais tout de même quelque peu chafouin de ne pas avoir plus osé que je rejoignis la Zobmobile et entrepris les 50 minutes de retour. J'entendis ainsi les 2 entraîneurs sur Vivacité alors que je me garai devant chez moi et me dis "quelle énorme différence d'humilité" ! Quand le premier disait posément qu'il était content de son groupe (voir plus haut dans le texte ses 3 objectifs quémandés et obtenus), le second se lamenta qu'ils avaient perdu 2 points tant ils avaient dominé… heu, garçon, faut soit aller d'urgence chez Afflelou soit un suppo une camomille et au lit ! Monsieur Lionel Bah, vous portez admirablement votre nom : Bah (son deuxième prénom est-il Bof ?) ! A noter qu'avec leurs ridicules mesures envers la presse, les pauvres pigistes durent à nouveau attendre près d'une heure avant de pouvoir espérer entendre quelques commentaires d'après-match de l'une ou l'autre Bico Star… les nôtres devaient alors sûrement déjà être en train de caresser leur chien ou siroter une soupe à l'oignon avec leur madame ! Nous n'avons décidément pas les mêmes valeurs… et c'est tant mieux !

(Textes de Zob, Photos de Sébastien Sterpigny)