KFC DUFFEL - RWDM

3 - 1

(3) Di 6/09/2015 / KFC DUFFEL - RWDM 3-1.

Kempeneer, Rivituso, De Troetsel, Michel (34' Makengo), Bossio, Diansangu, Nollevaux, Serville, De Pever, Vanderhaegen (34' Marino), M'Bo (70' Kalulika).

CJ : M'Bo, De Troetsel. / Arbitre : Timmermans. / Capt : Nollevaux. / Assistance : 1300. / Classement : 5ème.

3' Spreutels (1-0), 28' Vaesen (2-0), 41' Hairemans (3-0), 82' Diansangu (3-1).

On l'attendait tous, on nous avait prévenus : ce déplacement à Duffel n'allait pas être de la petite bière. On nous avait présenté ce seul adversaire issu de la province d'Anvers comme le grand favori de notre promotion B. Et pourtant, on est tombé dans un piège qui ne peut nous laisser le moindre regret : on a été surclassé et on n'a fait illusion que 172 secondes. Tout avait pourtant bien débuté pour nous, supporters, avec, pour bon nombre d'entre nous, un déplacement en train qui n'aura pas manqué de sel, au propre comme au figuré, avec le plancher de la rame transformé en dancefloor. L'accueil à la gare de Duffel par les premiers arrivés se fit en grande pompe, avec drapeaux, fumigènes et chants à la gloire de notre club. L'ambiance s'annonçait encore grandiose en ce dimanche midi. Le temps de rejoindre le stade tout proche et de payer les 11 euros devant nous permettre de voir nos valeureux représentants, et nous découvrions le stade communal de Duffel : un chouette petit stade d'athlétisme avec une petite tribune assise sur une longueur et des gradins couverts sur l'autre longueur pour les visiteurs. Nous fûmes une nouvelle fois bien nombreux à occuper cette tribune, probablement plus d'un demi-millier. Sur ses premières photos postées dans la matinée, notre ami Michel Oosters nous avait prévenus que l'ambiance risquait d'être ekerenoise, l'équipe jouant en jaune et rouge devant une tribune comptant presque autant de klaxons que de supporters. Michel posta également une photo des joueurs embarquant dans le car à partir de notre Temple, le Stade Edmond Machtens. Ce qui ne devait être qu'une photo symbolique devint un alibi en première mi-temps : elle permit en effet de démentir le fait que les joueurs étaient partis samedi en mise au vert au Carré de Willebroek ou à La Rocca de Lierre, vu que Duffel est situé pile entre ces deux discothèques…

Cette précision oratoire est nécessaire tant l'entame de match fut en effet catastrophique. Privé d'Onwuekelu, blessé lors du dernier entraînement ou à l'échauffement (les versions varient) et de Koulibaly (notre dernier renfort pas encore qualifié), Danny Ost décida de revisiter Lamartine en l'adaptant : "Un seul être vous manque et tout… mon onze est revisité". Afin de pallier cette absence de notre attaquant qui nous avait tous convaincus contre Ath, notre entraîneur procéda à cinq changements: il le remplaça (numériquement, écrirons-nous) par M'Bo. Ce dernier, ailier gauche contre les Géants, céda sa place à Nico Vanderhaegen. En plus de ça, Danny Ost tenta un coup de génie tactique : pour soutenir notre grand attaquant (je parle de taille), il privilégia le patron De Pever (et son physique) à l'excellent Makengo (contre Ath, c'était un poteau, un but et un assist, excusez du peu). Ce changement de position permit à Serville de retrouver sa place aux côtés de Nollevaux, dans l'entrejeu. A charge de Luca Michel de retrouver l'axe central de la défense, aux côtés du capitaine De Troetsel. Ce coup de génie fit pschitt ! On s'en rendit compte après moins de trois minutes et Danny Ost, lui-même, dressa le même constat à la 34ème… En fait, pour sa première occasion, Duffel mit le doigt sur une première lacune dans notre jeu : le secteur aérien défensif. Dans les airs, Michel et De Troetsel ne sont pas les castars dont Kempeneer, qui a du mal à quitter sa ligne, a besoin devant lui. Rijmenants trouva aisément Spreutels au second poteau qui mit Duffel sur orbite après un peu plus de deux minutes. Ce but symbolisa bien cette équipe de Duffel. Le premier nommé vient d'arriver à Duffel en provenance de Heist (D2) où il était encore titulaire l'an dernier. Le second, qui a disputé une petite dizaine de saisons en D3 était déjà à Duffel l'an dernier. Bref, hormis le jeune gardien, toute l'équipe est composée de joueurs qui y étaient titulaires l'an dernier (5 joueurs), renforcée de gars qui jouaient l'an dernier en D2 ou en D3. Bref, déjà sur papier, on comprend aisément comment cette équipe est favorite de cette Promotion B.

Ce but de Spreutels ne fut pas le fruit du hasard. Rien que dans le premier quart d'heure, Duffel apporta deux autres fois le danger devant notre but : à la dizième, Kempeneer dut capter la tête d'un Anversois esseulé sur corner (comme souvent avec notre défense en zone sur phases arrêtées). Trois minutes plus tard, un tir local fut contré en corner. A la seizième vint enfin notre première escarmouche. Nollevaux lança Diansangu d'une belle transversale. Duffel envoya le ballon en coup de coin. Ce dernier ne donna rien, le ballon passant au-dessus de De Pever… A la 28ème, alors que nous ne parvenions toujours pas à réagir, Bossio vit son adversaire direct réaliser un plongeon digne des JO. L'assistant-arbitre, probablement malvoyant, agita énergiquement son drapeau pour signaler une faute inexistante. Sur le coup-franc qui suivit (une espèce de corner rapproché), Rijmenants démontra encore toute la fébrilité de notre défense : incapable de s'imposer dans les airs et absente sur les seconds ballons. Daan Vaesen, ancien tôlier de D1, doubla la marque. Dans la foulée, Jérôme Nollevaux tenta d'amorcer la révolte en frappant le ballon d'une volée, malheureusement pas cadrée. S'en suivit une nouvelle contre-attaque anversoise, mais le un contre un de Spreutels face à Kempeneer fut annulé pour hors-jeu… A quelques centimètres près, on venait de passer à côté d'une possibilité de troisième but encaissé.

Danny Ost réagit à ce fiasco à la 34ème minute en procédant à un double remplacement : Luca Michel, visiblement très frustré par ce remplacement, et Nico Vanderhaegen furent sacrifiés au profit de Jiresse Makengo et Anthony Marino. Makengo se plaça derrière le fantomatique M'Bo et fit reculer De Pever et Serville dans le jeu. Makengo se montra rapidement en étant à la réception d'un coup de coin… malheureusement pour lui, il arriva, lui aussi deuxième sur ce ballon : Duffel amorça alors parfaitement un contre. Seul contre quatre attaquants, De Troetsel réalisa ce qu'il avait de mieux à faire, n'en déplaise aux puristes : une faute nécessaire pour empêcher le 3-0, mais suffisamment loin du but pour que cela passe pour une simple faute d'antijeu significative d'un anecdotique carton jaune. Manque de réactivité, reconversion défensive catastrophique : nos joueurs poursuivaient leur chemin de croix vers une défaite logique. L'avertissement ne fut une nouvelle fois pas compris par nos joueurs puisque deux minutes plus tard, suite à un très beau mouvement, Spreutels trouva Hairemans libre de tout marquage sur la droite du terrain. Il put placer un envoi au ras du sol au second poteau. Après 40 minutes, nous avions encaissé trois buts (soit l'équivalent de ce qu'on avait pris en 6 matches officiels) et il n'y avait rien à redire tant nous étions médiocres. Kempeneer dut d'ailleurs empêcher le 4-0 une minute plus tard… Quand l'arbitre siffla la mi-temps, on fut soulagé de pouvoir rester un quart d'heure sans encaisser ! En supporters philosophes, on se mit à espérer que cette défaite qui se profilait serve de leçon à nos joueurs. Qu'ils se rendent compte que malgré le blason qu'ils portent sur le maillot, il ne suffira pas de paraître pour s'imposer. Il faudra régulièrement sortir le bleu de travail pour arracher un ou trois points… Depuis le début de la saison, ils ont prouvé en être capable, il faudra aussi le vouloir chaque semaine si on veut faire des bons résultats.

Au retour des vestiaires, Duffel sembla satisfait de son avance et n'insista plus trop. Nos joueurs, eux, eurent le bon goût de montrer de l'envie et de l'orgueil, comme Rivituso qui, à chaque remise en touche, se dépêcha pour remettre le plus rapidement possible le ballon en jeu. A la 51ème, De Pever se trouva à la réception d'un coup-franc, à trois mètres de la cage anversoire, mais il buta sur le gardien. Deux minutes plus tard, un tir de Nollevaux fut contré en coup de coin. Un corner qui, comme tous les autres, ne donna rien. A la 64ème, Diansangu envoya une frappe très molle sur le gardien. Tout un symbole d'une deuxième mi-temps où nous dominions de manière très stérile. A vingt minutes du terme, Danny Ost décida d'aligner un onzième joueur. Kalulika remplaça M'Bo qui avait pris récup ce dimanche. A la décharge de notre pivot, on ne peut pas dire qu'il soit particulièrement bien servi par ses équipiers. Mais avec les arrivées de Koulibaly et Kalulika et les prochains retours de blessure d'Onwuekelu et de Chirishungu, il a peut-être laissé filer sa chance. A un quart d'heure de la fin, on crut enfin marquer, mais à la demande de la défense locale, l'assistant-arbitre leva son drapeau pour signaler un hors-jeu qu'il ne sifflait pas initialement… A la 82ème, notre domination fut enfin concrétisée ! Marino, sur son flanc gauche, centra parfaitement au second poteau pour Diansangu qui put sauver l'honneur. Après une première mi-temps catastrophique, nos joueurs voyaient leur réaction d'orgueil en seconde mi-temps récompensée d'un petit but. Quatre minutes plus tard, on passa à quelques centimètres du 3-2. Ce fut notre dernière occasion. L'arbitre entérina le score logique de 3-1 (tiens, comme lors de notre dernière visite du Veltwijckstadion d'Ekeren !). Malgré la défaite, l'ambiance resta excellente. Bon nombre de nos supporters envahirent la piste d'athlétisme et la pelouse pour saluer nos joueurs chaleureusement. Eh oui, sans vouloir me répéter, dans certains clubs, après un tel off-day, les insultes et les coups de sifflets auraient volé. Chez nous, rien de tout ça. Les chants ont accompagné nos joueurs pendant tout le match, malgré leur prestation plutôt médiocre. A défaut de fêter une victoire, on savoure notre existence. Au lieu de pleurer la perte du leadership, on est content d'être là (et cinquième au classement). Espérons quand même que les joueurs sont conscients qu'ils n'ont pas été à la hauteur (en première mi-temps) et qu'ils nous doivent une petite revanche, même si on se doit d'être indulgent avec nos onze joueurs qui n'avaient jamais évolué ensemble il y a à peine deux mois !

L'après-match fut encore folklorique. La bière coula à nouveau à flots. Le sympathique tenancier de la buvette bezoekers fut d'ailleurs tout dépité quand la police lui demanda de fermer boutique et donc de sacrifier les derniers billets de sa meilleure recette de l'année. Nous fûmes quelques-uns à nous rendre dans l'autre partie du stade pour boire un dernier verre et discuter avec des supporters locaux très sympathiques. La conclusion d'un supporter de Duffel résuma très bien cette journée : Duffel avait la meilleure équipe, mais nous avions les meilleurs supporters. Il m'avoua son étonnement devant notre ferveur et son plaisir de voir la renaissance d'un club historique… Espérons que cette première défaite en championnat ne tempérera pas les ardeurs de certains de nos supporters et que nous serons toujours aussi nombreux lors du prochain match, à nouveau en déplacement : dimanche à 15h, face aux Ucclois du Léopold qui évoluent dans le biotope naturel de la bande à Bico, au stade Fallon de Woluwé. En attendant notre grand retour au Temple, nous disputerons notre premier derby chez l'historique Léo (matricule 5), avant d'aller défier les hommes d'Alan Haydock à Hal et les Dogues de l'Olympic à Charleroi. Enfin, pour ceux qui grincent des dents à l'idée d'enchaîner les matches away, dites-vous que ce sont des déplacements que nous ne devrons pas effectuer quand la température aura baissé. Après tout, n'est-ce pas un avantage de disputer une flopée de matches d'affilée au début du second tour dans notre grand stade, à l'abri des intempéries hivernales et avec une grande buvette intérieure où on peut se réchauffer à la mi-temps ?

(Texte de Michaël Martorell & Photos de Michel Oosters)