CS BRUGES (D2) - RWDM (D4)

1 - 1

Ma 21/07/2015 / CS BRUGES - RWDM 1-1 (Amical à Oudenburg).

Kempeneer, Rivituso (49' El Ouahidi), Michel, Zahui (53' De Troetsel), Bossio, Haidara (80' Kolodziejek), De Pever (53' Serville), Black (68' Makengo), Vanderhaegen (57' Witpas), Chirishungu (53' Togbe), Oussalé (73' Diansangu).

CJ : Oussalé. / Arbitre : Zeebroek. / Capt : De Pever. / Assistance : 650.

5' Verkindere (1-0), 12' Zahui (1-1).

ENFIN ! C'est probablement le mot qui m'est venu ce mardi quand mon réveil m'a sorti d'un cauchemar long de 4722 jours. 4722 jours, depuis ce funeste 16 août 2002, à se demander si on pouvait faire confiance à Johan Vermeersch, si un club de quatrième provinciale pouvait être digne de s'appeler RWDM et adopter sa magie, si un club venu d'un bled de la Gaume profonde pouvait nous faire revivre, si un club venu de l'autre bout de Bruxelles pouvait faire le choix du bon sens en se RWDMisant, voire même si un autre club pouvait nous donner les mêmes frissons que nos quatre mythiques consonnes. Chacun apporta une réponse diverse à ces différentes questions jusqu'à ce projet qui, à l'heure actuelle et pour de nombreuses années, j'espère, tient la route et semble faire l'unanimité auprès des amoureux du Racing White Daring Molenbeek que nous sommes. J'en veux pour preuve ce rendez-vous fixé ce mardi de Fête Nationale au Nouveau Daring pour un départ fixé à 9h. Personnellement, et c'est rarissime croyez-moi, c'est avec vingt minutes d'avance que je suis arrivé à la rue de Bruges, de peur de rater ce car historique et surtout de hâte de reprendre le vieux bus scolaire qui sillonna et surtout sillonnera prochainement la Belgique des stades.

Le temps de faire le plein de supporters (mais aussi de cannettes, drapeaux, polos et j'en passe) et le moment de prendre l'E40 était venu. Une autoroute qui nous suggéra de vieux souvenirs du matricule 47: Hekelgem (et l'épouvantable souvenir d'un 0-0 soporifique), Denderleeuw (synonyme de C4 pour Vandersmissen), Alost (et son petit stade privé de grillage un jour de zwanze où un masque de singe anima une après-midi de foot). Puis arriva Wetteren, d'où vient notre matricule, le 5479, synonyme d'avenir avec un magnifique clin d'œil au passé (notez les deux chiffres du milieu), mais aussi Gand, notre dernier match officiel… dans un stade qui n'existe même plus. C'était l'occasion de se poser cette question à laquelle seul l'avenir pourra répondre : pourrons-nous un jour découvrir la Ghelamco Arena ailleurs qu'à la télé ? Cette question posée et le temps de rêvasser à un avenir radieux qui commencera par des matches face à Stekene, éventuellement Dikkelvenne ou Melsele (si nous passons le premier tour de la Coupe), Waterloo ou Ath, et nous arrivons déjà à Ostende. La Reine des plages s'offrit alors au contingent Molenbeekois pour une fin de matinée et un début d'après-midi enthousiasmants. Quel plaisir de se séparer à notre arrivée pour ensuite se recroiser et avoir l'impression que le tout Meulebeik est descendu sur Ostende. Le quartier du Kursaal prit des airs de Karreveld ; la Langestraat, ceux d'une Molenbeeksesteenweg… Quelle joie aussi de constater un détail vestimentaire différent d'il y a treize ans. J'ai l'impression qu'aujourd'hui, chacun d'entre nous porte un maillot, un tee-shirt, un polo, une écharpe, un drapeau aux couleurs de notre club. Je ne sais pas si les éphémérides le mentionnaient, mais la marée fut rouge à notre arrivée. La fierté de porter nos couleurs n'a, j'ai l'impression, jamais été aussi grande.

En début d'après-midi, l'heure vint de se rendre à Oudenburg pour ce match tant attendu. Nous prîmes place le long du magnifique billard où s'échauffaient déjà nos joueurs, ainsi que nos adversaires brugeois du Cercle, dirigés par un des nôtres, Fredje Vanderbiest. Ce dernier sera d'ailleurs mis à l'honneur au coup d'envoi. Il se verra remettre le magnifique maillot L'Écluse du club, réplique de celui de 1975 (année où, ironie du sort, le Cercle réussit l'exploit de nous battre). Cet hommage à notre Fredje réussit l'exploit de faire encore monter une température pourtant caniculaire auprès du bon demi-millier de supporters du RWDM présents au stade (contre une centaine de Brugeois). L'ambiance fut indescriptible. Probablement à la mesure du manque qui nous a habités pendant ces treize années de purgatoire. Que notre nouveau coach, Danny Ost, avoue dans la DH que cette ambiance lui a donné des frissons, on peut se dire que c'est logique, mais que dire des propos des Brugeois qui sur leur site mettent en exergue " De hoorbaar aanwezige delegatie uit Brussel zorgde voor een aangename ambiance naast het veld. " (La bruyante délégation bruxelloise présente s'occupa de mettre une agréable ambiance autour du terrain) ?

Sur le coup de 16 heures, Kempeneer, Rivisuto, Michel, Zahui, Bossio, Haidara, De Pever, Black, Vanderhaegen, Chirishungu et Oussalé entrèrent dans la grande Histoire de notre RWDM 2.0 en composant le premier onze de base de notre nouveau club. Si sept de ces joueurs nous appartenaient au coup d'envoi (dont deux anciens du RWDM et trois du Brussels), Zahui, Haidara, Black et Oussalé étaient testés. Le test de Haidara fut jugé concluant puisqu'il signa un contrat au lendemain du match. Pour en revenir au match, il nous fallut six minutes pour nous rappeler que notre adversaire du jour prestera cette saison deux divisions au-dessus de la nôtre. Le Cercle ouvrit effectivement la marque. Un supporter de foot banal se serait inquiété que cela ne gâche la fête, mais à Molenbeek, on connait suffisamment la défaite pour ne pas la craindre. On sait qu'un match dure nonante minutes, et on sait qu'une défaite n'est pas grave à côté d'une radiation. Bref, la fête continua de plus belle, la pompe à bières poursuivit l'inlassable ravitaillement de nos gosiers asséchés par tant de chants à la gloire de nos couleurs. On rappela d'ailleurs une nouvelle fois la différence qu'il y a entre un supporter et un spectateur. Et ce qu'on pouvait considérer comme un bonus se produisit : sur un corner admirablement bien donné par Bossio, Zahui, d'un puissant coup de boule, propulsa le ballon au fond des filets du Cercle. La clameur qui s'en suivit fut magique. On jouait depuis douze minutes et le score était déjà d'un but partout.

Il nous restait 78 minutes à jouer face à une équipe qui vise la remontée en D1. 78 minutes pendant lesquelles nos joueurs méritèrent déjà de se voir attribuer des qualificatifs comme valeureux ou héroïques. Harangués par un Danny Ost perfectionniste et portés par un digne douzième homme tout heureux de pouvoir ressortir ses plus beaux chants, nos joueurs, qui sortaient d'un stage intensif de trois jours, firent preuve d'une mentalité exemplaire : celle qui permet de tenir la dragée haute face à un adversaire bien plus fort sur le papier. Et lorsque les Brugeois parvinrent à déjouer la vigilance de notre défense, Kevin Kempeneer démontra d'excellentes qualités sur sa ligne, avec quelques parades étourdissantes. Le match toucha à sa fin lorsqu'échut notre plus belle occasion, mais malheureusement, le ballon passa du mauvais côté du poteau, alors que le gardien du Cercle était battu. Sur le coup de 17h55, l'arbitre siffla la fin d'un match qui passa très vite, bien plus vite qu'un conseil communal, je trouve. Le match nul fut accueilli comme une victoire, mais cela aurait probablement été le cas pour n'importe quel résultat. La victoire étant évidemment de voir onze hommes porter fièrement notre blason sur un terrain de foot. Notons d'ailleurs pour les stats qu'El Ouahidi, De Troetsel, Serville, Togbe, Witpas, Makengo, Kolodziejek et Diansangu sont montés au jeu en cours de seconde période.

L'après-match fut tout aussi festif pour la Molenbeek Brussels Army, qui vida quelques fûts dans la belle buvette locale. L'heure de départ du car fut repoussée pour cause de réhydratation générale rendue indispensable par ce temps estival. Une rumeur fit état de 11000 bières vendues ! Cette troisième mi-temps fut aussi l'occasion de revoir des supporters pas vus depuis belle lurette ou encore de faire connaissance avec des joueurs bien sympas (qui semblent bien contents d'être là), ainsi qu'avec un staff qui semble coller magnifiquement à la philosophie du club. Au moment de quitter la buvette dans l'enthousiasme de ces magnifiques débuts, une vitrine attira mon attention. Derrière elle, une écharpe, un fanion et un maillot de l'équipe locale : ce fut l'occasion de découvrir que le club s'appelle le White Star Oudenburg et que le sponsor principal est une firme intitulée Dakwerken Vermeersch. Cela ne s'invente pas. Comme si on concentrait tous nos problèmes dans une seule et même vitrine. Mais est-ce lié à l'euphorie de ce premier match ou à la concrétisation tellement visible du travail fourni par Thierry Dailly, la confiance en l'avenir fut plus que jamais d'actualité dans le car du retour. Et le plaisir fut grand, au moment de prendre congé de nos acolytes, de se fixer rendez-vous seulement quatre jours plus tard pour la première rencontre officielle. Un match qui nous opposera à l'Avanti Stekene ce samedi à 18h dans le stade d'Asse (où nous jouerons à domicile en coupe… en attendant notre Temple ?). En tout cas, il est fort à parier que ce premier tour de la Croky Cup ne manquera pas de sel pour nos couleurs et que nous serons en nombre pour tenter la qualification.

(Texte de Michaël Martorell & Photos de Michel Oosters)