ASV GEEL- RWDM BRUSSELS

2 - 0

(31) Sa 05/04/2014 / GEEL - RWDM BRUSSELS 2-0.

Sourzac, N'Diaye, Labor, Habarugira, Corbino, Ekamba (62' Bilgic), Nollevaux, Lkoutbi (46' Nicaise), Seoudi (76' Doudouh), Bouyfoulkitne, Gounongbe.

CJ : Labor. / Arbitre : Saaoudi. / Capt : Nollevaux. / Assistance : 500. / Classement : 7è.

45' Santermans (1-0), 65' Christiaens (2-0).

Il y a trois semaines, j'écrivais mon plaisir d'un petit déplacement à Alost. La semaine passée, notre Zob national exprimait à raison que le premier but des nôtres tombait à un moment où notre marquoir aurait indiqué 0-2 si Martin Sourzac n'avait pas été excellent. Thierry écrivait aussi: "le plus beau coup-franc vu depuis des décennies au Machtens" à propos de ce missile envoyé par Habarugira dans la lucarne… Le déplacement de ce week-end à Geel, pour faire court, c'est exactement l'inverse. Vu que je suis payé à la page ("payé" dans le sens Vermeerschien du terme, bien sûr), je vais quelque peu développer. Déjà, géographiquement, Geel, c'est loin, à l'échelle belge évidemment. Il n'y a pas d'autoroute Bruxelles-Geel. Et puis, surtout, c'est un déplacement chiant parce qu'on n'a jamais gagné là-bas (en 4 déplacements pour l'authentique RWDM et 5 pour le matricule 1936 -dont 2 pour le Brussels-). A titre personnel, c'est la deuxième fois que je m'y rends, et comme la première fois, en 1998, j'arrive en retard. A l'époque, le car scolaire était arrivé en retard, juste après le but d'ouverture des Campinois, mais Vamesu avait atténué notre frustration en égalisant d'un magnifique coup-franc. Cette fois, l'histoire n'a pas repassé les plats pour moi. À mon arrivée, le marquoir indiquait toujours 0-0. À ma surprise, j'étais d'ailleurs un des cinquante premiers Molenbeekois arrivés au stade, mais vu notre nombre particulièrement limité, j'en étais probablement le dernier… Et les témoignages de mes camarades de gradins m'apprendront par la suite que mon match débuta là où le leur s'acheva. En effet, si le marquoir indiquait 0-0 à mon arrivée, la logique aurait voulu qu'il indique un bon 0-2, mais Sami Lkoutbi, qui retrouvait les faveurs d'une titularisation, avait manqué un rendez-vous en tête-à-tête avec le gardien, en glissant le ballon sur l'extérieur du poteau, après avoir contourné le portier par une petite roulette aussi jolie qu'inutile (19e). Quant à Frédéric Gounongbe, en forme ces dernières semaines, il fut accroché à l'entrée du petit rectangle (23e), sans que cela ne fasse broncher l'arbitre Saadouni. A la demi-heure, le prometteur Corbino empêcha Geel de marquer, grâce à un sauvetage sur la ligne consécutif à un coup de coin. Bref, comme d'habitude, les phases arrêtées défensives nous font souffrir. De notre côté, c'est Bouyfoulkitne qui se créa la dernière occasion pour nos couleurs, en expédiant un tir à côté du but défendu par Joris Blondeel, le portier local. Et ce qui devait arriver arriva à la 45e lorsque Geel obtint un coup de coin. Dois-je préciser la suite ? La suite, vu de la tribune opposée, c'était une partie de billard emportée par les boules pleines (bleues), face aux rayées (rouges et noires). Après visionnage du résumé télévisé, c'est une suite de duels perdus, cafouillages et contres défavorables mêlant pêle-mêle Ekamba, N'Diaye, Labor, Habarugira et Sourzac qui plongea sur un ballon contré qui revint dans les pieds d'un Campinois, Ben Santermans, qui n'eût qu'à pousser le ballon dans un but vide. Le 1-0 était encaissé juste avant la mi-temps, de manière ridicule…

Au retour des vestiaires, Jean-Guy Wallemme nous réserva une surprise. Mené 1-0, il décida de remplacer le créatif et technique Lkoutbi par le brise-lame physique Nicaise. Le président avait-il demandé de lui épargner une prime de victoire ? Si, tactiquement, Seoudi sembla jouer plus haut qu'en première mi-temps, force est de constater qu'on n'apporta plus vraiment le danger, si ce n'est pour les pigeons riverains du stade De Leunen. Dès la 49e, Geel tenta de faire le break, mais le centre vicieux de Marijn Steurs ne trompa pas Sourzac malgré une sortie manquée de notre gardien. De notre côté, c'est à distance qu'on tenta de déflorer la marque, mais hormis un coup-franc très puissant de Gounongbe sur le gardien (62e), à chaque tentative, on privilégia la puissance à la précision. Seoudi et N'Diaye risquent d'être d'ailleurs l'objet d'une enquête de la Ligue royale belge de protection des oiseaux pour quelques tirs visant plus les pigeons que la cage de nos hôtes. Sur le corner qui suivit le coup de canon de Gounongbe, Nicaise aussi tenta sa chance d'un coup de boule, mais le ballon passa également au-dessus. Encore une fois, on s'en mordit les doigts, à défaut des hamburgers, considérés jadis par Zizou comme les meilleurs de D2 dans son bon vieux guide des stades, et remplacés depuis lors par des hot dogs bien peu fournis (je parle des hamburgers, pas du guide ou de Zizou). On s'en mordit donc les doigts puisque deux minutes plus tard, nos défenseurs témoignèrent de leur plus grande générosité. N'Diaye et Labor nous ont prouvé que l'adage qui dit que quand deux chiens se battent pour un os, c'est toujours un troisième qui s'en empare, peut aussi s'appliquer pour des footballeurs et une baballe. Cette fois, nos deux défenseurs se jetèrent sur le cuir, se génèrent et offrirent le ballon en guise d'offrande à Jo Christiaens, qui se retrouva nez à nez avec un Sourzac, surpris, qui se coucha très vite et encaissa le second but de la soirée.

A 2-0, la messe était dite. Même s'ils n'étaient pas dans un grand soir, nos joueurs tentèrent de revenir au score. Nicaise tenta un ciseau sur un centre d'Ekamba, Seoudi et Nicaise élaguèrent encore un arbre derrière le but, mais rien n'y fit. L'occasion la plus franche fut finalement à mettre au crédit de Gounongbe, à neuf minutes du terme, mais au moment où il n'avait plus qu'à pousser le ballon dans le but, il s'écroula étrangement dans le rectangle, mais laissa l'homme en noir (ici en orange) de marbre. Il ne sortit même pas le bristol geel pour ce qui, alors, devait être une énorme simulation de notre attaquant, s'il n'y avait pas faute. Cette 82e minute fut probablement une des plus insolites de l'année, pour ne pas dire une des plus folles, dans une ville réputée pour son hôpital psychiatrique, puisqu'en plus de ce pénalty étrangement refusé, on vit Sourzac s'amuser en lobant un adversaire latéralement, juste devant le but, et on vit un adversaire s'écrouler tout seul, terrassé probablement par un claquage. Bref, quand on s'amuse à recenser ce genre de faits anodins, cela en dit long sur la pauvreté d'un match. Quoiqu'à titre personnel, je me refuse à en vouloir à nos joueurs pour cette rencontre quelque peu morose. Surtout lorsqu'on lit que le repas d'avant-match a été concocté par les coaches, débrouille ou dèche molenbeekoise oblige…

Enfin, je terminerai cette review par une note d'espoir. Parmi les chants et cris proférés par le public local, les "Zotten" (c'est le surnom autoproclamé qui leur sied à ravir), outre des "Anti-Brussels" ou des "Molenbeek faillite" très peu explicites (font-ils référence à celle de 1986, à celle de 2002 ou à une prochaine?) et de très mauvais goût en sachant que notre adversaire n'est plus le Verbroedering Geel (tombé lui aussi en faillite après une tentative de falsification de la compétition), mais bien le ASV Geel, depuis sa reprise par Meerhout (le club qui a l'immense privilège de se retrouver dans l'histoire du RWDM après un glorieux 11-0 qui a dû rendre notre préposé au marquoir complètement fou, le 25 août 1974, et qui a vu notre club enregistrer la plus large victoire de sa légende), on a entendu des chants à la gloire… de notre président. Émanaient-ils des cas psychiatriques locaux ou de supporters qui rêvent de voir leur club dirigé par l'entrepreneur autodidacte qui a joué 500 matches en D1 parce qu'il a tout payé et qui rêve d'être entouré de collaborateurs qu'il virera aussitôt ? Si cette dernière hypothèse est la bonne, je m'engage à l'entourer d'un emballage cadeau et de le livrer personnellement et là, pour ma troisième visite de Geel, je promets d'arriver à l'heure. Même à l'avance.

(Textes de Michaël Martorell, Photos de Sébastien Sterpigny)