EENDRACHT ALOST - RWDM BRUSSELS

2 - 1

(29) Di 16/03/2014 / ALOST - RWDM BRUSSELS 2-1.

Sourzac, N'Diaye, Labor, Kéré, Nollevaux, Habarugira, Nicaise, Seoudi (78' Ekamba), Lkoutbi (61' Bilgic), Bouyfoulkitne (67' Doudouh), Gounongbe.

CJ : Labor, Habarugira, Bouyfoulkitne. / Arbitre : Van Esch. / Capt : Nollevaux. / Assistance : ?. / Classement : 7è.

6' Gounongbe (0-1), 13' Van Belle (pen) (1-1), 85' Ngasseu (2-1).

Se déplacer à Alost, je l'avoue, j'aime bien ça. C'est pas loin, il y a toujours du monde et en plus, j'en garde d'excellents souvenirs du temps du matricule 47. Cela dit, cette fois, c'est avec un surplus de pression (je ne parle pas de celle qui se manifeste à la buvette) que je m'y rends. Le post-it sur la porte de sortie de chez moi me rappelle, en effet, de ne pas oublier mon bic et mon petit bloc notes pour me rendre dans la cité flandrienne puisque, voilà, après 24 ans d'une période d'essai où je fus (très agréablement) obligé de porter du rouge, du noir et du blanc en guise d'habits du dimanche, me voilà solennellement mandaté pour pondre cette review aussi unique au monde que notre club, bien sûr ! Et quand j'écris que notre club est unique, je constate également que le privilège que nous avons d'être Molenbeekois fait des envieux. Pas plus tard que ce dimanche, les occasions de s'en rendre compte n'ont pas manqué. Nos hôtes alostois n'ont d'ailleurs pas lésiné sur les moyens pour tenter d'effleurer notre glorieuse histoire, pour tenter même de se l'approprier, en enchaînant les clins d'œil à un rythme effréné. Ce qui permit de passer une belle après-midi, agrémentée de quelques surprises. La première d'entre elles fut l'emplacement qui nous était réservé dans le Stade Pierre Cornelis. En effet, après le traditionnel contrôle opéré par des stewards qui voulaient probablement s'assurer qu'aucun d'entre nous ne détenait un masque de gorille, nous fûmes parqués dans la petite tribune située derrière le but, plutôt que dans celle située latéralement où nous prenions place précédemment.

Il faut dire que cette grande tribune latérale debout a été démolie et remplacée par une (plus) petite tribune provisoire semblable à celle de Heist pour ceux qui y étaient. Place donc dans la petite " Europa Tribune ", reliquat d'une année glorieuse où les Oignons ont touché les étoiles européennes dans les années nonante avant de tomber en faillite en 2002 (1er clin d'œil). Si feue l'ancienne cage à poules debout n'offrait pas une excellente vue, à cause de ses barrières et poteaux, force est de constater que l'actuelle n'est pas meilleure, vu sa position très basse et surtout les filets qui nous séparent du terrain. Cela dit, tout n'est pas à jeter dans cette tribune. La buvette n'a recueilli que des suffrages positifs. Et de buvette, il s'agissait même des business seats situés à l'étage supérieur. La vue y était imparable, mais il semble qu'on ne pouvait pas squatter l'endroit pendant la rencontre. Qu'à cela ne tienne, comme ce club permet aux supporters d'emporter leurs verres dans les tribunes (comme dans 16 autres stades de D2), cela ne posa aucun problème… À noter un deuxième clin d'œil à notre club chéri, le taux de remplissage des seats invraisemblablement inférieur au nôtre, puisqu'il n'y avait personne. Sauf que là, ils sont probablement fermés…

Pour en finir avec l'avant-match, notons deux autres allusions alostoises à nos couleurs, à travers deux hommes. D'abord, celui qui coache l'Eendracht depuis peu n'est autre que René Desaeyere, qui a porté la vareuse molenbeekoise de 1970 à 1971 (Daring) et de 1978 à 1983 (RWDM). Ensuite, celui à qui l'Eendracht demanda de donner le coup d'envoi : le seul citoyen alostois chaussé d'or qui n'est autre que " notre " Maurice Martens. L'hommage fut particulièrement sympa. Notons d'ailleurs que le célèbre acteur du film Le Monde nous appartient, également connu comme ancien back gauche de notre club, actif de 1973 à 1983, fut probablement le plus reconnaissable de nos joueurs lors de la montée sur le gazon, notre onze étant en effet privé de ses vareuses habituelles. Privés logiquement de noir et blanc par l'équipe locale, nous fûmes également empêchés de jouer avec le maillot rayé rouge et noir par… l'arbitre qui s'appropria nos couleurs. Place donc à un énième maillot différent cette saison, celui de couleur grise/beige/taupe (selon la lumière) et orange, avec des anciens sponsors (sans la mention " à louer ") et le logo du Brussels. Connaissant le club, je ne serais pas surpris qu'on réquisitionne les maillots bleus Belgacom du RWDM que possèdent encore certains supporters…

En ce qui concerne le match (ça reste officiellement le but de cette escapade dominicale), on peut dire que le début fut rythmé, avec un énorme raté alostois après seulement 108 secondes de jeu. Kéré commit probablement sa seule erreur du match en laissant filer un attaquant adverse. Ce dernier devança la sortie de Sourzac en passant à un équipier démarqué qui eût le bon goût de placer maladroitement le cuir à côté du but… Le match prit même une trajectoire idéale cinq minutes plus tard, lorsqu'un tir de Gounongbe fut dévié en corner par la défense locale. Et miracle, le corner qui suivit fut botté correctement (cela doit être, à tout casser, le cinquième de la saison) : Lkoutbi trouva la tête de Gounongbe qui expédia le cuir sur le poteau avant d'avoir un réflexe aussi beau qu'utile en exploitant le rebond d'une aile de pigeon que même Luc Ernes n'aurait jamais tentée. C'était 0-1 après 6 minutes et nous étions sur du velours. Ce qui n'était pas du luxe sur ce terrain difficile, pour lequel le maillot couleur taupe était plus qu'approprié vu les faux bonds que faisait le ballon à chaque passe.

Malheureusement, on ne put profiter de notre avance longtemps puisque six minutes plus tard, Labor commit une faute inutile dans le rectangle en poussant un Alostois inoffensif (le long de la ligne de but et dos à la cage de Sourzac). Vanbelle remit les deux équipes à égalité. La suite de la première mi-temps fut rythmée, avec des Molenbeekois entreprenants, mais systématiquement arrêtés fautivement par des Alostois très vicieux et n'ayant aucun scrupule à chatouiller les chevilles de nos protégés, sous les yeux d'un arbitre plus enclin à sortir ses biscottes pour des futilités, petites contestations que pour des fautes méchantes ou d'antijeu. À ce petit jeu, on eût beaucoup de mal à avancer sur le bourbier alostois, même si les deux plus grosses occasions nous échurent. Mais malheureusement, au terme d'un beau mouvement construit avec Gounongbe, Habarugira sembla s'excuser d'avoir faussé compagnie aux défenseurs locaux, en plaçant le ballon à côté du but (33ème). Six minutes plus tard, ce fut au tour de l'omniprésent Gounongbe de se retrouver seul face au gardien, mais ce dernier remporta brillamment son duel. L'arbitre Van Esch siffla la pause sur un score de parité.

Le début de seconde mi-temps fut animé par les locaux, même si Sourzac passait une après-midi assez tranquille. Le principal danger étant un tir enroulé, même pas cadré. La (timide) réaction molenbeekoise fut visible après les deux changements effectués par Wallemme peu après l'heure de jeu. Les montées de Bilgic et Doudouh rééquilibrèrent quelque peu les échanges, même si nos deux techniciens n'apportèrent aucun danger. La seule dernière occasion pour nous fut provoquée par Ekamba (tout juste rentré) qui, lancé en profondeur, empêcha un ballon de quitter le terrain et adressa un centre-tir très vicieux qui fut cueilli en deux temps par le gardien local. Et alors que l'on se dirigeait tout droit vers un nul mérité (ce qui aurait été le premier point du matricule 1936 à Alost), le très bon Nollevaux concéda un coup de coin à quatre minutes de la fin. Moment où les Ajuinen nous rappelèrent leur caractère indigeste… et où nos défenseurs proposèrent un nouvel exemple de ce qu'il ne faut pas faire, à insérer au chapitre " Les phases arrêtées " de l'ouvrage " La défense en zone pour les nuls ". Le premier ballon fut disputé par Sourzac, Kéré et Nicaise (avec aucun Alostois dans les parages). Notre défenseur burkinabé, gêné par ses deux équipiers ne put qu'offrir le ballon au dénommé Ngasseu qui sauta plus haut que deux des nôtres (Labor et Gounongbe se gênant eux aussi) pour pousser le ballon au fond de nos filets. Les dernières minutes ne servirent qu'à gonfler nos stats de corners ratés, Doudouh ayant beaucoup de mal à soulever son ballon… Contrairement à Alost au match aller, on fut incapable d'arracher un point dans les arrêts de jeu d'une partie dont on retiendra le caractère à nouveau courageux de nos joueurs une nouvelle fois bénévoles… Supposons qu'ils seront payés lorsque Vermeersch aura vendu Tonini à un club de Premier League intéressé par son grand talent…

Enfin, avant de retraverser le Pajottenland pour regagner Bruxelles, une affiche attira ma curiosité : celle d'un benefit match organisé par l'Eendracht et qui mettra à l'œuvre des anciennes gloires locales, des BVs et des anciennes vedettes du foot belge. Et là, un dernier clin d'œil à notre RWDM s'offrit à moi lorsque je vis dans la première catégorie des participants, notre ancien TGV Edwin van Ankeren, qui fit également les beaux jours d'Alost.

(Textes de Michaël Martorell, Photos de Sébastien Sterpigny et de supporters)