RWDM BRUSSELS - WHITE STAR

0 - 0

(26) Di 16/02/2014 / RWDM BRUSSELS - WHITE STAR 0-0.

Sourzac, N'Diaye, Labor, Kéré, Habarugira, Cabeke (72' Doudouh), Nicaise (50' Tunani), Nollevaux, Bilgic (67' Issey), Seoudi, Gounongbe.

CJ : Labor. / Arbitre : Bourdouxhe. / Capt : Nollevaux. / Assistance : 1500. / Classement : 6è.

Toujours mue par sa gentillesse aussi légendaire qu'héréditaire, la femme du chef avait donc décidé de délier les cordons de notre bourse afin d'accueillir en grands fastes l'ancien banni à la peau d'ébène qui avait dû s'exiler de l'autre côté du ring dans un club sans histoire, sans âme, sans supporter, sans ambition, sans passé, sans avenir, sans aucun autre dirigeant que lui-même, le nabab de Dakar. Elle avait tout étudié pour ne commettre aucun impair lors des majestueuses orgies culinaires prévues pour l'avant-match comme pour l'après-match. Elle savait que la cuisine sénégalaise était souvent décrite comme la plus riche et la plus variée d'Afrique de l'Ouest, elle savait que la teranga (hospitalité) en était le principe de base, elle savait qu'ils devraient tous se regrouper autour d'un énorme plat unique appelé bol et qu'ils allaient tous piocher à la main ou avec un couddou (cuillère), elle savait que 95% des sénégaulois étaient musulmans et qu'il fallait donc proscrire le porc, elle savait qu'elle devrait s'y prendre très tôt dans la semaine car tous ces mets devaient mijoter très longuement, elle savait tout, elle avait tout prévu !

Pleine de mansuétude, elle avait invité l'entièreté des staffs sportifs, administratifs et commerciaux du Black Star de Bruxelles, soit Bico tout seul vu que tous les autres ne sont finalement que pantins et prête-noms/fonctions à sa botte. Comme première entrée, elle avait prévu une gigantesque Thiéboudienne et avait commandé du Thiof, du Yet et du Mérou bronzé (ça ne s'invente pas !) fraîchement pêchés au large de l'Océan Atlantique, qu'elle voulait agrémenter de riz wolof mariné avec du manioc, de la citrouille, du chou, de la carotte, du navet, de l'aubergine, du persil, des piments, de la tomate, de l'ail et des oignons. Ensuite, elle pensait attaquer un petit Yassa de poulet au mil de derrière les fagots, sans oublier de le noyer avec du vin de palme et de la bière de La gazelle. Enfin, elle comptait les abasourdir avec un Bassi Salté Royal, ce couscous de mil des grands jours qui nécessite moult ingrédients comme du mouton, de la chèvre, des pommes de terre, des patates douces, des haricots blancs, du chou, des carottes, des raisins secs, des dattes, des tomates, etc. Et pour digérer, elle avait bien entendu prévu une quinzaine de samovars de café aromatisés au poivre ! Bigre, ça sentait la réconciliation à 10000 kilomètres !

Dès lundi matin, elle s'était rendue chez Colruyt pour précommander le tout. Malgré les remontrances de Gaïa, imaginez qu'il a tout de même fallu décimer 3 troupeaux de chèvres, 5 cheptels de moutons et 8 élevages de poulet tout en rapatriant 3 quintaux de manioc et de mil pour pouvoir espérer rassasier l'Obélix Depardieu Sénégaulois… mais quand on aime on ne compte pas ! Dès mercredi aux aurores, afin de respecter les 3 jours de " mijotage ", elle avait attendu que les portes de l'hypermarché ouvre, elle avait foncé pour emporter ses 8 palettes de nourriture, elle savait tout, elle avait tout prévu… mais le bancontact refusa hélas la carte de crédit du club pour solde insuffisant, caramba, elle eut beau verser toutes les larmes de son corps, rien n'y fit, encore raté pour le calumet de la paix, il n'y aura donc réception ni avant, ni pendant ni après le match ! Je ne vous raconte pas la tête du magasinier qui a dû reranger cette commande aux frigos ! Je sais pertinemment bien que vous eussiez largement préféré ma romanesque version développée ci-dessus, mais bien entendu, il s'agit comme toujours de pure fiction sortie de mes prolifiques méninges. En réalité, bien plus basiquement, l'aussi belliqueux que rancunier Johan Cochise arborait toujours ses peintures de guerre, tenait fermement son tomahawk dans sa pogne droite prêt à en découdre et ne voulait toujours pas côtoyer l'ogre à la peau d'ébène au sein de son tipi ! Hé bien, pincez-vous si vous le voulez, je cautionne à 1000% son point de vue sur ce sujet bien précis… oui oui vous avez bien lu, ça m'arrive d'être en accord avec ses prises de position, même si c'est aussi rare que mes gains à l'euromillions !

Ainsi donc arriva cette fatidique date de ce second derby bruxellois du pauvre de l'année. Avouons tout de go que défier l'Antéchrist de St Guidon et ses cohortes de pantins ridicules tout de mauf vêtus dégage un tout autre fumet que de défier M'Bala M'Bala et le White qui n'est d'ailleurs plus le White. Ca me fait franchement autant d'effet que de pisser dans la haie de mon voisin lors d'un BBQ bien arrosé ! L'ambiance autour et sur le terrain était à nouveau aussi pesante qu'une chape de béton coulée par les Négriers du Centre fin des années 80. Certes, tous auraient aimé vaincre, mais, comme à l'aller, personne ne voulait en aucun cas perdre ! L'entièreté des supporters adverses avaient depuis longtemps cerclé en rouge leur calendrier, avaient loué 3 charters et réservé tous les bus disponibles chez tous les autocaristes à 70kms à la ronde afin de se déplacer en masse au Temple : on dénombra tout de même 21 âmes perdues (même pas de quoi dilapider les 50 invits obligatoires cédées aux visiteurs !). S'ils sont géographiquement les plus proches, les Woluwéens déplacent même moins de supporters chez nous que leur acolytes Visétois ou Eupenois, c'est tout dire ! Quant à nous, nous fumes bien plus nombreux qu'à l'habitude, pourvu que ça dure ! Le soleil à nouveau bien présent nous invitait plutôt à croire qu'il faisait juste un peu frisquet pour un mois de juillet. La première rumeur (et vous savez ce que ça vaut) nous susurra à l'oreille que, vu qu'on était interdit de transfert, le pauvre enfant prodigue (Redouan Aalhoul) avait dû trouver refuge Trudonnaire pour 4 mois chez le fils du pote à JV, mais qu'ensuite il reviendrait au bercail qu'il regrette chaque jour d'avoir quitté au profit d'un manager qui ne l'est plus mais qui entretient par contre toujours d'extraordinaires et indéfectibles liens aussi amicaux que désintéressés avec toutes ses anciennes ouailles (demandez à Ribéry ce qu'il en pense par exemple).

Quelques petites boissons jaunes au Socio plus tard et vint le moment tant attendu : Jean-Marc avec ses compos. Si, du côté du White, vu le nombre de moutons en pâture que nourrit l' "entraîneur" local, il pouvait aligner facilement 4 équipes, il n'en va jamais de même de notre côté où 2 absences deviennent vite synonyme de catastrophe nucléaire. Jean-Guy, vu l'absence de 4 mois hélas au menu de Camara (qui aurait tant aimé défier son ancien club… même s'il ne connaît plus personne ni ne reconnaît quoi que ce soit), alignait sans aucun doute ce qu'il avait de mieux sous le pied… même si, pour moi, Lkoutbi mériterait un bien meilleur traitement. Cocasse, du côté des Bico Stars, on dénombrait des vareuses floquées n° 30, 39, 70, 87, 91, 99… à quand un n°12533 tant qu'on y est ?!?! Dans leur 11 de départ, seuls 3 des 16 ex-Molenbeekois passés à l'ennemi fin de saison passée avaient trouvé grâce aux yeux de leur dictateur... hé oui, l'herbe n'est pas nécessairement plus verte ailleurs !!! Evidemment, le débat des bières en tribunes (ben oui, c'est aussi ça le foot) revint sur la ground, et cette fois, exceptionnellement, toutes les parties sondées furent unanimes : ce serait uniquement Guy Petrens qui mettrait son veto car notre direction irait dans notre sens. Si tel est vraiment le cas, Guy, allons, un peu de laxisme : on peut emmener nos victuailles bibitives et tant pis pour celui qui déconne, IDS, on est prévenus, voilà ! Les joueurs et les staffs montèrent sur la pelouse et, comme on s'y attendait, Bico fut chaleureusement accueilli par les supporters locaux qui, sur ce coup-là, avaient une aussi bonne mémoire que leur président : les " Bico Mafia " répondant aux incessants " Bico on t'enc***e ! ", sur quoi, très sarcastiquement, Luc me déclara " vu l'animal, vaut mieux ça que l'inverse !!! "… pas faux ;-)

Soucieux de ne rien faire comme les autres, le gars au physique d'un Harlem Globetrotter dévorant journellement 178 burgers MC Do décida de ne pas s'asseoir au même niveau que tous les autres. Peut-être par peur que son emplacement n'ait été pré-scié, en tous cas, il installa son petit strapontin (façon de parler, car il fallait tout de même résister à la bête) dans son petit dugout. Sur papier, notre offensif et séduisant 3-4-3 ne dura que 5 grosses minutes avant de se muer définitivement en un tristounet 5-3-2-1 dans lequel les seuls offensifs Bilgic et Seoudi se retrouvaient à 3kms de Robinson Gounongbe. Et dire qu'on ne jouait que contre une très faiblarde équipe de D2 ne possédant même pas une victoire d'avance sur le futur barragiste D3 ! En fait, nous n'existâmes que lors de deux fois cinq minutes : les 5 premières et les 5 dernières. Ainsi, Gounongbe ne cadra pas une tête et un de ses shots ne trouva pas le cadre, on jouait la 5ème minute, c'en était tout pour les 2 équipes pour la première très très longue et ennuyeuse mi-temps. Au retour des vestiaires ce fut les Bico Stars qui mirent le feu aux poudres durant… 300 secondes. Suite à des erreurs de Kevin et Jérémy, tour à tour Belghazouani et Fall placèrent à côté de la cible lors de leur duel avec le sécurisant Martin. C'en sera ensuite fini jusqu'à la 85ème minute où, sans raison visible, nous reprîmes enfin les rênes de cet insipide, incolore et inodore match. La tête de Kéré frôla le cuir au petit rectangle et Gounongbe reprit ensuite bien trop mollement pour inquiéter le rempart visiteur. Le même Fredje se fit ensuite faire " ippon " dans le rectangle fatidique et Bourdouxhe feignit la cécité… troisième semaine de suite où Fredje se voit leurrer d'un péno flagrant… faudra lui donner des cours de chute à l'italienne sans doute !?! Pour finir, un défenseur local se tordit de douleur dans son propre rectangle et ses coéquipiers choisirent de tout de même continuer à jouer, et, sur le contre, Gounongbe et Doudouh se présentèrent conjointement face au gardien adverse (pour rappel, pas question de hors-jeu vu le cadavre gisant aux 6 mètres)… et Bourdouxhe siffla une faute totalement imaginaire ! Pas de doute, même l'arbitrage voulait également que ces 2 derbies finissent sur 2 nuls… bien nuls !

En tous cas, si on avait encore pu profiter de Somé, on aurait gagné ce match les doigts dans le nez… combien de points avons-nous déjà vendangés à cause de son " départ " !?! A signaler les sorties de Nicaise, Bilgic et Cabeke (blessé en donnant un coup-franc) au profit des Tunani (enfin de retour après 10 mois, on aura besoin de son impact physique), Doudouh (quelle technique, mais j'attends toujours plus de lui) et Issey Ekamba Bokalangonda (un jeune du club assez vif mais encore bien tendre qu'on se contentera d'appeler Issey car avec Hamid Bouyfoulkitne et Frédéric Gounongbe on a déjà assez donné dans la concentration au moment d'orthographier ces vocables). A noter également que notre ex-Soufiane se retrouva à des positions qu'on ne lui connaissait pas encore et qu'il s'y débrouilla avec son énergie habituelle. Par contre, leurs deux backs furent aussi vicieux et agressifs que détestables et simulateurs, beurk messieurs les n° 3 et 91, respectivement Mihoubi et Fabris, c'est à cause de mecs comme vous que nos enfants ne veulent plus se rendre au stade ! Au coup de sifflet final, Sa Black Altesse Sérénissime fut à nouveau conspuée tant et plus… mais il n'entendit rien tant il avait poussé à fond son Ipod qui débitait du Youssou N'Dour, du Mbalax, du tambourinage Sabar et des chants de griots à fond la caisse.

Sur conseil de Michaël, je changeai à raison les 3 premiers kilomètres de mon itinéraire de retour. En effet, j'avais oublié que les bâtards jouaient à 18h et que, donc, afin d'éviter toute contagion avec ces hordes d'incurables, je me devais de préférer la Chaussée de Ninove au Boulevard Sylvain Dupuis. Quand même, quelle différence ! Nous, on fait un tifo en l'hommage d'un entraîneur viré et on ovationne nos joueurs qui n'ont même pas gagné, tandis qu'eux demandent le départ de leur entraîneur et sifflent copieusement leurs joueurs qui viennent de triompher… what else ? C'est ça la différence entre des spectateurs et des supporters, Messieurs !

Qu'il me soit enfin permis de dédicacer cette review à l'atypique et sympathique Frédéric dont le sourire et les éclats de voix nous manqueront au Temple… remets une grosse bise à Johan pour moi :-(

(Textes de Zob, Photos de Sébastien Sterpigny)