OLYMPIC CHARLEROI - RWDM

2 - 1

(5) Sa 26/09/2015 / OLYMPIC CHARLEROI - RWDM 2-1.

Kempeneer, El Ouahidi, De Troetsel, Ahipo Zahui, Bossio, Diansangu (19' Black), Nollevaux, De Pever, Marino, Kalulika, Coulibaly.

CJ : Nollevaux, De Pever, Kempeneer. / Arbitre : Gleton. / Capt : Nollevaux. / Assistance : 3000. / Classement : 6ème.

38' Sonkey (1-0), 87' Sonkey (pen) (2-0), 89' Coulibaly (2-1).

Je me faisais vraiment une joie de me déplacer à la Neuville en ce frisquet et venteux samedi soir. Non parce que le déplacement était ténu, mais simplement parce qu'il opposait deux anciens vocables mythiques du royaume footeux en quête de (re)connaissance et aussi parce que j'ai toujours apprécié fouler les gradins si particuliers derrière les goals de l'Olympic qui me remémorent avec plaisir un foot totalement obsolète dont je suis un indécrottable nostalgique, quand le pognon ne régnait pas encore en dictateur et que l'ambiance entre supporters (non séparés) était on ne peut plus conviviale. Je m'y étais rendu l'an passé lors du premier match de championnat de P1 lorsque le petit poucet Le Roeulx se déplaça chez l'ogre de la série qui, malgré un déficit " budgétaire " de 9 points (3 points par tranche), survola tant et plus la division. Pourtant, ce jour-là, Le Roeulx joua 60 minutes à 10, ne s'avoua vaincu que sur un score Arsenal poussif et tardif tout en galvaudant même une occasion en or de rétablir la parité dans les arrêts de jeu. Les supporters des deux camps s'entremêlèrent durant tout le match sur le gradins et surtout après à la buvette où je pris un immense plaisir à deviser avec le (très) bon Quantin Durieux. Naïvement, je m'étais mis à espérer scénario identique, le score en moins évidemment ! Cela aurait pu et dû être une fête du football, mais…

On nous clama haut et fort que nous, supporters " adverses ", ne devions en aucun cas pénétrer du côté patinoire, mais via la rue de la Brasserie (notez que le nom nous agréait), et on comprit hélas très vite le pourquoi de l'aussi ridicule qu'honteuse démarche. Pendant que nos sympathisants se rendaient en sympathique cortège du Stade du Pays de Charleroi à celui de la Neuville (rassurez-vous, même pour les non-sportifs, ça n'a rien d'un marathon tant les arènes sont proches), on tenta de se parquer aux abords de notre obligatoire entrée et on fut directement ébahi devant le pantagruélique déploiement de la maréchaussée. Non seulement ils étaient tous affublés de la tenue complète du Playmobil GIGN (rien à voir avec nos flics de quartier habituels qui se font tancer par Quick & Flupke), mais en plus ils étaient bien plus nombreux que les résistants aux avancées de l'EI en Syrie. On eut vraiment l'impression de se retrouver en temps de guerre ou en état de siège alors que les supporters Molenbeekois sont toujours demeurés exemplaires depuis la renaissance du club, et cela malgré les immondes provocations qu'ils ont dû subir journellement et de toutes parts ! Sans doute que la fallacieuse info comme quoi nous étions tous des animaux assoiffés (de houblon certes, mais pas du sang d'adversaire tout de même !) avait dû sciemment filtrer ou être subrepticement soufflée çà et là par de mauvaises personnes aux mauvais endroits… mais c'est ça qui tue le foot et excite les supporters, messieurs. Sous les yeux ébahis des résidents locaux admirant le spectacle en famille depuis le seuil de leurs portes (" ce sont vous les terribles hooligans qu'on nous avait décrits ? " " heu… pas du tout, médême, on vient juste à une fête du foot… enfin je croyais du moins ! "), on vous exhorte vers un mini-couloir jouxtant des garages privés où les trous béants et mauvaises herbes " junglesques " sont bien plus fréquents que les graviers (pire que nos autoroutes wallonnes !), de quoi ruiner irrémédiablement une carrière de petite ratte de l'opéra et dissuader toutes les Bxl Girls de se parer de chaussures Louboutin ou D&G sans irrémédiablement les niquer ! Ensuite, dès que vous franchissez la mini grille où il est impossible de passer à deux de front, vous vous dites que finalement Alcatraz devait être bien plus accueillant en ses belles années que le nouvel antre des Dogues : long couloir bétonné entouré de petites rigoles (plus jamais désherbées depuis 1968), de grilles hautes et obliques surplombées de barbelés…. Aucun doute, on est bel et bien en prison de haute sécurité ou en camp de concentration, et si vous en doutiez encore quelque peu, il suffit de regarder les " pisspots " enchevêtrés dans une sorte de bunker de la seconde guerre mondiale. Je ne pouvais évidemment pas deviner l'ignoble façon dont on serait parqués mais je râlai sec d'avoir oublié de me faire tatouer le plan de la Neuville sur mon petit corps chétif afin de pouvoir m'en évader au plus vite. Leur buvette ne fut pas de trop pour atténuer infimement ce ressenti plus que nauséabond !

Le pire, c'est qu'en face en tribune assise, il en fut quasi de même. En effet, certains supporters qui possédaient dans leurs familles ou proches quelques sympathisants carolos, s'étaient innocemment dit qu'il eût pu être sympa de suivre le match côte à côté en tribune assise, mais les stewards (ou physionomistes à 2 balles de l'entrée) avaient décidé d'être eux aussi vindicatifs, hautains, imbuvables et autoritaires (sans doute avaient-ils sorti leurs " cojones " du placard de leur pitoyable dressing pour se venger de ce qu'ils subissent journellement chez eux via leurs femmes avec qui ils en sont totalement dépourvus). Ainsi, on intima à nos supporters de cacher leurs écharpes et n'arborer aucun signe distinctif en tribune assise (on se serait cru revenus aux temps honnis de l'histoire où afficher son étoile était suicidaire). Donc, de mauvaise grâce, ils s'exécutèrent, mais les provocations et autres insultes des supporters locaux (même des septantenaires !) perdurèrent toute la rencontre à leurs égards… sous l'approbation crasse de ces minables filtreurs ! Mais bon Dieu, ô Olympic, où est donc passé ton temps béni des fans adulant les Graf, Kaillus, Rombaut, Duquesne, Botti, Martinez et autre Martini ? Vous n'en êtes plus dignes, sachez-le !

Privés de pas moins de 7 titulaires reconnus ou potentiels (Rivituso, Onwuekelu, Serville, Haidara, Chrishungu, Makengo et même M'Bo, excusez du peu), Dany Ost se vit contraint d'à nouveau modifier ses plans sur l'échiquier. On s'attendait à être reçus avec les honneurs (je parle évidemment sur la pelouse ; hélas pour les tribunes voyez plus haut) et on ne fut pas déçus tant nous fûmes dominés en puissance, en technique et en vitesse. Nous n'existâmes tout simplement pas durant les 20 premières minutes où Kempeneer dut éteindre deux incendies devant Jatta et Sonkey avant qu'Elis n'eut la balle du match au bout de ses crampons mais il perdit son face à face avec le gardien local… mener 0-1 aurait été un vol manifeste mais cela aurait changé diamétralement la physionomie du match. Au lieu de cela, à quelques sept minutes du café chaud et du morceau de tarte, une perte de balle au milieu du jeu provoqua notre perte : Kheida se promena avant de lancer l'inévitable Sonkey en profondeur qui loba proprement un Kempeneer sorti à sa rencontre : 1-0, score inchangé au time, ça s'annonçait mal.

La physionomie ne changea que trop peu en seconde mi-temps, nous ne fûmes quasi jamais dangereux face à la charnière Durieux-N'Diaye (2 anciens du Brussels) au contraire de nos hôtes qui trouvèrent toujours l'excellent Kempeneer ou un poteau providentiel sur leur chemin. Plus le temps passa, plus on sentit les locaux stressés, et on se mit logiquement à rêver d'une utopique égalisation. Hélas, Constant Zahui Ahipo y alla d'une approximation technique et voulut se racheter en se jetant inconsidérablement sur Jatta dans le rectangle et commit un pénalty on ne peut plus indiscutable. Le buteur Sonkey se mua alors en " sale gamin de merdre " (copyright Yannick Ferrera) en provoquant Kempeneer avant et après avoir transformé son péno : 2-0 à la 87ème ! Non satisfait de sa performance, ledit Sonkey alla ensuite narguer tout le kop Molenbeekois alors qu'aucun mot ou chant malheureux n'avait émaillé de nos encouragements continus durant les 90 minutes de la rencontre. Il se permit même des gestes obscènes devant nos enfants médusés et massés contre les grilles où nous les pensions en sécurité maximale… on se trompait… quelle belle propagande de tout ce qu'il ne faut surtout pas leur montrer sous peine de les dégoûter à vie de supporter ce merveilleux sport quand il est pratiqué par de gens bien éduqués (mais là il s'apparentait plus à un manque d'élevage !). Cet excès d'engagement de Zahui venait donc de nous enterrer définitivement et de finalement nous priver d'un point puisque dans la minute suivante, Elis y alla d'une action solitaire, provoqua un pénalty que cette fois il put imparablement transformer lui-même : 2-1, mais trop tardif.

L'Olympic empocha donc les 3 points et surtout leur plus belle affluence depuis plus de 10 ans (3000 âmes), mais ce fut également le cas de tous les clubs que nous avons déjà visités cette saison et ce le sera également pour tous ceux que nous encoderons encore dans nos gps d'ici la fin de championnat… sauf si on continue à nous traiter irrespectueusement comme ce soir, pire que des animaux sauvages. Nous voilà donc nantis de 3 victoires pour 2 défaites en ce début de compétition, ce qui nous situe à la 6ème place de la hiérarchie (où terminer 3ème équivaudrait au Nirvana). Si, certes, nous avons déjà derrière nous les 2 déplacements chez les favoris patentés de la série (Duffel & Olympic), force est de reconnaître que non seulement nous y baissâmes logiquement pavillon mais nous y fûmes également complètement dépassés avec un relent amer d'impuissance. L'objectif maintenant sera donc d'enfin légitimement battre un favori… Chatelet où nous nous rendons prochainement n'est-il pas 3ème ? Voilà une belle occasion à saisir si on entame le match avec hargne et volonté. Dans ce championnat alambiqué où nous n'avons toujours pas presté en nos bases (si on excepte le trip à Asse contre les Athois-Fleurusiens-Renaisiens-Anelkatiens), il nous faudra à nouveau patienter 2 semaines avant de revoir nos valeureux guerriers vu que nos hypothétiques adversaires du week-end prochain (nos voisins et aussi sympathisants de Ganshoren) se goinfreront de moules plutôt que de nous défier. Reconnaissons que tous nos joueurs, qui n'avaient jamais presté ensemble il y a peu, auraient bien besoin de matches à répétition afin de créer osmose et automatismes, et qu'à chaque fois leur élan est brisé. Par contre, on peut espérer que d'ici là tous nos blessés seront de retour et que notre prochain déplacement en terres carolorégiennes se déroule tout autrement… à tous points de vue !

(Texte de Thierry "Zob" & Photos de Michel Oosters)